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EUROPE

Nicolas Sarzkoy : "Il n’y a pas d’alternative à l’axe franco-allemand"

Le candidat a critiqué mercredi une Union européenne "qui implose car elle n'a plus d'énergie", mais voit dans l'élection de Donald Trump aux États-Unis une chance pour que le continent "réaffirme un leadership".
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Est-ce la victoire contre toute attente de Trump aux USA qui l'a revigoré ? Nicolas Sarkozy était en tout cas très en forme, mercredi, sur la scène de l'université Paris-Dauphine, provoquant à plusieurs reprises les rires dans l'auditoire. Invité à décliner une vision "positive" pour le continent, l'ancien chef de l'État a déclaré cash : l' "Europe, c'est pas foutu !". Tout en dressant un portrait très noir de la situation actuelle :

"L’extrême gauche est au pouvoir en Grèce, Podemos fait des ravages en Espagne, un clown (Beppe Grillo, ndlr) en Italie, l’Angleterre qui s’en va, Vienne - capitale intellectuelle de l’Europe - retourne dans les années 30 avec une présidentielle qui se joue entre un bobo et un leader d’extrême droite et vous me dites faut pas être pessimiste ? Ah bon !" Nicolas Sarkozy, lors de l'€ Day Paris

"Quand l'Allemagne et la France ne sont pas d'accord, ça affole"

Pour l'ancien chef de l'État, le résultat de l'élection américaine est une aubaine pour l'Europe qui n'a "plus d'énergie" : "On a grosso modo une Amérique qui va se replier sur elle-même, c’est une opportunité fantastique pour l’Europe de réaffirmer son leadership, une vision, un idéal et une place dans la gouvernance mondiale", se réjouit-il.

Mais pour ce faire, le Vieux continent doit, selon lui, d'abord sortir de sa crise de gouvernance :

"Le problème de l’Europe, c’est qu’il n’y a pas de leadership. Le seul leadership possible, c’est l’Allemagne plus la France, qui pèsent la moitié du PIB de la zone euro. Il n’y a pas d’alternative à l’axe franco-allemand. Quand l’Allemagne et la France sont d’accord, ça agace. Quand il ne sont pas d’accord, ça affole. Il vaut mieux agacer qu’inquiéter. »Nicolas Sarkozy

S'il est élu, Nicolas Sarkozy assure que la première mesure qu'il prendra en tant que président serait d'aller "retrouver dès le 7 mai sa partenaire" Angela Merkel pour lui proposer une "initiative franco-allemande sous la forme d’un nouveau traité".

Pour lui, seul le couple "Merkozy" reformé serait à même de débloquer la situation : "Si on n’attend les autres pour faire des propositions, on sera déjà morts !", assure-t-il.

Ce nouveau traité proposerait une Europe à plusieurs vitesses, avec des réformes votées à la majorité et non plus à l'unanimité. La Commission européenne n'aurait plus le droit de proposer des textes, les 28 se recentreraient sur "une dizaine de priorités stratégiques", dont une "nouvelle politique migratoire", le reste des sujets incombants aux États. Nicolas Sarkozy souhaite également bouter le FMI hors de l'Europe et créer un fonds monétaire européen, dont "le président ne peut être que français ou allemand".

Le "coup de pied au derrière" du Brexit

Le candidat Sarkozy assure qu'il y a urgence à agir en profondeur, surtout depuis que les Anglais ont décidé de prendre la porte : "Le coup de pied au derrière reçu après le
Brexit nous amène à refonder les choses et pas simplement à ravaler la
façade
".

Il promet toutefois une sorte de dernière chance à Londres pour rester membre de l'UE :

"J’irai voir Theresa May pour lui dire qu’à partir de ce nouveau traité, il y a l’opportunité d’un nouveau référendum pour savoir si vous rejoignez ou pas l’Europe dans les nouvelles conditions qu’on propose."Nicolas Sarkozy

Bonus – "La vie, mon pauvre Louis, c’est pas la garantie !"

Interrogé par Louis, un étudiant de l'Université Paris-Dauphine, Nicolas Sarkozy a dit tout le mal qu'il pensait de "la garantie jeunesse", une mesure européenne qui permet aux jeunes au chômage de retrouver un emploi :

"La garantie qu’on ait un emploi quatre mois après avoir perdu le sien ? Mais la vie, mon pauvre Louis, c’est pas la garantie ! La vie c’est le risque, c’est l’initiative. La vie c’est tomber, mettre un genou à terre, puis se redresser. C’est, justement, l’incertitude. La magie de la vie, c’est que ça dure une seconde, que tout est possible, y compris la difficulté, l’échec. Mais on s’en relève, j’ai échoué tant de fois. La garantie ? Ah bon... Mais t’as 22 ans, tu veux une garantie ? Bon bah y’a les assurances, la sécurité sociale, un petit poste à la mairie de Neuilly (sourire)."Nicolas Sarkozy à un étudiant en économie