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Institution

La République en marche face au casse-tête du renouvellement des postes-clés

Le groupe majoritaire s'est promis de renouveler à mi-mandat les postes à responsabilité à l'Assemblée. Alors que l'échéance approche, certaines voix s'élèvent pour finalement revendiquer une prime à l'expérience et aux compétences. Le bureau du groupe va proposer un vote interne pour autoriser les sortants à se représenter.
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Joël Giraud, Richard Ferrand, Gilles Le Gendre et Yaël Braun-PivetJoël Giraud, Richard Ferrand, Gilles Le Gendre et Yaël Braun-Pivet

Après l'attrait pour la nouveauté, le temps de l'expérience est-il venu ? En juin 2017, Richard Ferrand, alors président du groupe, expliquait que le "renouvellement permanent" devait devenir la nouvelle règle au Palais-Bourbon. Ainsi le règlement intérieur de La République en marche gravait dans le marbre que les fonctions importantes devaient être remises en jeu au bout de deux ans et demi.

Alors que la date butoir approche, les marcheurs pourraient mettre un peu d'eau dans leur vin en donnant la possibilité aux députés sortants de se succéder à eux-mêmes. Un renouvellement permanent... mais dans la continuité.

À la sortie du bureau politique jeudi 9 mai, Gilles Le Gendre a confirmé que ce point sera soumis à un vote interne "dans les prochaines semaines" afin de faire évoluer le règlement intérieur du groupe qu'il préside.

En tout, une cinquantaine de postes seront concernés : des vices-présidents aux présidents de commission en passant par les questeurs, porte-paroles et autres "whips" (les huit députés chargés de faire appliquer les consignes de vote dans chaque commission).

Seul le sommet de la pyramide sera préservé : Richard Ferrand, élu président de l'Assemblée nationale en septembre, ne remettra pas son poste en jeu - constitutionnellement d'ailleurs, personne ne peut le forcer à démissionner.

Gilles Le Gendre, qui a aussi pris ses fonctions en septembre 2018, devra lui aussi se plier à la règle. Il partirait alors fragilisé selon un article du Monde. "Beaucoup le critiquent, mais peu voudraient faire son travail", relativise un député marcheur qui anticipe un manque de compétiteurs, alors qu'ils étaient sept à se présenter il y a huit mois pour succéder à Richard Ferrand.

Prime à l'expérience

Il faut dire que beaucoup ont pris goût à leurs fonctions, tout en continuant d'apprendre le métier. Certains reconnaissent avoir même changé de point de vue sur le sujet : "Je pensais que c'était une bonne idée, mais la politique, ça s'apprend", témoigne Anne Brugnera, whip des affaires culturelles. La députée du Rhône, qui a remplacé Gabriel Attal parti au gouvernement, estime que "deux ans, c'est trop court pour occuper pleinement sa fonction". Elle se dit néanmoins prête à être "challengée" sur son poste si des candidats se déclarent.

Une autre élue, qui craint de perdre ses prérogatives, estime le timing mauvais pour se livrer à une compétition des ambitions :

Ça donne l'impression que le groupe est en train de regarder son nombril. C'est un très mauvais signal, alors que l'on va dévoiler en même temps notre programme pour les européennes.Une députée La République en marche

Des postes convoités

Les appétits sont plus grands pour certains postes jugés prestigieux, comme la présidence de la commission des lois. Le nom de Didier Paris (Côte-d'Or) revient régulièrement face à la sortante Yaël Braun-Pivet (Yvelines). De même, le poste de whip de cette commission serait convoité par pas moins de six députés.

Quant au poste stratégique de rapporteur général du budget, occupé par Joël Giraud (Hautes-Alpes), la passation de pouvoir est d'ores-et-déjà actée avec Laurent Saint-Martin (Val-de-Marne) ; elle aura lieu en janvier 2020, après le vote du prochain budget.

Les 304 députés La République en marche devraient valider l'évolution de leur règlement intérieur après les élections européennes. Les plus ambitieux pourront alors affûter leur CV... et repartir en campagne.