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François de Rugy a démissionné

Pris dans la polémique après les révélations de Médiapart, le ministre de la Transition écologique et solidaire a présenté mardi sa démission au Premier ministre. Il s'estime victime d'un "lynchage médiatique" et précise avoir déposé une plainte en diffamation contre le site d'information.
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Au centre d'une série de controverses, François de Rugy a décidé de quitter son poste. Une décision sans doute précipitée par la publication mercredi de nouvelles révélations par Médiapart.

Dans un article publié quelques minutes après l'annonce de sa démission, le site d'investigation accuse l'ancien député d'avoir utilisé son indemnité représentative de frais de mandat pour payer une partie de ses cotisations à Europe Écologie-Les Verts (EELV) en 2013 et 2014. Une pratique qui poserait un double problème : l'enveloppe pour frais de mandat n'avait pas vocation à financer les partis politiques et, de plus, François de Rugy s'est servi de ces versements pour défiscaliser son impôt sur le revenu en 2015.

Une optimisation fiscale qui lui a permis de ne pas payer un euro d'impôt cette année-là, comme il l'a lui-même reconnu.

"Mise en cause personnelles et incessantes"

Médiapart avait également publié ces derniers jours une série d'enquêtes qui raconte comment l'ancien président de l'Assemblée nationale a organisé, avec sa femme, des dîners fastueux "entre amis" et "aux frais de la République", ou réalisé "plus de 63.000 euros de travaux, payés par le contribuable, dans les appartements privés" de son ministère. Une présentation des événements que conteste formellement François de Rugy.

Face à une pression devenue trop forte, il explique dans un message sur sa page Facebook pourquoi il a décidé de démissionner :

La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le Président de la République et le Premier ministre. Dès lors, j’ai présenté ma démission au Premier ministre ce matin.Message de François de Rugy sur Facebook, le 16 juillet 2019

Emmanuel Macron a accepté la démission de François de Rugy, "Il s'agit d'une décision personnelle" que le chef de l'Etat "respecte pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement", a indiqué l'Elysée à l'AFP. L'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire s'estime victime d'un "lynchage médiatique" et a déposé une plainte en diffamation contre Mediapart.

Celui-ci justifie aussi sa démission par le souci de protéger la politique environnementale du gouvernement, alors qu'Édouard Philippe a mis l'accent sur ce thème pour la suite du quinquennat. "Je suis trop attaché à l’écologie à laquelle j’ai consacré tout mon engagement militant, pour accepter que notre action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes", écrit l'élu de Loire-Atlantique.

La nouvelle de cette démission surprise intervient une semaine après le début de la polémique, alors que le secrétariat général du gouvernement diligente en ce moment une enquête pour vérifier si les règles ont bien été respectées lors de la rénovation de l'appartement du ministre.

Les premières réactions de la classe politique

Les députés de la majorité n'ont pas tardé à réagir, comme Olivia Grégoire (LaREM) qui appelle désormais les oppositions à ne pas "s'acharner" sur l'ancien membre du gouvernement.

Jean-Baptiste Moreau (LaREM) rappelle selon lui que "rien n'était illégal" et regrette profondément la décision de François de Rugy :

Au contraire, Damien Abad (LR) trouve que cette issue était "inéluctable" :

Pour le député socialiste Luc Carvounas, "la démission du numéro deux du gouvernement" ouvre une "crise nouvelle" :

Mathilde Panot (LFI) rappelle que "les ministres ont un devoir d'exemplarité" et blâme le "bilan" du ministre sortant.

L'ancienne ministre de l'écologie Delphine Batho, qui avait réclamé la démission de François de Rugy, se félicite de la victoire des "valeurs morales" :

Selon Stéphane Peu (PCF), le député de Loire-Atlantique a commis une "fraude fiscale" en 2015 et ne pouvait dès lors plus se maintenir :