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INFO LCP - ​Le changement de "stratégie" du groupe LaREM à l’Assemblée nationale

Après avoir mené un méticuleux tir de barrage contre les textes défendus par les différentes oppositions depuis le début de la législature, le groupe majoritaire entame cette semaine une mue politique. Explications sur un changement de "stratégie" politique.
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Gilles Le Gendre (à droite), président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, et Amélie de Montchalin, la vice-présidente du groupe.  (AFP / LUDOVIC MARIN Gilles Le Gendre (à droite), président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, et Amélie de Montchalin, la vice-présidente du groupe. (AFP / LUDOVIC MARIN

"Et si on faisait un peu de politique, maintenant ?" Derrière son sourire amusé, ce député de la majorité veut croire en une nouvelle ère pour le groupe La République en marche à l’Assemblée nationale. Faire de la politique ? C’est rompre avec la méthode, employée depuis juillet 2017, consistant à rejeter systématiquement les textes provenant des oppositions, de gauche comme de droite. Et même, souvent, à faire voter des motions de rejet ou de renvoi pour empêcher tout débat. Une attitude qui a provoqué de nombreux ressentiments dans les groupes d’opposition au fil des mois.

Dans les faits, ce changement de paradigme de la majorité va s’illustrer dès maintenant : trois des cinq propositions de loi socialistes, discutées aujourd’hui en commission et la semaine prochaine dans l’hémicycle, seront votées par la République en marche. C’est la nouvelle "stratégie" définie par Gilles Le Gendre et Amélie de Montchalin, les patrons du groupe LaREM à l’Assemblée.

Il faut dire que les textes socialistes – le handicap à l’école, les déserts médicaux et la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques – portent sur des sujets très fédérateurs dans l’opinion. Comment, dans ces conditions, les rejeter d’emblée ?

"Stratégie" au cas par cas

"Si à l’avenir, on est plus ouvert avec les oppositions, ça méritera le plus grand soin quant à notre stratégie…", a précisé Gilles le Gendre devant ses troupes. En clair : à l’avenir, la majorité devra se retrousser les manches pour tirer le bon grain de l’ivraie de chaque texte défendu par l’opposition… Car l’idée n’est évidemment pas de voter ces textes dans leur ensemble : "Nous voterons des amendements de suppression à chaque fois que des articles ne nous conviendront pas", explique un député de la majorité qui ne nie pas que ces textes seront parfois vidés de leur substance...

Et puis, pas question de tout prendre non plus : ainsi, le texte socialiste proposant l’instauration d’un revenu de base devrait être rejeté. Le gouvernement se concentre plutôt sur son revenu universel dont les contours devraient être précisés lors de la semaine de contrôle, début février, à l'Assemblée.