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Présidentielle 2017

Les candidats à l'élection présidentielle ont-ils la main verte ?

La lutte pour la préservation de l'environnement s'est imposée au fil des années. LCP.fr vous présente les solutions de Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan.
7 min
AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

De François Fillon à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Benoît Hamon et Marine Le Pen, Emmanuel Macron ou Nicolas Dupont-Aignan, les candidats à l’élection présidentielle présentent tous un programme fourni sur la question de l’écologie. LCP.fr vous explique leurs propositions.

Constitution : des philosophies radicalement différentes

Plusieurs candidats souhaitent modifier la Constitution pour imposer leur vision de l'écologie. Ainsi, François Fillon, veut purement et simplement supprimer le principe de précaution (protégé, aujourd'hui, par la Charte de l'environnement qui figure dans le préambule de la Constitution) en le remplaçant par un principe de responsabilité. Objectif : rendre la législation moins contraignante, pour les entreprises notamment.

A l'inverse, Benoît Hamon veut inscrire dans la Constitution la protection des “biens communs” comme l’eau, l’air ou encore la terre. Jean-Luc Mélenchon prévoit d'inscrire dans la Constitution la “règle verte” selon laquelle on ne peut “prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer.

Nucléaire : ceux qui veulent arrêter

Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon veulent clairement mettre fin au nucléaire en France : le premier, dans son accord signé avec Yannick Jadot, promet une sortie en 25 ans, c'est-à-dire en 2042. Le second veut 100% d'énergies renouvelables en 2050.

Emmanuel Macron, lui, temporise : il maintient l'objectif de 50% d'énergie nucléaire en 2025 (contre 75% en 2015) prévu par la loi de transition énergétique. Mais le leader d'En marche! prendra ses "décisions stratégiques" une fois que l'Autorité de sûreté nucléaire aura rendu ses conclusions, en... 2018.

Nucléaire : ceux qui veulent continuer

François Fillon s'oppose à l'objectif de 50% de nucléaire en 2025, qu'il juge “dogmatique, intenable et contraire à l’intérêt général”. Tout comme Nicolas Dupont-Aignan, il refuse de l'appliquer.

François Fillon, au même titre que Marine Le Pen, veut aussi lancer le "grand carénage", c’est-à-dire l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires. Il veut “développer le nucléaire de 4e génération, sûr et non polluant”, une volonté partagée par Nicolas Dupont-Aignan.

Fermer Fessenheim ?

François Fillon et Marine Le Pen s'opposent à la fermeture de la centrale de Fessenheim. A l'inverse, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron y sont favorables. Mais ce dernier conditionne cette fermeture à la mise en service de l’EPR (centrale nucléaire de 3e génération) de Flamanville.

Le développement des EPR divise les candidats : Nicolas Dupont-Aignan veut favoriser le développement de ces centrales nouvelle génération, tandis que Jean-Luc Mélenchon prône l’abandon des projets de Flamanville et d’Hinkley Point. Il s'oppose également au projet d'enfouissement de déchets radioactifs de Bure (Meuse), une disposition qui figure aussi dans l'accord conclu entre Benoît Hamon et Yannick Jadot.

L'exploitation des énergies fossiles fait l'unanimité contre elle : Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Benoît Hamon veulent y mettre fin. Emmanuel Macron promet pour sa part de fermer en cinq ans les quatre centrales à charbon du territoire. Il veut aussi doubler les capacités de la France en éolien et en solaire photovoltaïque d’ici à 2022. Marine Le Pen, elle, souhaite la mise en place d’un moratoire “immédiat” sur l’éolien.

Mieux isoler les logements

La mesure fait l’unanimité : réduire la consommation d’énergie passe par un grand plan de rénovation et d’isolation des bâtiments. Benoît Hamon, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon et Marine Le Pen le souhaitent. Jean-Luc Mélenchon (qui veut assurer l’isolation d’au moins 700.000 logements par an), et Emmanuel Macron (qui veut y consacrer 4 milliards d’euros), sont encore plus précis.

Haro sur les pesticides, les perturbateurs endocriniens

Benoît Hamon avait popularisé ce thème lors de la campagne de la primaire de la gauche : il souhaite interdire les perturbateurs endocriniens, ces agents chimiques (présents dans certains cosmétiques, pesticides, emballages alimentaires ou textiles) qui sont capables d’interférer dans le système hormonal.

Emmanuel Macron veut s’attaquer aux perturbateurs endocriniens qui ont “des impacts avérés ou probables dès lors qu’il existe des solutions scientifiquement reconnues comme moins toxiques”. Nicolas Dupont-Aignan souhaite “réduire les contaminants chimiques pour la santé”. Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron veulent également bannir les pesticides dangereux.

OGM : reprendre ou non les recherches théoriques

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont favorables à l'interdiction des OGM. Nicolas Dupont-Aignan aussi, même s'il précise qu’il ne faut pas “s’opposer systématiquement aux avancées de la science”. Interrogé sur cette question par l'association WWF, Emmanuel Macron dit "regretter" l'arrêt de la recherche théorique sur le sujet.

François Fillon est allé plus loin dans une tribune adressée aux agriculteurs en se prononçant en faveur d’une relance des “recherches qui ont été interrompues au nom du principe de précaution, notamment en génétique”.

Gaz de schiste : une interdiction temporaire ?

Toujours devant la WWF, Emmanuel Macron s'est prononcé pour que “nos organismes publics (...) puissent continuer la recherche théorique” sur le gaz de schiste. Dans la même veine, Marine Le Pen est favorable à l’interdiction “tant que des conditions satisfaisantes en matière d’environnement, de sécurité et de santé ne seront pas réunies”. Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon se prononcent purement et simplement contre l'exploitation des gaz de schiste.

Protectionnisme, "préférence communautaire" et taxe carbone

Plusieurs candidats relient leur refus des traités de libre échange comme le TAFTA et le CETA, à la sauvegarde de l'environnement : Benoît Hamon désire “protéger nos préférences collectives en matière d’environnement, de santé et de protection sociale” et Nicolas Dupont-Aignan veut empêcher la "généralisation des mauvaises pratiques". Marine Le Pen, elle aussi opposée à ces traités, veut même interdire l’importation de produits venants de l’étranger qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français.

Pour protéger l'environnement, et limiter le transport de marchandises sur de grandes distances, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon se prononcent en faveur d'une taxe carbone. Emmanuel Macron veut aussi “prendre des sanctions au niveau européen contre les pays qui ne respectent pas les clauses environnementales des accords commerciaux conclus avec l’UE”. François Fillon, lui, désire “appliquer systématiquement la préférence communautaire pour que l’Europe défende les agriculteurs européens.”

Alimentation : privilégier la production locale

En 2017, la protection de l'environnement passe également par les assiettes.

Les candidats veulent tous privilégier les circuits courts et la production française : Benoît Hamon souhaite ainsi “soutenir les AMAP” ; François Fillon veut des “chèques circuit court” sur le modèle des tickets restaurants ; Jean-Luc Mélenchon veut rendre obligatoires les productions locales dans les cantines scolaires ; Nicolas Dupont-Aignan veut inciter les collectivités publiques à se fournir localement ; Emmanuel Macron prône, à l’horizon 2022, 50% de produits bio ou issus de labels de qualité ou local dans les cantines d’entreprises et scolaires ; Marine Le Pen veut réserver la commande publique aux entreprises françaises.

Les candidats veulent aussi une meilleur traçabilité des produits : Nicolas Dupont-Aignan prône l’étiquetage obligatoire du pays d'origine, tout comme Marine Le Pen et François Fillon, qui veulent aussi inscrire le lieu de transformation. Par ailleurs, Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon veulent interdire les "fermes-usines".

Réformes de la PAC

La PAC fait l'unanimité contre elle : François Fillon propose de maintenir “à l’euro près” son budget mais promet toutefois de créer une “PAC 2020” sur la gestion des risques et sur le soutien à l’investissement. Benoît Hamon veut la transformer en un outil de soutien à la conversion des exploitations agricoles vers la durabilité et l’agriculture bio. Dans la même veine, Emmanuel Macron veut, avec l'argent de la PAC, rémunérer les agriculteurs pour les “services environnementaux” qu’ils rendent, à hauteur de 200 millions d’euros chaque année.

Marine Le Pen annonce qu'elle créera une Politique agricole française (PAF) afin de “sauver et soutenir le modèle français des exploitations familiales”. Nicolas Dupont-Aignan adopte une position intermédiaire : il prône une préférence communautaire, des prix garantis et des quotas. S’il n’est pas entendu, le président de Debout la France! promet qu’il rétablira une “politique agricole nationale”.

Voiture : permettre le développement de l'électrique

Benoît Hamon promet une sortie du diesel d’ici à 2025. Jean-Luc Mélenchon veut lui aussi “engager la sortie du diesel" en supprimant "progressivement l’avantage fiscal pour les flottes d’entreprise”. Emmanuel Macron propose d’aligner pendant le quinquennat la fiscalité du diesel sur celle de l’essence. Il souhaite également mettre en place une prime de 1.000 euros pour le remplacement de véhicules fabriqués avant 2001 et accélérer le “déploiement des véhicules électriques” en favorisant le déploiement des bornes de rechange.

Nicolas Dupont-Aignan propose deux plans : le premier vise à remplacer en 10 ans les 10 millions de véhicules les plus énergivores et l’autre souhaite accélérer la mise en place de bornes de recharge rapides pour les véhicules électriques. François Fillon souhaite, lui aussi, “inciter au développement des véhicules, voitures ou bus à énergie propre”. Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon propose également de revenir sur la loi Macron, qui a libéralisé les transports d’autocar.