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Premiers secours

La formation aux gestes de premiers secours va s'accélérer

La proposition de loi de Jean-Charles Colas-Roy (LaREM), "visant à lutter contre la mort subite et à sensibiliser la population aux gestes qui sauvent", a été adoptée à l'unanimité dans l'hémicycle. Le texte prévoit de mieux former les Français aux réflexes de premier secours tout au long de leur vie, et de créer un statut de "citoyen sauveteur".
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Jean-Charles Colas-Roy a porté une proposition de loi veillant à mieux former aux gestes des premiers secours. Jean-Charles Colas-Roy a porté une proposition de loi veillant à mieux former aux gestes des premiers secours.

Les Français seront davantage formés aux gestes qui sauvent. Les députés ont adopté, à raison de 70 voix pour, 0 contre, la proposition de loi de Jean-Charles Colas-Roy (LaREM). Examinée le mercredi 12 février, elle vise à rendre obligatoire la sensibilisation et l'intiation aux premiers secours.


Dans le viseur du député isérois : l'arrêt cardiaque inopiné, aussi appelé "mort subite". Il est responsable de 40 000 à 50 000 décès par an chez l'adulte en France. En termes de premiers secours, l'Hexagone est en net retard par rapport à ses voisins européens, pays anglo-saxons et scandinaves en tête, où les citoyens y sont davantage formés. L'ensemble des groupes parlementaires, lors de leur explication de vote, ont acté ce retard français, et salué l'initiative de Jean-Charles Colas-Roy.

Dans la présentation de son texte, le parlementaire de la majorité a souligné que le taux de survie à un arrêt cardiaque est de 3% seulement sur le territoire, faute de connaissance des gestes qui sauvent. "Aujourd'hui nous voulons en finri avec ce sentiment de fatalité. Nous pouvons tous sauver des vies, nous pouvons tous lutter contre l'arrêt cardiaque", a assuré Jean-Charles Colas-Roy.

80% de la population française formée d'ici 10 ans

Il propose donc de rendre obligatoire la sensibilisation et l'initiation aux gestes qui sauvent, tout au long de la vie des Français. La proposition vise l'école primaire, avec pour objectif la délivrance d'une attestation à l'issue du CM2. L'objectif est d'avoir formé, d'ici 10 ans, 80% de la population française.

"Nous avons ainsi rétabli l'article relatif à la création d'un continuum éducatif entre le premier et le second degré. Il s'agit d'un moment clé de l'apprentissage pour les enfants."Jean-Charles Colas-Roy, député de l'Isère (LaREM)

Le volet sensibilisation est complété par la création d'une journée nationale de lutte contre l'arrêt cardiaque, avec l'objectif de cibler le public le plus large possible.

"Citoyen sauveteur"

Le texte instaure un statut de "citoyen sauveur". Celui-ci se définit comme "toute personne volontaire et bénévole portant assistance à toute personne manifestement en situation de détresse cardio-respiratoire".

"Nous avons voulu reconnaître par ce statut l'engagement citoyen de celui ou celle qui agit de façon bénévole (...). Le "citoyen sauveteur bénéficie de la qualité de collaborateur occasionnel du service public". Jean-Charles Colas-Roy, député de l'Isère (LaREM)

Puisque les secours mettent en moyenne treize minutes à se rendre sur le lieu d'un incident, le rôle des citoyens est primordial. Une minute écoulée sans massage cardiaque équivaut effectivement à 10% de survie en moins.

Dans son premier article, la PPL veut protéger ce "citoyen sauveteur", qui par son geste, concourt à la séucrité civile. Il est question de l'exonérer "de toute responsabilité civile pour le préjudice qui, le cas échéant, en résulte pour la personne par lui secourue, à moins que celui-ci ne soit subi du fait de sa faute intentionnelle et caractérisée.

Le texte a été sensiblement modifié par le Sénat. "Je souhaite que les points de vue exprimés par chacune des assemblées se rapprochent afin de parvenir rapidement à un texte commun", a déclaré Hugues Renson (LaREM), ardent défenseur du texte. La PPL de Jean-Charles Colas-Roy avait été adoptée à l'unanimité en première lecture à l'Assemblée nationale.