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Brexit

En France, le Brexit plonge les politiques entre crainte et espoir

Jeudi, les Britanniques ont voté à 51,9% pour sortir de l'Union européenne. Une "victoire de la liberté" pour le Front National, "un choc historique" pour Alain Juppé, "la fin d'un monde" pour Jean-Luc Mélenchon. Pour tous, le sentiment que le Brexit ne sera pas sans conséquence pour L'Union européenne.
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Les résultats sont tombés tôt vendredi matin. Ce sera "OUT" ! Les Britanniques ont voté à 51,9% pour sortir de l'Union européenne, contre 48,1%, selon les résultats définitifs. Dans la foulée, les bourses européennes s'effondrent et le Premier ministre britannique annonce sa démission à l'automne.

Pour le FN: une "victoire de la liberté"

Ce référendum est une "victoire" aux yeux du Front National. Marine Le Pen s'est exprimée sur Twitter pour demander "le même référendum en France", et en a profité pour changer sa photo de profil pour un drapeau anglais.

Florian Philippot, le vice-président du parti, appelle désormais à une "autre Europe" :

Chez les LR, la volonté d'une "autre Europe"

Alain Juppé, candidat LR à la primaire de la droite, réclame, lui aussi, une autre Europe, après ce "choc historique". "La plus grosse erreur que nous pourrions faire, ce serait de laisser entendre qu'à 27 [pays membres de l'Union européenne], on va continuer comme avant"

Le maire de Bordeaux rejette toute idée de référendum analogue en France, car cela consisterait à "offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen".

Son collègue Gérard Larcher, président du Sénat, appelle François Hollande et Angela Merkel à relancer rapidement l’aventure européenne.

Xavier Bertrand, président LR de la région des Hauts-de-France, demande, lui, la renégociation des accords du Touquet qui fixent à Calais la frontière franco-britannique. Visant à juguler l’immigration clandestine vers le Royaume-Uni, le "traité de Touquet", conclu par Londres et Paris en 2003, a déplacé côté Français le contrôle de la frontière britannique.

De son côté, le candidat à la primaire de la droite, Bruno Le Maire, réitère sa proposition de consulter les Français par référendum sur un nouveau projet tout en appelant la France à "reprendre le leadership" sur la question européenne.

Pour autant, explique-t-il, son idée de référendum, n'a rien à voir avec celui proposé par le FN. Lui ne souhaite pas une sortie de l'UE mais un nouveau projet.

Le référendum du Front national, c'est un référendum négatif. Ma proposition est responsable et positive. D'abord on réinvente le projet: on dit oui l'Europe doit avoir des frontières, la Turquie n'a pas sa place (...) et une fois que ce projet aura été travaillé on le soumettra au peuple français. Bruno Le Maire, candidat à la primaire LR

Un "saut dans l'inconnu" pour une partie de la gauche

La maire de Lille, Martine Aubry redoute que le vote britannique pour une sortie de l'UE n'annonce "d'autres difficultés pour toute l'Europe".

Le Royaume-Uni entre aujourd’hui dans une période d’incertitudes et de difficultés, qui en annonce sans doute d’autres pour toute l’Europe. Martine Aubry, maire PS de Lille

"Jacques Delors a défini les principes d’une Europe digne de son destin : 'la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce, la solidarité qui unit'. C’est pour avoir négligé ces deux derniers piliers que l’Europe n’est pas à la hauteur des défis économiques, sociaux et écologiques. C’est aussi pour cela que l’Europe s’est éloignée des peuples et de leurs espoirs quotidiens", affirme Martine Aubry, qui exhorte l'Europe à "retrouver le chemin du progrès" sans plus attendre.

Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international fait part de sa tristesse :

Même sentiment pour l’eurodéputée Eva Joly qui s’est exprimée sur France Info.

Sur LCI, l'ancien eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit explique "Je croyais à un sursaut de rationalité".

Vous avez déjà vu qu'on sortait d'une dictature par un vote ? La dictature, elle vous envoie des chars. Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé écologiste

L'ancien député européen est convaincu que "ça va continuer" car l’Écosse va vouloir rester dans l'Union européenne et peut-être que l'Irlande du Nord rejoindra la République d'Irlande pour demeurer au sein de l'UE.

Pour le co-fondateur du Parti du gauche, Jean-Luc Mélenchon "c'est la fin d'un monde qui commence avec ce Brexit" a-t-il lancé sur France Info. Sur son blog, il ajoute :

La leçon est que l’Union européenne on la change ou on la quitte. Jean-Luc Mélenchon, co-fondateur du Parti du gauche

Une "onde de choc" pour Bayrou

François Bayrou a regretté le résultat du référendum et la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Cette "onde de choc" va, selon le président du Mouvement démocrate, "naturellement se propager en Europe". Selon lui, une telle décision appelle "des réactions d'hommes d'État, pas de gens qui veulent suivre l'opinion".

Ça n'est pas un petit événement, c'est un événement d'importance continentale et peut-être mondiale, parce que les soubresauts sur l'économie vont être très importants. François Bayrou, président du MoDem

Le Parlement européen, l'un des deux législateurs de l'UE, doit désormais approuver l'accord de retrait conclu entre l'UE et le Royaume-Uni. Sur les 751 eurodéputés, 73 sont britanniques.