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Aquilino Morelle, proche conseiller de Hollande, dans la tourmente

Le 17 avril 2014 à 16h45 , mis à jour le 17 avril 2014 à 19h52

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Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, à Paris le 3 mai 2012

Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, à Paris le 3 mai 2012,

Hervé ASQUIN, Sabine WIBAUX


Accusé par Mediapart d'avoir "travaillé en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques" quand il était inspecteur général des affaires sociales, Aquilino Morelle, proche conseiller de François Hollande, s'est défendu jeudi de tout "conflit d'intérêt" mais l'affaire sème le trouble jusque dans l'entourage du président.

"A aucun moment je n’ai été en situation de conflit d’intérêts", assure Aquilino Morelle, également chef du Pôle communication de l’Elysée, dans un long droit de réponse à Mediapart publié sur sa page Facebook.

L’auteur du fameux discours du Bourget qui avait relancé la campagne présidentielle de François Hollande en 2012 jure avoir "respecté toutes les règles et toutes les procédures, en particulier le passage devant la Commission de déontologie" de la fonction publique d’Etat.

Celle-ci avait rendu, selon lui, "un avis favorable, sans aucune réserve" quand il entendait rejoindre en 2002 le célèbre cabinet de lobbying Euro RSCG. Il devait y travailler pour le compte de plusieurs laboratoires pharmaceutiques, dont l’Américain Lilly qu’il continuera de conseiller à titre privé.

Rappelant qu’il est "docteur en médecine, ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien élève de l’ENA" mais aussi "inspecteur général des affaires sociales", Aquilino Morelle fait valoir qu’"en tant que fonctionnaire, un certain nombre d’activités annexes sont autorisées par la loi, dont l’enseignement et le conseil".

En 2007, alors qu’il rédige un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur les programmes d’accompagnement des patients "financés par les entreprises pharmaceutiques", il oeuvre parallèlement, écrit Mediapart, "pour un laboratoire danois, Lündbeck", organisant deux rendez-vous avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) qui fixe le prix des médicament et les taux de remboursement.

"Ces activités ont dû être déclarées à l’IGAS", croit se souvenir le conseiller politique de François Hollande qui indique toutefois ne pas avoir "retrouvé la trace de cette démarche en dépit de (ses) recherches" et invoque "des faits anciens".

Selon Mediapart, une autorisation a bien été délivrée à l’époque à Aquilino Morelle par l’IGAS mais elle ne portait que sur des cours à l’université. "Aucune autre autorisation n’a été retrouvée" pour cette collaboration avec le laboratoire, assure le site d’Edwy Plenel.

Le site évoque également le train de vie du conseiller politique de François Hollande, comme ses "30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure" qu’il fait cirer tous les deux mois dans les locaux du palais présidentiel faisant même "privatiser" à cette fin un salon de l’hôtel Marigny voisin.

- Exemplaire -

Il pointe aussi ses deux chauffeurs "mis à sa disposition… et à celle de ses proches" dont "son fils pour des activités personnelles dans le XVe arrondissement" ou ses secrétaires priées "de s’occuper de ses affaires personnelles, par exemple quand il a un souci avec un de ses nombreux locataires".

"Il est exact que mon emploi du temps extrêmement chargé ne m’a pas toujours permis d’aller moi-même chercher mon fils le lundi soir, à 19h30, à la sortie d’un enseignement", concède Aquilino Morelle. "Il en va de même pour certaines questions personnelles, que mon secrétariat m’a proposé avec gentillesse de me décharger, de façon ponctuelle", ajoute-t-il.

A l’Elysée, Aquilino Morelle a pris du poids dans la garde rapprochée de François Hollande au lendemain de la gifle des municipales alors que le secrétaire général de la présidence, Pierre-André Lemas, était congédié.

Ancien directeur de campagne d’Arnaud Montebourg, le conseiller politique du président a été la plume de Lionel Jospin quand Manuel Valls était le communicant de l’ancien Premier ministre socialiste. Il s’est ainsi profilé comme le trait d’union entre l’Elysée et Matignon.

Mais l’affaire n’est pas du goût de tous, autour du chef de l’Etat. L’un juge "compliqué qu’il le garde". Même si "légalement, on ne peut rien lui reprocher" sur son comportement à l’Elysée, il en va autrement "politiquement et moralement" alors que le gouvernement vient d’annoncer aux Français qu’ils devraient se serrer encore la ceinture, observe-t-il.

"Beaucoup se demandent où est la république exemplaire", slogan de campagne de François Hollande, ajoute un autre qui estime que "dans le contexte actuel, le président ne peut pas prendre le risque de le garder".

"Vous ne pouvez pas geler les prestations sociales des Français et avoir autant de paires de chaussures", grince un troisième.

Quant au député des Français de l’étranger et secrétaire national du PS à l’Europe, Philip Cordery, il a lâché sur Twitter : "A. Morelle doit démissionner #republiqueexemplaire", dans une claire allusion au slogan de campagne de François Hollande.

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