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Législatives 2017

Législatives : six ministres à quitte ou double

Grosse pression sur les épaules de Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Annick Girardin, Christophe Castaner et Mounir Mahjoubi : s'ils sont battus aux législatives des 11 et 18 juin, ils devront aussi quitter le gouvernement. État des lieux dans leur circonscription.
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

Qui subira le cruel sort d'Alain Juppé ? En 2007, seulement un mois après sa nomination au ministère de l'Ecologie par Nicolas Sarkozy, le maire de Bordeaux avait été contraint de démissionner après sa défaite aux élections législatives contre la socialiste Michèle Delaunay.

Six ministres du gouvernement Philippe pourraient se retrouver dans la même situation le mois prochain : Bruno Le Maire, Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Annick Girardin, Christophe Castaner et Mounir Mahjoubi, tous candidats aux législatives. Et le nouveau Premier ministre a déjà prévenu : s'ils sont battus, ils devront démissionner...

Bruno Le Maire

Ministre de l'Economie, 1ère circonscription de l'Eure

Bruno Le Maire est dans une situation singulière : entré au gouvernement mercredi, il vient d'être exclu du parti Les Républicains, perdant son investiture LR/UDI. Le parti dirigé par Bernard Accoyer a même désigné une nouvelle candidate, Coumba Dioukhané. D'un autre côté, La République en marche a décidé de ne présenter personne contre lui.

Confortablement élu au second tour en 2012, avec 57,97% des suffrages, Bruno Le Maire espère conserver son siège de député. Pour cela, il aura fort à faire face au candidat FN, qui n'a pas encore été désigné (avec 29,2%, Marine Le Pen est arrivée en tête au premier tour de l'élection présidentielle dans cette circonscription) et à celui de la droite et du centre (François Fillon a fait 20,1%). Le candidat du parti socialiste n'a pas encore été désigné.

Richard Ferrand

Ministre de la Cohésion des territoires, 6e circonscription du Finistère

Conseiller régional de Bretagne depuis sept ans, député PS du Finistère depuis 2012, Richard Ferrand est candidat à sa réélection sous l'étiquette La République en marche. Le ministre de la Cohésion des territoires, qui avait recueilli 58,36% des suffrages au second tour en 2012, semble en bonne position pour l'emporter.

Emmanuel Macron est arrivé largement en tête du premier tour de l'élection présidentielle dans la circonscription, avec 27,9% des suffrages, devant Jean-Luc Mélenchon (20,1%) et François Fillon (17,4%).

À noter que lors des précédentes élections législatives,
Christian Troadec, maire de Carhaix-Plouguer et l'un des leaders des bonnets rouges, avait recueilli 19,92% des suffrages. Il se présente à nouveau cette année et risque d'affaiblir le candidat de la France insoumise, Jean-Michel Lucas.

Marielle de Sarnez

Ministre déléguée chargée des Affaires européennes, 11e circonscription de Paris

Marielle de Sarnez, qui n'a jamais siégé au palais Bourbon, est candidate dans la 11e circonscription de Paris. La vice-présidente du Modem fera face à l'un des ex-députés "frondeurs" les plus actifs, Pascal Cherki. Le socialiste l'avait emporté largement en 2012, recueillant 40,11% des suffrages au premier tour et 56,47% au second, face à l'UMP Jean-Pierre Lecoq.

Cette année, bien qu'investi par Les Républicains, Jean-Pierre Lecoq a finalement décidé de se présenter dans la 2e circonscription de Paris, celle de François Fillon, désormais occupée par Nathalie Kosciusko-Morizet.

Marielle de Sarnez, si elle arrive à capitaliser sur la dynamique de l'élection présidentielle, pourrait l'emporter : dans la 11e circonscription de Paris, Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour avec 38,8% des suffrages.

Annick Girardin

Ministre des Outre-mer, 1ère circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon

Membre du Parti radical de gauche, Annick Girardin a annoncé durant l'entre-deux-tours qu'elle était candidate à sa réélection dans la 1ère circonscription de Saint-Pierre-et-Miquelon. Députée depuis 2007, la nouvelle ministre des Outre-mer avait été élue en 2012 dès le premier tour, avec 65,52% des suffrages.

Mais, dans sa circonscription, c'est Jean-Luc Mélenchon qui est arrivé largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle avec 35,4%, très loin devant Marine Le Pen (18,2%) et Emmanuel Macron (18%).

Christophe Castaner

Porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence

Des six, il est peut-être le plus en danger : candidat à sa réélection, Christophe Castaner se présente dans une circonscription dans laquelle Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle avec 22,9% des suffrages devant Marine Le Pen (22,8%), Emmanuel Macron (20,4%) et François Fillon (19,8%). Des scores qui pourraient entraîner une triangulaire voire une quadrangulaire.

A l'occasion des élections régionales de 2015, Christophe Castaner, lui-même candidat à la présidence de la région PACA, n'avait fini que deuxième dans sa propre circonscription, derrière le FN (33,4% contre 30,6%).

Heureusement pour lui, le nouveau porte-parole du gouvernement, qui l'avait emporté en 2012 avec 54,04% des suffrages face à l'UMP Jean-Claude Castel, n'a pour l'instant pas de candidat issu du Parti socialiste face à lui.

Mounir Mahjoubi

Secrétaire d'Etat au Numérique, 16e circonscription de Paris

C'est l'un des duels phares de ces législatives. Le jeune ministre Mounir Mahjoubi s'attaque à la 16e circonscription de Paris, celle du baron socialiste Jean-Christophe Cambadélis. Le premier secrétaire du PS brigue un cinquième mandat : réélu dans un fauteuil en 2012 (41,23% au premier tour, 70,04% au second tour), le patron des socialistes devra cette fois se battre pour conserver son siège.

Mounir Mahjoubi part avec un avantage non négligeable : dans la circonscription, Emmanuel Macron a recueilli 29,9% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle, loin devant Benoît Hamon (13,2%). La candidate de la France insoumise, Sarah Legrain est également en position favorable : Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans cette circonscription au premier tour de la présidentielle, avec 30,5% des voix.