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Présidentielle 2017

"Minable", "parjure", "fossoyeur" : la gauche du PS furieuse contre Manuel Valls

L'ancien Premier ministre a annoncé mercredi qu'il allait voter pour Emmanuel Macron dès le 1er tour de l'élection présidentielle, brisant ainsi sa promesse de soutenir le vainqueur de la primaire, Benoît Hamon. Une décision qui a très fortement déplu à la gauche du PS qui demande parfois son exclusion du parti.
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

Manuel Valls votera pour Emmanuel Macron. Mercredi, l'ancien Premier ministre a dénoncé sur le plateau de BFMTV "la marginalisation de notre candidat à la primaire, Benoît Hamon".

Après François de Rugy, il est le second candidat vaincu lors de la primaire à apporter publiquement son soutien au leader du mouvement En marche. Une prise de position qui provoque la colère de l'aile gauche du Parti socialiste.

"Un homme sans honneur"

L'un des premiers à avoir réagi est Arnaud Montebourg. Sur son compte Twitter, l'ancien ministre du Redressement productif s'en est violemment pris à Manuel Valls, en rappelant la règle selon laquelle les candidats vaincus lors de la primaire de la Belle alliance populaire devaient soutenir le vainqueur : "Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l'honneur d'un homme comme Manuel Valls : rien. Ce que vaut un homme sans honneur."

Mathieu Hanotin, le co-directeur de campagne de Benoît Hamon, a pour sa part dénoncé sur BFMTV une "minable tentative de sabotage", tandis que le député PS du Val-d'Oise Gérard Sebaoun assure que Manuel Valls "poignarde" Benoît Hamon.

Le député du Cher Yann Galut qualifie pour sa part l'ancien Premier ministre de "fossoyeur de la gauche" et de "pompier pyromane" tandis que Karine Berger qualifie le "comportement de Manuel Valls" de "minable". Le "frondeur" Pouria Amirshahi, qui a récemment quitté le PS, a lui aussi mis en cause l'ancien Premier ministre : "Valls ose brandir la menace du Front national dont il a banalisé les certitudes identitaires et mimé les postures sécuritaires."

Martine Aubry, candidate défaite à la primaire du PS en 2011 contre François Hollande, a rappelé de son côté qu'elle avait respecté les règles en soutenant son adversaire sans réserve... critiquant en creux la décision de Manuel Valls.

"Trahison", "honte"

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Olivier Faure a lui aussi critiqué Manuel Valls : "Pour un élu, le vote est sacré. Si il ne le respecte pas, qui le respectera?". L'élu socialiste Régis Juanico, conseiller de Benoît Hamon, cite l'auteur grec Démosthène pour dénoncer le "parjure" de Manuel Valls :

Patrick Mennucci a quant à lui affirmé que Manuel Valls "lui fait honte." Le hollandais Sébastien Denaja, désormais porte-parole de Benoît Hamon, a réagi en répondant à un tweet posté par un journaliste de Libération qui évoque le "risque" pour Manuel Valls de devenir "celui qui a empêché François Hollande de se représenter puis trahi son parti". "Ce n'est plus un 'risque', c'est désormais un 'fait'", écrit le député de l'Hérault.

Appel à l'exclusion de Valls, Cambadélis appelle au calme

Sur Twitter, Gérard Filoche, membre du bureau national du PS, appelle à "exclure Valls et les autres traîtres immédiatement", avant d'affirmer que l'ancien Premier ministre a "trahi deux fois nos électeurs socialistes (de 2012 à 2016) et à nouveau ceux du 29 janvier 2017".

Face à la menace d'implosion de son parti, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis "appelle tous les socialistes au calme, au respect de leurs principes et de leur cohérence" :

Je suis triste de ne pas avoir réussi à convaincre Manuel Valls de ne pas soutenir Emmanuel Macron. Je combats cette position. Notre candidat, après la primaire et la convention unanime des socialistes, est Benoît Hamon.Jean-Christophe Cambadélis

Pour la droite, c'est la preuve que Macron est l'héritier de Hollande

François Fillon a lui aussi réagi mercredi matin sur son compte Twitter. Le candidat à l'élection présidentielle estime que le "ralliement de Manuel Valls" est la preuve que "le gouvernement Hollande joue les prolongations".

La droite profite de la situation pour attaquer frontalement Emmanuel Macron : "Les masques tombent, Macron est bien le candidat socialiste successeur de Hollande et Valls", écrit ainsi le député LR du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle.

Invité de Politique Matin sur LCP, Eric Ciotti a affirmé que "le ralliement de Valls est une clarification : l'héritier de Hollande c'est Macron." Même message de la part du président de la région Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez :

Du côté du Front national, Florian Philippot a critiqué aussi Manuel Valls :

Zéro parole vis-à-vis des électeurs de la primaire. Et la confirmation que Macron c'est le Système, le bilan, la continuité.Florian Philippot