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Législatives 2017

À Paris, le soutien à Caroline de Haas divise le PCF

Dans le 18e arrondissement, plusieurs membres de la section du PCF, dont leur patron, ont démissionné afin de faire la campagne du candidat de la France insoumise. Une situation qui illustre les dissensions qui traversent l'extrême gauche et qui risque de profiter à la candidate du PS, une certaine... Myriam El Khomri.
3 min

Menacés de marginalisation, les communistes sont en pleine crise existentielle. Dernier exemple en date : les dissensions au sein de leur section du 18e arrondissement de Paris sur la stratégie à adopter lors des élections législatives.

Défection pour faire la campagne de la France insoumise

Les communistes, qui ne présentent pas de candidat dans la 18e circonscription de Paris, avaient deux possibilités : soutenir Paul Vannier, le candidat de la France insoumise, ou opter plutôt pour la médiatique Caroline de Haas, investie par Europe Ecologie-Les Verts.

Finalement, la direction nationale du mouvement a décidé d'officialiser son soutien à la militante féministe, lors du lancement officiel de la campagne du PCF le 11 mai au gymnase Japy, à Paris.

Mais cette décision a irrité une partie de la section locale du parti communiste. Son patron, Hugo Touzet, a préféré démissionner, comme six autres membres de la direction (sur seize). Interrogé par LCP, Hugo Touzet revendique un "désaccord sur la stratégie nationale des communistes aux législatives". L'ancien secrétaire de section a décidé de faire la campagne de... Paul Vannier, le candidat de la France insoumise.

Des communistes déjà divisés lors de la présidentielle

Entre la direction nationale du Parti communiste et ses militants, cette discorde opposant pros et anti-ralliement à Jean-Luc Mélenchon n'est pas nouvelle. Le 5 novembre, les cadres du PCF avaient voté à 55,7% en faveur d'une candidature autonome - et donc concurrente à celle de Jean-Luc Mélenchon - lors de l'élection présidentielle. Une décision annulée le 26 novembre par les militants, qui ont voté à 53,6% en faveur d'un soutien de leur parti à la candidature du leader de la France insoumise.

Depuis, les relations entre le secrétaire national du PCF Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon se sont dégradées chaque jour un peu plus, au point de ne pas réussir à nouer une alliance en vue des élections législatives. Le dirigeant communiste met en cause l'intransigeance de la France insoumise, qui refuse de négocier des assouplissements de son programme, "L'avenir en commun".

Ne pas "se faire manger tout cru"

Pour justifier sa démission, Hugo Touzet, qui est également conseiller délégué au maire du 18e arrondissement, assure qu'il y a une "cohérence" et une "continuité" à soutenir le programme de Jean-Luc Mélenchon "qui a recueilli 20% des suffrages" au premier tour de l'élection présidentielle (24,4% dans la circonscription).

"Le débat, c'est de savoir si l'on accepte de se soumettre à la France insoumise et de se faire manger tout cru", lui répond Gérald Briant, adjoint au maire du 18e arrondissement de Paris et désormais patron par intérim de la section locale du PCF. Avec le secrétaire de la fédération parisienne du PCF Igor Zamichiei, il a signé une tribune publiée le 22 mai mettant en cause "la volonté hégémonique" de la France insoumise.

Les deux candidats se sont rencontrés le 1er mai

De leur côté, les deux candidats se rejettent mutuellement la responsabilité de la division. Le 27 avril, Caroline de Haas publiait une tribune nommée "Appel à se rassembler : 'l'échec n'est pas une option'" :

Nous pensons que la candidature de Caroline De Haas, militante féministe, à l’origine de la pétition contre la Loi travail, peut permettre ce rassemblement et la victoire.Tribune de Caroline de Haas

"A (sa) demande", Caroline de Haas a rencontré Paul Vannier le 1er mai. Le jour même, à l'issue de leur entrevue, le candidat de la France insoumise publiait une tribune sur Facebook, constatant l'absence d'accord :

C'est par la dynamique Insoumise que nous pouvons battre Myriam El Khomri et la droite.Paul Vannier

El Khomri (PS) et Bournazel (LR) veulent s'inscrire dans la majorité présidentielle

Cette division pourrait paradoxalement profiter à Myriam El Khomri. L'ancienne ministre du Travail, bête noire de la gauche radicale, est investie par le PS dans la circonscription.

Elle se revendique de la majorité présidentielle et n'a pas de candidat En marche! face à elle, dans une circonscription où Emmanuel Macron a recueilli 37,1% des suffrages au premier tour de la présidentielle.

A moins que ce soit le candidat Les Républicains Pierre-Yves Bournazel qui rafle la mise : ce proche d'Alain Juppé se dit lui aussi prêt à travailler avec Emmanuel Macron et son gouvernement...