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Grand Débat

Les réponses d'Emmanuel Macron au grand débat national

Moins d'impôts, suppression de niches fiscales, une démocratie locale et directe renforcée, un moratoire sur la fermeture des écoles ou des hôpitaux et... la fin de l'ENA. Les mesures qu'auraient dû annoncer Emmanuel Macron lundi soir ont été dévoilées par l'AFP.
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Le président de la République, qui a dû annuler en urgence son allocution prévue lundi en raison de l'incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, s'exprimera "en temps voulu" a fait savoir l'Elysée. En attendant, les principales mesures qui figuraient dans son projet de discours ont été révélées par l'AFP. "L'Élysée ne confirme ni ne commente les fuites dans la presse au sujet de la sortie du grand débat national", a réagi la présidence.

Fiscalité, démocratie, services publics : voici les réponses de l'exécutif après trois mois de grand débat.

Baisses d'impôts et réindexation des retraites de moins de 2.000 euros

Emmanuel Macron souhaite "baisser les impôts des classes moyennes" en finançant cette mesure notamment par la "suppression de certaines niches fiscales", sans plus de précision. Comme la loi le prévoit déjà, il demande aussi une "évaluation objective" de l'ISF dès le début de l'année 2020, sur la base de laquelle il s'engage "à apporter toutes les modifications et corrections nécessaires".

La désindexation des retraites de l'inflation avait fait l'objet de vifs débats lors de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019. Le chef de l'Etat veut annoncer leur réindexation à partir du 1er janvier 2020, mais uniquement pour les pensions inférieures à 2.000 euros.

Enfin, la prime exceptionnelle de 1.000 euros défiscalisée et sans cotisations sociales décidée fin décembre 2018 face au mouvement des Gilets jaunes doit être "pérennisée" et ouverte aux employeurs "chaque année".

Des RIC locaux, un RIP simplifié

Le chef de l'État compte aussi répondre aux revendications exprimées sur les ronds-points pour plus de démocratie directe.

Il est "favorable" à ce que des référendums d'initiative citoyenne (RIC) "puissent être organisés sur certains sujets d'intérêts locaux".

Il est en outre "favorable à ce qu'on puisse rendre plus accessible, en simplifiant les règles", le référendum d'initiative partagée (RIP), prévu par la Constitution mais extrêmement compliqué à mettre en oeuvre. Un projet de RIP contre la privatisation du groupe ADP est actuellement défendu par une coalition parlementaire d'opposition.

Enfin, le président de la République veut installer "une convention de 300 citoyens tirés au sort" dès le mois prochain, en mai. Elle serait chargée de "travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre".

Vers la fin de l'ENA ?

Emmanuel Macron est par ailleurs favorable à la suppression de l'ENA, temple de la haute fonction publique, dont il a été diplômé en 2004. "Nous avons besoin d'une élite, de décideurs", estime Emmanuel Macron, qui souhaite qu'on donne "à tous nos jeunes leurs chances en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale", toujours selon son projet de discours.

Moratoire sur la fermeture des écoles et hôpitaux

Sujet récurrent dans l'hémicycle, les fermetures d'écoles et d'hôpitaux seront gelées jusqu'à la fin du quinquennat, "sauf demande des maires".

Prenant acte que "beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que leur territoire est abandonné", le chef de l'Etat souhaite aussi "assurer la présence des services publics" et "ouvrir un nouvel acte de notre décentralisation", notamment avec "plus de fonctionnaires sur le terrain, avec davantage de responsabilités", "et moins de fonctionnaires à Paris pour écrire des normes ou créer des règles".