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Loi El Khomri

Loi Travail : la CFDT évoque des "avancées", l'Unef n'est pas satisfaite, le Medef "déçu", la droite aussi

L'exécutif a annoncé lundi les modifications qu'il souhaite apporter à sa contestée "loi Travail".
5 min
AFPAFP


Manuel Valls a annoncé lundi les modifications apportées par l'exécutif sur le contesté projet de loi El Khomri de réforme du code du travail. Parmi les principaux changements, la suppression du plafonnement des indemnités prud'homales (le barème sera indicatif). Le Premier ministre a également reconnu un "manque d'explications".

Sur Twitter, la CFDT et la Fage ont exprimé leur satisfaction, tandis que l'Unef ne semble pas convaincue.

La Fage et la CFDT satisfaites

La CFDT semble satisfaite. Sur Twitter, elle salue le retrait du plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif. Le syndicat réformiste s'est également félicité d'avoir été entendu par le gouvernement sur des mesures comme la suppression de la semaine de 40 heures pour les apprentis.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a toutefois réservé son jugement à la publication des "réécritures finales" du texte.

La Fage, le syndicat étudiant réformiste, semble également convaincue. Elle se félicite de la généralisation en 2017 du dispositif de "garantie jeunes". Ce dernier offre sur une durée d'un an un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros.

La Fage a salué la suppression de la semaine de 40 heures pour les apprentis sur décision de l'employeur.

La présidente de la CFE-CGC, Carole Couvreur, évoque "un texte rééquilibré" même si "tout ne va pas". Le syndicat de l'encadrement ne donnera son avis définitif sur le texte qu'après en avoir pris connaissance dans les détails :

L'Unef estime que le texte contient toujours des "régressions"

Le président de l'Unef, William Martinet, a critiqué à nouveau le projet de loi, dénonçant un "bricolage" et des "régressions pour les jeunes" qui sont, selon lui, toujours présentes :

William Martinet nie le caractère "universel" du dispositif de "garantie jeunes" : "Valls parle 'universalité' (sur la) garantie jeune. Mot creux, 900.000 jeunes devraient être concernés (5 milliards d'euros). Rien de tout ça (n'est) sur la table", a-t-il écrit sur Twitter.

Vendredi, à la sortie de son entrevue avec Manuel Valls, le président du syndicat étudiant appelait à une "amplification" du mouvement contre le projet de loi. Lundi, il a affirmé qu'il allait consulter les étudiants, même si l'Unef estime que le texte n'a pas suffisamment évolué.

FO et la CGT confirment leur opposition au projet de loi

Jean-Claude-Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, a confirmé sa volonté de demander le retrait du projet de loi :

La CGT, par la voie de son secrétaire général Philippe Martinez, a confirmé son opposition au texte amendé, regrettant que les nouvelles mesures pourront faire l'objet de "dérogations par accord d'entreprise".

Le Medef "déçu", la droite aussi

Pierre Gattaz, le président du Medef, a pour sa part critiqué la suppression du plafonnement des indemnités prud'homales, estimant que ce recul enlève toute "la cohérence au dispositif général". "Nous sommes déçus par ce déplafonnement", a-t-il expliqué. Dans un communiqué, le syndicat patronal affirme "rester mobilisé pour que le projet de loi final retrouve son ambition initiale".

Sur Twitter, plusieurs ténors de la droite ont fustigé ce que le centriste Hervé Morin qualifie de "reculade". Jean-François Copé a moqué le "bel 'exemple'" donné par l'exécutif : "Pression syndicale, vite arrêtons tout !", a écrit l'ancien président de l'UMP. Le sénateur Les Républicains Roger Karoutchi a dénoncé "un texte pour rien".

Eric Woerth, lui, a été plus lapidaire :

La gauche dans l'expectative

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a également réagi sur Twitter : "Un nouveau texte sur un nouvel équilibre. Le CPA (le compte personnel d'activité) et la Garantie jeunes font leur entrée avec force", a-t-il écrit, sans toutefois préciser si "le nouvel équilibre" du projet de loi est satisfaisant pour le Parti socialiste.

Le frondeur PS Laurent Baumel a pour sa part estimé qu'il reste dans le projet de loi des "régressions majeures et inutiles" :