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Exceptionnel : Le gouvernement quitte l’Assemblée après les propos d’un député sur Claude Guéant, évoquant les camps de concentration.

Les membres du gouvernement, le Premier ministre François Fillon en tête, ont quitté mardi la séance des questions au gouvernement après qu’un député apparenté PS a évoqué "camps de concentrations" et "régime nazi" au sujet des déclarations de Claude Guéant sur "les civilisations".
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Serge Letchimy, député de la Martinique, a provoqué le départ en masse des députés UMP et la levée de la séance en déclarant : "Mais vous, M. Guéant vous privilégiez l'ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration" avant de se référer dans le brouhaha au "régime nazi".

Le président de l'Assemblée UMP, Bernard Accoyer, a vainement appelé au calme, puis demandé au ministre des relations au Parlement, Patrick Ollier, resté seul au banc du gouvernement, "si cette intervention appelait une réponse du gouvernement". En l'absence de réponse et alors que l’effervescence ne diminuait pas dans l'hémicycle, il a levé la séance.


"Mr Guéant joue avec le feu depuis longtemps ! "

Fernand Tavarès a interrogé des députés à la sortie de la séance.
Pour Christiane Taubira "Mr Guéant joue avec le feu depuis longtemps !"

Réaction de Christiane Taubira :

Pour le député à l'origine de l'incident : "Nous avons aujourd’hui des dérives extrêmement graves". Ses explications au micro de Fernand Tavarès :

Le gouvernement demande des excuses

Claude Guéant, interrogé un peu plus tard, demande des excuses à la gauche.

François Fillon et plusieurs responsables de la majorité ont demandé à l'opposition de condamner les propos tenus à l'Assemblée par le député apparenté PS Serge Letchimy.

"François Fillon déplore que l'opposition ait choisi d'avoir recours à une provocation indécente lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale", a indiqué Matignon dans un communiqué, peu après la suspension de la séance à l'Assemblée nationale.

Les réactions d'Henri de Raincourt, Hervé Mariton et Jean-Christophe Lagarde :

"Le Premier ministre demande aux responsables de l'opposition de condamner les propos tenus dans l'hémicycle", poursuivent les services de M. Fillon.

"Il est des comparaisons qui font honte à ceux qui les professent", ajoutent-ils. "La France est une démocratie, un Etat de droit dans lequel la parole libre ne saurait servir à salir, même un adversaire politique", selon Matignon.

"Le martyre des victimes de la Seconde Guerre mondiale ne doit pas être galvaudé pour des raisons partisanes", conclut le communiqué.


Un incident "particulièrement grave"

Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), a lui qualifié l'incident de "particulièrement grave" et mis en garde contre la "gravité d'un certain nombre de propos qui peuvent dériver vers des amalgames historiques inappropriés".

Le président du groupe des députés UMP, Christian Jacob, a lui aussi protesté contre les "propos inacceptables" de M. Letchimy.

A la reprise des débats à l'Assemblée, M. Jacob a formellement demandé des excuses au député et au président des députés PS, Jean-Marc Ayrault. "Jamais de tels propos n'ont été tenus dans cet hémicycle", s'est indigné M. Jacob, évoquant des propos "prémédités" et "un texte lu par un parlementaire expérimenté".

Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, a de son côté qualifié d'"inacceptables" ces propos, qui ont, selon lui, provoqué des réactions "légitimes" au sein du gouvernement, qui s'est "senti insulté" par la référence aux camps de concentration. "Il ne s'agit pas de refaire l'histoire", a-t-il ajouté.