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Assemblée nationale

INFO LCP - Deux femmes candidates au "perchoir" de l’Assemblée nationale

Les députées LREM Sophie Errante (Loire-Atlantique) et Brigitte Bourguignon (Pas-de-Calais), affronteront leur collègue François de Rugy (Loire-Atlantique) pour la présidence de l’Assemblée nationale. Résultat le 27 juin.
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François de Rugy (LREM), Brigitte Bourguignon (centre, LREM) et Sophie Errante (droite, LREM) sont les trois candidats officiels pour la présidence de l’Assemblée nationale. (AFP PHOTO /JACQUES DEMARTHON)François de Rugy (LREM), Brigitte Bourguignon (centre, LREM) et Sophie Errante (droite, LREM) sont les trois candidats officiels pour la présidence de l’Assemblée nationale. (AFP PHOTO /JACQUES DEMARTHON)

Pour candidater à la présidence de l’Assemblée nationale, il y a deux méthodes : l’annoncer classiquement dans les médias comme François de Rugy, mardi sur Sud Radio et Public Sénat. Ou se terrer des jours durant pour ne pas trop attirer l’attention. C’est le cas de Sophie Errante et Brigitte Bourguignon, deux députées qui auraient préféré garder leur candidature secrète jusqu’à ce week-end et la tenue du séminaire de formation des députés de La République en marche. Après l’annonce, par LCP.fr vendredi après-midi, de la candidature de Sophie Errante, Brigitte Bourguignon, dont le nom circulait depuis quelques jours, est sortie de son silence. "Oui, je suis candidate à la présidence de l’Assemblée nationale", explique-t-elle. Ce qui porte donc à trois – pour l’heure - le nombre de candidats au "perchoir".

"Pas des professionnelles de la politique"

Sophie Errante et Brigitte Bourguignon, deux candidates qui ne manquent pas de points communs. Elles ne sont pas "des professionnelles de la politique" ; la première, élue de Loire–Atlantique, fut chef d’entreprise dans l’import-export, tandis que la seconde est imprégnée de social : vingt années passées au centre d’action sociale de Boulogne sur Mer à parler insertion, RMI ou RSA, avant d’évoluer au conseil général du Pas-de-Calais.

Toutes les deux sont neuves dans le paysage politique, avec un seul mandat à leur actif (2012-2017) sous l’étiquette socialiste, avant d’aller vers un ailleurs meilleur du côté de La République en marche d’Emmanuel Macron. Avec un succès certain : en tête au premier tour des législatives avec plus de 40% des voix, elles ont remporté haut la main le second tour avec plus de 60%.


"C’est le moment d’avoir une femme au perchoir…
que ce soit Sophie ou moi !

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"Une femme présidente de l’Assemblée nationale, ce serait bien, non ?", lance Sophie Errante. Cette élue de 45 ans, qui revendique un caractère "assez cash", est bien décidée à devenir la première femme à accéder au "perchoir". "Emmanuel Macron est pour l’égalité réelle, alors autant commencer par l’Assemblée même si elle s’est bien féminisée avec les dernières législatives", note-t-elle. Brigitte Bourguignon acquiesce, beau joueur : "C’est le moment d’avoir une femme au perchoir… que ce soit Sophie ou moi !".

Pour elle, il est des symboles qui comptent, "surtout dans des endroits comme l’Assemblée nationale…" Elle garde encore en mémoire son "combat" des législatives, sur les terres de Marine Le Pen et dans une région, les Hauts-de-France, qui a élu cinq des huit députés du Front national. "Une circonscription vaste, très rurale, de trajets incessants en voiture… Heureusement, le travail de terrain a payé !"

"Les QAG, mes pires moments à l’Assemblée…"

Lutter contre le fossé qui s’agrandit davantage, à chaque élection, entre les citoyens et la représentation nationale constitue la priorité de ces députées. "Il faut remettre de la sincérité dans le travail législatif", tranche Sophie Errante. "Oui, il y a des députés qui ne sont là que pour le spectacle…", déplore Brigitte Bourguignon.

Au chapitre des réformes à lancer, les deux députées citent spontanément les séances bi-hebdomadaires des Questions au gouvernement (QAG). "Mes pires moments à l’Assemblée… ", confie Sophie Errante. "La cage aux lions" décrit Brigitte Bourguignon qui se remémore "ces moments de honte" lorsque des groupes scolaires découvrent un hémicycle survolté avec, "au milieu, un ministre qui s’en prend plein la figure ou une élue qui se fait charrier."

"Mieux légiférer"

"La fabrique de la loi est devenue illisible", ajoute Brigitte Bourguignon, qui souhaite "réhabiliter le travail des députés" pour lutter contre l’antiparlementarisme ambiant. "Avec la dernière mandature de Claude Bartolone, les choses sont devenues plus transparentes, mais il y a encore beaucoup à faire", dit-elle. Elle pense aussi aux collaborateurs parlementaires – "ces gens qui sont étroitement liés à notre vie" - et à la nécessité de "mieux asseoir leur statut."

Si elle est élue, Sophie Errante promet de "mieux légiférer" avec "des débats moins longs" et "davantage d’études d’impacts en amont pour faire en sorte que les lois soient mieux construites et réduire le nombre de navettes entre l’Assemblée et le Sénat…"

Comme tous les élus LREM, François de Rugy, Sophie Errante et Brigitte Bourguignon participeront à un séminaire de formation, ce week-end à l’Assemblée nationale. Le mouvement La République en marche devrait désigner son candidat au perchoir en début de semaine prochaine, peut-être en réunion de groupe, mardi matin, quelques heures avant l’élection du président de l’Assemblée nationale prévue en fin d’après-midi.

Une chose est sûre : le prochain président aura fort à faire, avec l’arrivée à l’Assemblée de députés au caractère bien trempé, comme Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. "Ça ne me fait pas peur, lâche Sophie Errante. Je veux faire en sorte que ces gens-là ne soient plus des stars !"