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SONDAGE

Les idées du Front national en perte de vitesse

À la veille du congrès refondateur du Front national, 24% des Français se disent en accord avec les thèses défendues par le parti, contre 33% il y a un an. L'image de Marine Le Pen s'est également dégradée, mais sa légitimité n'est pas remise en cause par les sympathisants selon un sondage réalisé pour LCP, Public Sénat, Le Monde et France Info.
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Marine Le Pen, le 8 décembre 2017 à Nanterre © AFPMarine Le Pen, le 8 décembre 2017 à Nanterre © AFP

Moins crédible et moins audible. Les conclusions du baromètre* mené par Kantar Sofres-OnePoint confirment la perte de vitesse du Front national auprès des électeurs depuis son échec à l'élection présidentielle. Baromètre FN - Mars 2018.pdfVoir

Un constat, tout d'abord : le niveau global d'adhésion aux idées du FN n'a jamais été aussi bas depuis 2011. Les sondés sont seulement 24% à se dire "plutôt d'accord" ou "d'accord" avec les idées défendues par le Front national, contre 70% à les désapprouver.

Dans le détail, on note une baisse d'adhésion sur presque tous les sujets de prédilection du parti d'extrême droite, comme la suppression de l'euro (20% des sondés sont pour, ils étaient 22% en février 2017). 40% des sondés sont d'accord avec l'assertion "on ne sent plus vraiment chez soi en France" (43% en 2017).

À la veille des débats sur la loi asile et immigration au Parlement, seule la préférence nationale en matière d'emploi, sujet cher au FN, gagne des partisans : ils sont 24% à soutenir cette mesure (21% en 2017).

Un parti d'opposition avant tout

Plus inquiétant pour l'avenir du parti, les personnes interrogées se montrent également plus réticentes à lui accorder leur voix : 22% déclarent envisager de voter FN à l'avenir, c'est sept points de moins qu'il y a un an.

En cause, la crédibilité du parti qui vacille. 28% le juge capable de gouverner (38% en 2017). Si, au sein des sympathisants frontistes, ils sont encore 77% à voir le parti à la tête du pays, 18% pensent que leur parti a surtout vocation... à rester dans l'opposition. C'est dix points de plus qu'en 2017 (8%).

Toutefois, les sympathisants FN sont loin d'avoir perdu la foi : 85% d'entre eux pensent que le mouvement pourrait "accéder au pouvoir un jour en France", un sentiment partagé par 40% de l'ensemble des sondés.

L'image de Marine Le Pen en berne

Malgré un score historique à la présidentielle, Marine Le Pen sort affaiblie des dernières élections. Sur tous les plans, son image s'est dégradée : elle est jugée moins "honnête", moins "sympathique" et moins "capable de rassembler au-delà de son camp" qu'il y a un an.

Les critères sur lesquels elle l'avait l'habitude de capitaliser se détériorent également : 66% la jugent "volontaire" (80% en 2017) et 49% l'estiment "capable de prendre des décisions" (69% en 2017).

De quoi remettre en cause une future candidature en 2022 ? Pas pour les sympathisants, qui restent très majoritaires (86%) à souhaiter la voir défendre les couleurs du parti en 2022.

La cote d'avenir de la dirigeante frontiste marque toutefois le pas : avec 14%, elle perd 11 points en un an. C'est son niveau le plus bas depuis septembre 2009, date à partir de laquelle son image est testée par l'institut de sondage.

Pire, Marine Le Pen est devancée par sa nièce Marion Maréchal-Le Pen - en retrait de la vie politique -, dont la cote d'avenir s'élève à 15%.

Le nom du parti en sursis

Alors qu'elle s'apprête à être reconduite à la tête du FN lors du congrès de Lille ce week-end, Marine Le Pen devrait proposer un changement de nom du parti. 59% des sympathisants y seraient favorables. Une petite révolution pour le parti, créé en 1972, ce qui en fait l'un des plus anciens de la vie politique française, avec le Parti socialiste (1969) et le Parti communiste français (1920).


* Méthodologie : cette enquête a été réalisée en face-à-face au domicile de 1000 personnes, représentatives de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, et s'est déroulée du 22 au 26 février 2018.