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Drame de Furiani

Football: la date du 5 mai sanctuarisée en mémoire du drame de Furiani

Pour assurer la commémoration du drame de Furiani, le député de Haute-Corse Michel Castellani (Libertés et Territoires) a présenté une proposition de loi pour geler la tenue de matchs de football le 5 mai. Examiné dans l'Hémicycle jeudi 13 février, le texte a été adopté à la quasi-unanimité par l'Assemblée nationale.
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On ne jouera plus au football le 5 mai. C'est l'engagement qu'avait pris François Mitterrand au lendemain du drame de Furiani en 1992. L'Assemblée nationale vient de voter une proposition de loi allant dans ce sens. Le 5 mai 1992, à quelques minutes d'un match de Coupe de France entre Bastia et Marseille, une tribune provisoire installée dans le stade Armand-Cesari de Furiani s'était effondrée à quelques minutes du coup d'envoi, faisant 19 morts et 2 357 blessés.


Depuis 27 ans, des associations demandaient qu'aucune rencontre ne soit disputée ce jour-là, en mémoire des victimes. La Ligue professionnelle de football s'y est opposé, faisant notamment valoir des difficultés de calendrier.

Devoir de mémoire

Le député de Haute-Corse Michel Castellani a donc porté ces revendications à travers une proposition de loi examinée dans le cadre de la niche parlementaire de son groupe, Libertés et Territoires. Adoptée par 85 voix contre 1 son texte concerne les rencontres organisées dans le cadre ou en marge des Championnats de France professionnels de football de première et deuxième divisions, de la Coupe de France de football et du Trophée des champions.

La proposition de loi de Michel Castellani a été accueilli favorablement dans l'Hémicycle. Nombreux sont les parlementaires à avoir fustigé l'impératif de rentabilité qui a causé le drame de Furiani. La capacité du stade avait effectivement été doublée en huit jours, pour accueillir davantage de spectateurs pour l'événement. Les mots de François-Michel Lambert (Libertés et Territoires) résument cette amertume collective.

"Derrière cette catastrophe il y a aussi la cupidité de certains acteurs Nous pensons que ne plus jouer de matchs de football professionnels le 5 mai, c'est aussi s'interroger de la place de l'argent dans le foot".François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône (Liberté et territoires)

Appui du gouvernement

Les mots de François Mitterrand en 1992 n'avaient donné lieu à aucune interdiction. C'est en 2015, seulement, qu'une plaque commémorative avait été dévoilée, tandis que le 5 mai 1992 était reconnu comme "drame national". Le ministère des Sports, la Fédération française de football et la Ligue professionnelle de football s'étaient accordés pour interdire la tenue de matchs le 5 mai lorsque cette date correspondait à un samedi.

Une "demi-mesure" selon l'auteur et rapporteur du texte Michel Castellani, qui a salué l'implication de l'actuel gouvernement. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a salué un "geste symbolique" et une "prise de responsabilité" de l'Assemblée nationale.

Durant de nombreuses années le drame de Furiani semble avoir été trop considéré comme principalement un drame régional. (...) Si ce drame s'était déroulé à Bordeaux, à Lille ou Rennes, la dimension nationale aurait-elle sans doute été plus aisément reconnue Roxana Maracineanu, ministre des Sports

Seule voix discordante, la députée de Paris Anne-Christine Lang (LaREM) a voté contre cette mesure, estimant qu'elle "ne relève pas du registre législatif". Un peu plus tôt dans le débat François Pupponi (Libertés et Territoires) avait quant à lui affirmé que les députés étaient "obligés de voter cette loi puisque les instances n'ont pas été au rendez-vous". Adopté par l'Assemblée nationale, le texte va maintenant être transmis au Sénat.