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élection présidentielle de 2017

Malgré des rumeurs insistantes, Macron nie lever des fonds pour 2017

Les soupçons sur les ambitions du ministre de l'Economie - et sur les objectifs de son mouvement "En Marche !" - agacent Manuel Valls, qui l'a vivement recadré mardi lors de la séance des questions au gouvernement.
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AFP, montage LCPAFP, montage LCP


Emmanuel Macron ne se présentera pas à l'élection présidentielle en juin prochain. Il n'a pas non plus levé des fonds en vue 2017. C'est en tout cas ce que le ministre de l'Economie a affirmé jeudi alors que les rumeurs sur son avenir politique se multiplient, un mois après la création de son mouvement politique '"En Marche !".

Mercredi, le site d'information Mediapart affirmait en effet que le ministre s'apprêtait à annoncer sa candidature le 10 juin prochain.

"Deux éléments totalement faux"

Selon l'article, François Hollande serait informé de cette démarche : "Emmanuel Macron mènerait la campagne (...) sur le registre (...) du 'ni gauche, ni droite' (et) annoncerait à l'horizon de février 2017 qu'il pourrait, s'il était éliminé au premier tour, se rallier à François Hollande".

Une rumeur qui s'ajoute à celle relayée la semaine dernière par Paris Match selon laquelle Emmanuel Macron aurait profité de son passage à Londres, le 14 avril, pour lever 10 millions de livres sterling (12,657 millions d'euros). Une somme mobilisable, dit-on, pour "mener une campagne s'il décidait de se lancer".

Jeudi, Emmanuel Macron est donc sorti de son silence : "Ces deux éléments sont totalement faux, a-t-il assuré. Je ne vais pas me déclarer le mois prochain et (...) je n'ai pas fait de levée de fonds à cet égard", a-t-il expliqué en marge d'un colloque à Bercy.

"18 millions d'euros pour une campagne présidentielle"

Pourtant, plusieurs médias assurent qu'En Marche ! cherche bien des moyens de se financer. A commencer par BFMTV, qui s'est procuré un mail envoyé par un proche du ministre : il s'agit d'une invitation à deux soirées de levées de fonds, en présence d'Emmanuel Macron lui-même.

"Nous avons un besoin très concret de financements. Pour vous donner un ordre de grandeur, il faut 18 millions d'euros pour financer une campagne présidentielle en France", précise le mail.

Le Point assure pour sa part que "tout l'entourage d'Emmanuel Macron assume parfaitement la démarche" : "Nous assumons de lever des fonds (...) On en a besoin pour exister, tout simplement", explique ainsi un membre de l'équipe d'En Marche !.

Toujours selon Le Point, Emmanuel Macron a effectivement assisité, lors de sa visite londonienne, à une rencontre privée organisée par le président de l'association de financement d'En Marche !. Devant une centaine d'entrepreneurs, ce dernier aurait "explicitement" invité les convives à aider financièrement le ministre...

Clash aux QAG

Cette incertitude sur les ambitions réelles de l'ancien banquier d'affaires semble peser sur l'exécutif et particulièrement sur Manuel Valls, comme le démontre l'incident survenu mardi 10 mai lors de la séance des questions au gouvernement. Le député LR Georges Fenech a ainsi interrogé Manuel Valls sur une éventuelle "levée de fonds pour (le) micro-parti 'En Marche'". L'élu du Rhône va même jusqu'à dénoncer une "confusion du genre ou pire, un conflit d'intérêt".

Sur le coup, Emmanuel Macron a insisté alors pour lui répondre, une demande rejetée avec force par Manuel Valls, agacé par la situation.

"Je ne sais quelle association"

Le Premier ministre s'est donc emparé donc du micro. "Vous auriez pu vous adresser directement au ministre de l'Economie lui-même et il aurait pu vous répondre (...) Il aura l'occasion de le faire et je le fais puisque vous m'interrogez...", commence le Premier ministre, assurant qu' "il n'y a eu aucune levée de fonds particulière pour je ne sais quelle association." Avant de recadrer publiquement son ministre de l'Economie : "Ce que je souhaite c'est que les membres du gouvernement soient pleinement et totalement engagés dans leur tâche..."

Une fois sa prise de parole achevée, Manuel Valls s'en est pris à Emmanuel Macron. Cette fois à propos d'une interview donnée la veille à Sud Ouest par le ministre de l'Economie, dans laquelle ce dernier critiquait une "caste politique" dont il se "félicite" de ne "pas faire partie".

"C'est inacceptable. Pourquoi tu dis ça ?" lance Valls, selon l'Opinion. "C'est Juppé que je visais", répond Macron. "Mais alors, dis-le, dis-le !" réagit Valls, qui hausse le ton.


Aujourd'hui, Emmanuel Macron semble donc tenté de faire redescendre la pression : "Je ne vais rien faire au mois de juin si ce n'est mon métier de ministre", a-t-il affirmé. Mais, ajoute l'AFP, il n'a pas renié sa volonté de "refonder l'offre politique" en ironisant sur "les états d'âme du microcosme"...