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Elections municipales

Municipales : Emmanuel Macron n’exclut pas une primaire à Paris

Dans une tribune au jdd.fr publiée dimanche, quatre candidats à l’investiture de La République en Marche, concurrents de Benjamin Griveaux dans la course pour la Mairie de Paris, demandent une « consultation citoyenne » afin d'obtenir un processus de désignation plus « démocratique ». Et pour faire monter la pression, certains membres de la majorité n'hésitent pas à affirmer qu’Emmanuel Macron ne serait lui-même pas totalement hostile à l’idée d’une primaire. Les précisions de Brigitte Boucher.
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Une primaire pour désigner le candidat des municipales à Paris ? À en croire un visiteur régulier de l’Élysée, Emmanuel Macron ne l’exclurait pas. « À plusieurs reprises le Président a dit qu’il n’était pas fermé à cette hypothèse » indique le fidèle du chef de l’État qui ajoute même qu’Emmanuel Macron en aurait « la volonté ». « Il a émis cette idée. C’est son côté darwinien… La volonté de faire un choix gagnant », décrypte cet habitué du Château. Une hypothèse qui ferait les affaires d’Hugues Renson, Mounir Mahjoubi, Cédric Villani et Anne Lebreton qui ont rédigé ce dimanche une tribune publiée sur lejdd.fr pour demander une « consultation citoyenne ». Dans leur texte, ils soulignent notamment qu’« En Marche s’est construit sur des principes de débat démocratique, d’ouverture et de large consultation ».

Pour le patron de La République en Marche, Stanislas Guerini, désigner le candidat à la Mairie de Paris par un vote serait « paradoxal car le mouvement s’est construit contre l’idée même d’une primaire ». Alors que les candidats à l’investiture doivent être auditionnés par la Commission nationale d’investiture (CNI) le 9 juillet, le secrétaire général de LREM dénonce « de l’agitation ». Et affirme : « le calendrier ne sera ni accéléré, ni retardé. D’ailleurs les marcheurs parisiens ne voient pas ça d’un bon œil ». « Il faut de la sérénité et laisser la commission travailler. Ce n’est pas une commission fantoche. Elle est solide », assure Stanislas Guerini. Dans une interview accordée au Parisien ce lundi, le coprésident de la commission nationale d’investiture, Alain Richard, tranche : « l’organisation d’une primaire est exclue ».


Une primaire pour contrer le favori ?

Pourtant, ce week-end encore, un député influent et proche de l’Élysée affirmait que l’hypothèse d’une primaire était bel et bien « étudiée par nos instances ». À tel point qu’un membre du premier cercle d’Emmanuel Macron, estime que « la pression sur la commission nationale d’investiture pourrait la contraindre à changer le mode de désignation ». Les contestataires l’espèrent en tout cas. Car selon eux, tout dans le processus tel qu’il est aujourd’hui prévu concourt à installer Benjamin Griveaux en tête de liste à Paris. Ils plaident donc pour que le calendrier soit revu et corrigé. « Entre une désignation précipitée, prise entre les quatre murs d’un mouvement politique et une primaire qui déchire, il y a la place pour un processus fait de débat serein et de consultation citoyenne », estiment-ils.

Alors, primaire ou pas ? Selon un membre du bureau exécutif de La République en Marche, « la CNI peut mettre en œuvre tous les moyens pour trancher » et peut donc décider de l’organiser. « On est arrivé à un tel niveau de défiance » qu’il ne faut rien exclure, ajoute en substance un député macroniste.

Une hypothèse cependant rejetée avec force par Benjamin Griveaux. « La méthode de désignation du candidat a été votée en novembre par l’ensemble des membres du conseil d’En Marche et confirmée à l’unanimité au printemps par le bureau exécutif du mouvement. Si ce n’était pas la bonne manière il fallait le dire avant », lâche le député de Paris. Dans Le Monde il précise : « les primaires sont des machines à perdre, hors moi, je veux que nous gagnions Paris. J’invite donc tout le monde au calme et au respect de nos règles communes qui ne prévoient pas de primaires. Pourquoi faudrait-il les violer aujourd’hui ? ».


Des rebondissements toujours possibles

Peut-être parce qu’aux yeux de ses concurrents, Benjamin Griveaux n’est pas le candidat naturel qui assurerait la victoire à La République en Marche dans la capitale. Cette offensive des autres candidats à l’investiture jette en tout cas le trouble en alimentant le soupçon à propos d’un choix qui viendrait en réalité du Château. Benjamin Griveaux étant considéré comme le candidat officieux d’Emmanuel Macron, lui qui a quitté le gouvernement avant les élections européennes. Au parti un responsable reconnait qu’ « un échange avec le Président de la république paraît logique » sur le choix du champion qui portera les couleurs de La République en Marche dans la capitale.

Même si un candidat est désigné par la commission nationale d’investiture au lendemain de l’audition du 9 juillet, comme c’est actuellement prévu, des rebondissements sont toujours possibles. Notamment parce qu’une autre hypothèse continue de planer… Celle d’une éventuelle candidature d’Edouard Philippe. Interrogé à ce propos, un proche du chef de l’État commente : aujourd’hui, « Édouard Philippe est Premier ministre mais si en septembre l’acte 2 n’imprime pas et qu’il y a un problème à Paris il pourrait y aller ». Interrogé sur France info le mois dernier l’intéressé avait répondu laconiquement « vous verrez ». Affirmant être uniquement concentré sur sa tâche de chef du gouvernement, il avait ajouté : « pour le reste vous verrez bien quand je vous en parlerai ».