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Loi El Khomri

La jeunesse dans la rue : "J'ai peur de la précarité..."

Jeudi, malgré une pluie battante, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à Paris contre le projet de loi El Khomri. LCP.fr était parmi les manifestants.
6 min
MKMK

"Le temps est pourri, le gouvernement aussi !" Jeudi après-midi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à Paris malgré une pluie torrentielle.

A l'initiative des syndicats de salariés et d'étudiants, entre 26.000 et 28.000 personnes - selon la préfecture de police - ont manifesté dans la capitale leur opposition au projet de loi "visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs", dit "projet de loi travail" ou "projet de loi El Khomri".

La CGT et FO revendiquent 1,2 million de personnes dans toute la France (contre 400.000 à 500.000 personnes lors des manifestations précédentes, le 9 mars), quand la police évoque 390 000 manifestants.

Les frondeurs socialistes présents

A 13h30, en tête de cortège, les leaders de la CGT et de FO, Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly s'installent en tête de cortège, devant une nuée de caméras :

A quelques mètres de là, interrogé sur la raison pour laquelle il combat la loi El Khomri, un jeune lycéen, qui passe cette année son bac pro, lâche, pas mécontent de son effet :

La nuit c'est fait pour baiser, pas pour travailler !Un jeune manifestant

Les députés frondeurs socialistes Christian Paul et Pascal Cherki, sont là, eux-aussi. Ils attendent leur tour pour saluer les patrons de la CGT et de FO...

Nous sommes totalement solidaires de ce qui s'exprime aujourd'huiChristian Paul

La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann arrive trop tard : le cortège est déjà parti et le service d'ordre la repousse vers le trottoir.

"Contre cette société qui crée des exclus"

Sous une pluie battante, le cortège s'élance de la place d'Italie, direction Nation.

L'ambiance est bon enfant, Rayan et ses amis demandent "le retrait de la loi El Khomri" : "J'ai peur de la précarité", confie le jeune homme.


"On ne sera jamais de la chair à patrons !", "Tous ensemble, tous ensemble, grève générale !", hurlent les étudiants et les lycéens, sous une pluie qui redouble d'intensité.

Le mauvais temps n'a pas découragé Jean-Pierre, 66 ans. Ce "jeune retraité" n'a pas trouvé les amis avec lesquels il devait défiler. "Tant pis, je manifeste quand même." Il est "contre l'orientation de cette société qui crée des exclus". "Vous savez, je l'ai connue, moi, la précarité..."

Sous son parapluie transparent, Yvanne, 22 ans, hésite longuement quand on lui demande pourquoi elle manifeste. Puis elle critique cette "loi qui favorise les patrons" et le gouvernement "qui nous dit qu'il nous propose un nouveau modèle de société".

Quelques heurts sur le boulevard Voltaire

"Je suis contre la philosophie libérale de ce texte", explique William, un étudiant belge, entouré de ses amis qui le chambrent : "Attention, il faut que tu sois beau pour la photo, ça va être dur pour toi..." Tous sont venus exprimer leur "solidarité" avec les étudiants français.

A quelques centaines de mètres de là, plus loin sur le boulevard Voltaire, les CRS envoient quelques grenades lacrymogènes. La foule recule. Ici et là, certains manifestants cherchent à se rapprocher du service d'ordre de la CGT : "Ils sont où, la CGT ?", demandent ceux qui veulent se mettre à l'abri. Puis le cortège reprend sa marche. Il arrive finalement à Nation sans trop de difficultés...

Les manifestants, trempés, se dispersent peu à peu.

Un homme porte derrière la tête une guillotine miniature : "Une petite coupe pour réduire les coûts du gouvernement", explique-t-il. Dans son dos, la même phrase, rédigée en bleu, sur une feuille A4. Seulement, on comprend qu'il ne parlait pas de "coûts" budgétaires, mais des "cous" des membres du gouvernement...

La prochaine manifestation aura lieu le 9 avril.