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Législatives 2017

Législatives : Manuel Valls douché par En marche! et lâché par les socialistes

L'ancien Premier ministre a annoncé mardi sur RTL qu'il sera candidat aux législatives sous l'étiquette "La République en marche". Mais les responsables du mouvement d'Emmanuel Macron nient lui avoir accordé la moindre investiture...
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

Acte1 : Manuel Valls annonce qu'il sera candidat "La République en marche"

Invité de RTL, Manuel Valls déclare le Parti socialiste "mort" : "Il est derrière nous, par son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser". L'ancien Premier ministre annonce surtout qu'il sera candidat à sa réélection dans la 1ère circonscription de l'Essonne sous la bannière du mouvement d'Emmanuel Macron, "La République en marche" :

Je serai candidat de la majorité présidentielle.Manuel Valls à RTL

"Je ne suis pas en embuscade", ajoute Manuel Valls, qui assure se retrouver "dans la plupart des proposition du projet qu'Emmanuel Macron".

Acte 2 : La réponse humiliante d'En Marche!

La réponse d'En marche! est immédiate. Sur Europe 1, le porte-parole du mouvement Benjamin Griveaux rappelle que Manuel Valls doit, comme toutes les autres candidats à l'investiture, déposer un dossier devant la commission d'investiture :

Il n'a pas été investi ou alors sa candidature m'a échappé (...) La règle est la même pour tous (...) Il lui reste 24 heures.Benjamin Griveaux à Europe 1

Non sans malice, le président de la commission nationale d'investiture de "La République en marche" Jean-Paul Delevoye précise au Figaro la démarche à suivre pour l'ancien Premier ministre :

Pour que sa candidature soit analysée, il faut qu'elle soit déposée sur le site internet.Jean-Paul Delevoye au Figaro

Interrogé par BFMTV, Jean-Paul Delevoye ajoute qu'En marche! "déjà arrêté une candidate dans la circonscription de Manuel Valls".

Christophe Castaner, soutien d'Emmanuel Macron de la première heure, assure sur Franceinfo que, si Manuel Valls "a des chances" d'être investi, "il se trompe" s'il pense pouvoir l'être sans faire "acte de candidature" : "La République des privilèges est terminée."

Enfin, le député Arnaud Leroy, porte-parole d'Emmanuel Macron, ironise sur Twitter : "A l'oral, serai et serais se prononce de la même façon."

Acte 3 : Lâché par les socialistes, y compris certains "vallsistes"

Les déclarations de Manuel Valls crispent le Parti socialiste, à commencer par son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, qui a assuré qu'il était "impossible" pour Manuel Valls d'avoir à la fois sa carte d'adhérent au PS et de briguer l'investiture En Marche! aux législatives.

"C'est un non-événement", balaie pour sa part le patron des députés PS Olivier Faure sur LCP.

Remonté, le député de Seine-et-Marne ajoute que "c'est trop simple, quand on quitte une formation, de dire qu'elle est morte pour s'essuyer les pieds dessus".

Manuel Valls est également lâché par l'un de ses plus proches soutiens, le sénateur PS Luc Carvounas. Ce dernier, qui se dit "attaché à son parti et ses valeurs", annonce sur Twitter qu'il ne "suivra pas cette fois" Manuel Valls.

Le chef de file des anciens "frondeurs" Christian Paul appelle quant à lui à construire "une force politique nouvelle dans la clarté des idées, dans l'honneur et... sans Manuel Valls".

Alors que le Parti socialiste organise mardi matin un bureau national, qui sera suivi dans l'après-midi d'une réunion à la maison de la mutualité, certains demandent l'exclusion de Manuel Valls du Parti socialiste. C'est le cas d'Alexis Bachelay, qui était le porte-parole de Benoît Hamon lors de la primaire à gauche : "J'espère pour la France que Brutus et Judas ne vont pas solliciter l'investiture en marche !", écrit sur Twitter le député des Hauts-de-Seine, avant d'assurer sur BFMTV qu'il croit que "Manuel Valls ne va plus mettre les pieds à Solférino".

Mardi matin, sur RTL, Manuel Valls n'envisageait pourtant pas l'hypothèse de son exclusion :

"Le PS va exclure un ancien Premier ministre, qui a toujours été loyal? (...) Enfin ! Je vois que les vieux partis veulent exclure. Aujourd'hui ce qu'il faut c'est rassembler, pas exclure.Manuel Valls sur RTL