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Présidentielle 2017

Police antidiscrimination, droit d'asile, vote dans les prisons... Benoît Hamon soigne sa gauche sur les libertés

Le candidat a dévoilé lundi son programme consacré aux libertés publiques. Selon lui, les discriminations sont le "cancer de la République" et il compte bien traiter le mal à la racine...
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Benoît Hamon lors de la présentation de son programme sur les libertés, lundi 19 décembre 2016.Benoît Hamon lors de la présentation de son programme sur les libertés, lundi 19 décembre 2016.

Proposition après proposition, le candidat Hamon veut marquer sa différence avec les six autres candidats de la primaire de la gauche. Lors d'une conférence de presse, dans son QG parisien de Montparnasse, il a égrené lundi de nouvelles mesures pour se faire le porte-voix du "progrès et de la justice".

Benoît Hamon est notamment revenu sur l'une de ses mesures phares, "la police des discriminations". Le terme, encore "provisoire", recouvre la création d'un "corps de contrôle" pour veiller à l'application des lois, à l'image des autres corps de contrôle sur la fiscalité ou la répression des fraudes.

Si le député "salue le travail du défenseur des droits", il veut aller plus loin car "on ne peut pas se contenter de dire aux entreprises 'soyez vertueux' " :

Les contrôles sont utiles, car la seule bonne volonté des acteurs ne suffit pas. Les discriminations sont le cancer de la RépubliqueBenoît Hamon

Des sanctions financières pourront ainsi être infligées par les inspecteurs, qui pourront s'appuyer sur "le travail des associations de terrain".

"Je ne veux pas que la prison fabrique de la criminalité"

Benoît Hamon a aussi formulé plusieurs propositions sur la politique pénale. Pour lui, la création de places de prison supplémentaires, comme le prévoit le gouvernement, n'est pas une réponse aux mauvaises conditions de vie des détenus, qui sont souvent plusieurs à se partager une cellule. Benoît Hamon prône la continuation de la réforme pénale de Christiane Taubira, en développant davantage les peines alternatives à l’emprisonnement, comme la contrainte pénale. Son leitmotiv ? "Je ne veux pas que la prison fabrique de la criminalité." Pour ce faire, il souhaite mettre plus de moyens sur les services pénitentiaires d'insertion et de probation.

La "réinsertion", mission première du milieu carcéral ? Le candidat dit vouloir s'inspirer du modèle danois, en plaçant, pour chaque élection, des bureaux de vote à l'intérieur des prisons afin de "maintenir le lien entre les détenus et la vie civique".

Il faut aussi, selon lui, "muscler" les unités de vie familiale. La loi pénitentiaire de 2009 prévoit la création de lieux de rencontre qui préservent l'intimité des prisonniers. Mais en pratique, "la majorité des établissements ne sont dotés que de parloirs ordinaires", note sur ce sujet l'Observatoire international des prisons.

La France et l'Europe pas à la hauteur du drame des migrants

Membre de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée, le député Hamon a aussi précisé ses vues en matière de politique migratoire. Que ce soit la France ou l'Europe, "nous n'assumons pas le minimum de solidarité" sur l'accueil des réfugiés, critique-t-il. Développer et faire valoir à plus grande échelle le droit d'asile aurait été, selon lui, une façon d'être "à la hauteur des événements". Il critique ainsi les dirigeants polonais et hongrois qui voudraient faire de l'Europe "le continent des barbelés".

Benoît Hamon souhaite enfin renforcer l'apprentissage du français pour les migrants et instaurer un "droit au travail" après plus de 3 mois de présence sur le territoire, en prenant exemple sur le modèle allemand. "Cela permettrait de les laisser apporter une contribution positive à l'économie et, même si je n'aime pas cette expression, d'en tirer les dividendes", justifie-t-il.

Une mesure à comparer, dit-il, aux "sommes considérables" dépensées pour "accueillir, prendre en charge et expulser" les immigrés.