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Motion de censure

Gilets jaunes : la motion de censure des groupes de gauche rejetée

L'Assemblée nationale n'a pas voté la motion de censure déposée par les députés socialistes, GDR et LFI. La séance a été marquée par un vif accrochage entre le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand à propos du calendrier d'examen de cette motion.
6 min
LCPLCP

Seulement 70 voix pour. Jeudi, l'Assemblée nationale a largement rejeté la motion de censure déposée communément par les députés communistes, socialistes et La France Insoumise. Le texte n'avait pas reçu le soutien des députés Les Républicains, premier groupe d'opposition.

Le texte mettait en cause "les annonces faites" par Emmanuel Macron, jugées "ni justes ni responsables" et "pas de nature à répondre à la colère" des Français.

"Moment historique"

La motion de censure a été défendue par le président des députés communistes André Chassaigne, qui a évoqué un "moment historique" et salué la "soif de justice" du mouvement des Gilets jaunes.

Le député du Puy-de-Dôme en a profité pour dénoncer le "mépris de classe" et les "mots blessants" du porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui ont selon lui "contribué à la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui". L'élu communiste a plaidé pour un "nouveau modèle de société", évoquant notamment une hausse des salaires.

Projet de loi déposé mercredi

Le Premier ministre Edouard Philippe lui a répondu en critiquant le dépôt d'une motion de censure contre "un gouvernement qui augmente de 100 euros les travailleurs au SMIC".

Cette mesure, a-t-il d'ailleurs précisé, "s'ajoutera à la baisse des cotisations (sociales) mise en œuvre en 2018" :

Cela veut dire qu'entre janvier 2018 et janvier 2019 la hausse sera plutôt de l'ordre de 125 euros. Edouard Philippe

Le chef du gouvernement a affirmé qu'un projet de loi "resserré" contenant les "mesures d'urgence" souhaitées par Emmanuel Macron sera "déposé en conseil des ministres mercredi prochain".

Strasbourg

La séance a en outre été marquée par l'accrochage entre le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.

Le député PS a mis en cause la majorité, affirmant que son refus de reporter le débat sur la motion de censure était "un choix cynique" revenant à "utiliser le drame de Strasbourg pour mieux cacher la crise".

Une mise en cause qui n'a pas plu du tout à Richard Ferrand, qui a affirmé que "la présidence de l'Assemblée nationale se doit de respecter les décisions unanimes de la conférence des présidents".

N'invoquez pas le cynisme, car le cynique aujourd'hui chacun l'aura reconnu ici ! Richard Ferrand

"Seule une conférence des présidents peut modifier une décision de la conférence des présidents", a affirmé le président de l'Assemblée nationale.

La querelle s'est prolongée en direct sur LCP, puisqu'à l'issue du vote, Olivier Faure a interrompu en plein direct le président des députés LaREM Gilles Le Gendre...

Minute de silence

Autre moment fort de cette motion de censure : Jean-Luc Mélenchon a fait respecter une minute de silence en hommage aux personnes "mortes dans leur engagement de citoyen de gilet jaune".




>> Revivez les moments clés du débat (du plus récent au moins récent) :

Dupont-Aignan prend la parole

Le président de "Debout la France!" est le seul député non inscrit à prendre la parole. Il affirme que le drame de Strasbourg doit entraîner un "changement de politique de sécurité".

Vigier (L&T) dénonce "quarante années de défaillances collectives"

Le co-président du groupe Libertés et Territoires estime que les "racines de la crise sont extrêmement profondes". Son groupe ne votera pas la motion de censure, mais Philippe Vigier estime que cette "abstention n'est en aucun cas un blanc-seing".

Mélenchon fait une minute de silence

Le président du groupe LFI prend du temps sur son intervention pour rendre hommage aux gilets jaunes décédés. La minute de silence est respectée par ses collègues, qui se lèvent. L'élu des Bouches-du-Rhône prône ensuite le rétablissement de l'ISF.

Lagarde (UDI, Agir et Indépendants) pas favorable à la motion

Selon le président de groupe, celle-ci est "hors du temps et hors de propos".

Faure (PS) accuse la majorité d'instrumentaliser l'attaque de Strasbourg

Le premier secrétaire du Parti socialiste estime que la majorité, en refusant de décaler le débat parlementaire comme l'avait demandé son groupe, a opéré un "choix cynique" qui revient à "utiliser le drame de Strasbourg pour mieux cacher la crise".

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand lui répond sèchement à l'issue de son intervention.

Mignola (MoDem) prend la défense d'Emmanuel Macron

Le président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale loue la volonté du chef de l'Etat de continuer les réformes malgré la crise des Gilets jaunes. Patrick Mignola explique que son groupe est favorable à une simple reconduction du CICE.

Duby-Muller (LR) : "Emmanuel Macron a été complètement paralysé"

La députée Les Républicains critique le chef de l'Etat, qui donne selon elle "l'impression de découvrir les préoccupations des Français depuis deux jours". Les mesures annoncées par Emmanuel Macron pourraient, craint-elle, devenir "les impôts de demain".

L'élue ajoute que son groupe ne votera pas la motion de censure.

Le Gendre (LaREM) met en cause les signataires de la motion

Le président du groupe La République en Marche dénonce l"attelage contre-nature" formé par les députés PS, LFI et GDR. Selon Gilles Le Gendre, sa majorité est celle du "pouvoir d'achat" et elle se fixe comme objectif "la fin du scandale des travailleurs pauvres".

Edouard Philippe s'exprime

Le Premier ministre évoque les "divergences" existant entre les groupes GDR, LFI et "Socialistes", signataires de la motion de censure.

Edouard Philippe met en cause la gauche, qui "souhaite censurer un gouvernement qui augmente de 100 euros les travailleurs au SMIC". Le chef du gouvernement assure qu'un "projet de loi resserré" sera déposé mercredi en conseil des ministres afin de mettre en oeuvre "les mesures d'urgence" souhaitées par Emmanuel Macron.

Edouard Philippe ajoute que la hausse de 100 euros au niveau du SMIC s'ajoutera à "la baisse des cotisations mises en oeuvre en 2018" : "La hausse sera (donc) plutôt de l'ordre de 125 euros."

André Chassaigne salue un "moment historique"

Le communiste André Chassaigne défend au nom des trois groupes de gauche la motion de censure. Il a fait l'éloge des Gilets jaunes et critique l'attitude de l'exécutif dans sa gestion de la crise.

Le président du groupe GDR dénonce par ailleurs le "traitement de faveur" des "premiers de cordée" : "C'est cet assistanat des riches qui nous coûte un pognon de dingue."