Le 21 octobre 2011 à 10h39
Des canettes de sodas
Les députés, qui concluront mardi la discussion par un vote global, ont examiné un projet de loi de Finances qui risque d’être sensiblement modifié. Si la croissance économique tombe à moins de 1,5% l’an prochain, il "faudra des mesures nouvelles", a prévenu François Fillon.
Dans ce contexte économique ultra tendu, l’Assemblée, après de vives passes d’armes autour du projet socialiste, a surtout discuté de mesures à l’impact budgétaire limité.
Elle a ainsi approuvé la création d’une taxe sur les sodas, de deux centimes par cannette et d’un rendement de 240 millions d’euros (le double par rapport au projet initial), et instauré une taxe sur les boissons contenant des édulcorants de synthèse, qui devrait rapporter 40 millions d’euros.
Ces mesures serviront à renflouer l’assurance maladie et à financer dans l’agriculture une réduction d’environ un euro de charges sociales pour un Smic horaire, qui sera débattue en novembre dans le cadre du volet dépenses du Budget.
Les modalités de cette nouvelle taxe sur les boissons à sucre ajouté, annoncée fin août par le Premier ministre, ont constitué durant le débat une pomme de discorde entre les députés et le gouvernement.
A Valérie Pécresse (Budget), qui au nom de la lutte contre l’obésité, refusait de taxer ensemble sodas -à l’effet nocif pour la ligne- et boissons allégées -sans impact sur les kilos-, les députés, toutes tendances confondues répliquaient qu’il s’agissait de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat.
De toute façon, "une augmentation de deux centimes par cannette ne modifiera aucun comportement", a lancé le président PS de la Commission des finances, Jérôme Cahuzac, un des ténors de la discussion budgétaire, avec le rapporteur général Gilles Carrez (UMP) et le centriste Charles de Courson.
Finalement, gouvernement et majorité se sont mis d’accord vendredi sur la création de deux taxes différentes, après avoir finalement évité, dans la nuit de mercredi à jeudi, tout couac sur l’imposition des hauts revenus.
Aux termes d’un compromis passé la semaine précédente avec Matignon, les députés UMP et Nouveau Centre ont décidé de créer une taxe exceptionnelle de 3% sur les revenus compris entre 250.000 et 500.000 euros, et de 4% pour ceux supérieurs à 500.000 euros. A l’origine, le gouvernement envisageait seulement de taxer à 3% les plus de 500.000 euros.
Cette disposition, qui concernera quelque 25.000 foyers, selon Gilles Carrez, devrait rapporter 410 millions d’euros.
Le chef de file des députés UMP Christian Jacob a réussi à convaincre ses troupes de s’en tenir à cette taxation exceptionnelle et de ne pas créer une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu pour les plus riches, comme le proposait Michel Piron (UMP), qui a finalement retiré son amendement.
Il s’agissait pour le gouvernement d’éviter le vote d’une mesure que la nouvelle majorité de gauche au Sénat aurait été trop contente de reprendre à son compte, lors de la navette parlementaire, et sur laquelle il n’aurait plus été possible de revenir.
A côté de ces deux dispositions symboliques, et d’une série de mesures souvent très techniques, les députés ont imposé 200 millions d’euros d’économies aux collectivités locales, allégé le dispositif sur les plus values immobilières adopté en septembre et raboté l’avantage fiscal sur le fioul domestique.
Article mis à jour le vendredi 21 octobre à 17h08.
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Les commentaires sur cet article :
Charles le 21 octobre 2011
Et puisque nous y sommes, à quand une taxe spéciale sur ceux qui s’engraissent sur l’argent des contribuables si ce n’est la dette ?? A savoir fonctionnaires et politiques.
GERARD le 22 octobre 2011
(encore des taxes sur le consommateur ) plutôt que ces mesures en catimini pourquoi pas préférer la TVA : en effet : les délocalisations des activités de fabrication/production et l’automatisation de plus en plus sophistiquée de ces mêmes activités sont la cause principale du chômage (coût du travail de production trop élevé en France) : aussi une augmentation de la TVA entièrement compensée par la baisse d’une cotisation sur les revenus du travail permettrait de faire contribuer à la fois les fabrications importées et le "travail mécanisé "(autrement dit faire cotiser les machines) tout en maintenant (voire en améliorant) le pouvoir d’achat par la baisse d’une (ou plusieurs)cotisations (par exemple la cotisation d’assurance chomage ) entrainant une augmentation du REVENU NET ; cela serait plus simple que toutes ces taxes à répétition ??