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La République en marche

Lois, défense, écologie... Bataille à la tête des commissions parlementaires

Après deux ans au pouvoir, le groupe majoritaire va remettre en jeu l'essentiel des postes clés qu'il occupe à l'Assemblée nationale. Six des huit commissions présidées par LaREM pourraient changer de mains. État des lieux des vingt-six candidatures.
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La promesse de renouvellement à mi-mandat, formulée par la majorité en juin 2017, va se concrétiser cette semaine. La plupart des postes à responsabilité sont concernés à l'exception du perchoir, où Richard Ferrand est assuré de terminer son mandat. Outre la présidence du groupe La République en marche, l'attention se porte particulièrement sur la compétition à la tête des présidences des commissions permanentes.

Chargé de gérer le programme et le calendrier des travaux de sa commission, un président de commission dispose de moyens de travail élargis par rapport à ses collègues. Il a aussi le pouvoir de pousser plus facilement certains sujets à l'agenda et de siéger en conférence des présidents, l'organe qui fixe les semaines de travail à l'Assemblée en lien avec le gouvernement.

Six des huit commissions permanentes sont dirigées par des marcheurs (lois, défense, développement durable, affaires culturelles et éducation, affaires sociales, affaires économiques). Six scrutins à deux tours auront donc lieu mardi et mercredi pour départager les vingt-six candidats. Les commissions des finances, dévolue à l'opposition, et des affaires étrangères, occupée par le MoDem, ne changeront pas de mains.

Tous les sortants se représentent, mais ils devront dans la plupart des cas faire face à un ou plusieurs opposants. Les 304 élus LaREM devront trancher entre la volonté de valoriser leurs bilans ou de faire le choix du changement, tout en veillant à préserver la parité entre hommes et femmes - même si aucune règle ne les contraint en la matière.

Qui pour régner sur les lois ?

C'est la commission la plus convoitée, aussi réputée la plus travailleuse. Il faut dire que la plupart des textes passent sous la plume des commissaires aux lois. En 2017, Yaël Braun-Pivet a été la première femme nommée à la présidence de cette commission. Et elle compte bien y rester.

Éphémère candidate à la présidence de l'Assemblée, elle a été en première ligne pour gérer les dégâts de l'affaire Benalla au Parlement. On se souvient de son tandem compliqué avec Guillaume Larrivée (LR) lors de la tentative avortée d'enquêter sur l'ex collaborateur du chef de l'État.

La députée des Yvelines devra faire face à la candidature de Laetitia Avia, auteure d'une loi contre la haine sur Internet, du rapporteur de la loi antiterroriste Raphaël Gauvain et de Didier Paris, magistrat de profession. Celui-ci tiendrait la corde pour mettre en ballottage la présidente sortante.

Bataille rangée à la Défense

Attention à la bousculade ! Pas moins de neuf candidats sont sur les rangs pour prendre la suite de Jean-Jacques Bridey. Le président de la commission de la Défense, ciblé par plusieurs affaires, est souvent cité comme le maillon faible de la majorité.

Une situation qui aiguise les appétits de Philippe Chalumeau, Nathalie Pouzyreff, Christophe Blanchet, Thomas Gassilloud, Aude Bono-Vandorme, Françoise Dumas, Jean-Michel Jacques et Jacques Marilossian ! Une dispersion des candidatures qui rend difficile tout pronostic, d'autant plus que les deux qualifiés au second tour n'auront que 24 heures pour mobiliser et faire valoir leurs ultimes arguments.

Un nouveau changement pour l'écologie ?

Alors que le poste de ministre de la Transition écologique fait figure de siège éjectable sous l'ère Macron, Barbara Pompili est installée à son poste depuis juin 2017. L'ancienne militante d'EELV compte elle aussi passer avec succès l'épreuve du renouvellement.

Barbara Pompili devra se défaire de deux rivaux déclarés, Alain Perea et Jean-Charles Colas-Roy. Alors que le sujet est affiché comme priorité par le pouvoir, la majorité prendra-t-elle le risque de troquer un visage connu de l'écologie politique contre la fraîcheur d'un nouveau nom ?

Duel homme-femme à la Culture

Le duel sera plus tendu à la commission des affaires culturelles et de l'éducation. Le sortant Bruno Studer n'aura à faire face qu'à une seule concurrente, Céline Calvez.

Cette dernière, qui occupe déjà le poste de vice-présidente, pourrait bénéficier à plein de la recherche de parité chère aux marcheurs, tout en faisant valoir un certain activisme sur les questions d'éducation.

La grande inconnue des affaires sociales

Le suspense sera tout aussi entier du côté des affaires sociales, où Brigitte Bourguignon essaye de faire fructifier son expérience d'ancienne parlementaire socialiste. La candidate sortante a aussi multiplié les appels à l'exécutif pour l'inviter à "muscler sa jambe gauche". De quoi pousser les marcheurs à la remplacer par un profil plus central ?

Pas moins de six concurrents sont en lice : Monique Iborra, elle aussi issue du PS, le rapporteur de la loi travail Laurent Pietraszewski, Fiona Lazaar, Caroline Janvier, Charlotte Lecoq et Fadila Khattabi vont chacun jouer leur carte pour prendre sa place.

Permanence programmée aux affaires économiques

Aucune surprise en revanche pour la commission des affaires économiques, Roland Lescure étant seul candidat à sa réélection. Le député, qui représente les expatriés du Canada et des États-Unis, a déjà aiguisé son programme pour sa deuxième partie de mandat. Il a notamment à coeur de valoriser la marque France à l'étranger, développer l'économie sociale et solidaire, doper l'exportation des artisans français et aider à l'émergence des industries du futur.