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Loi Travail

Loi Travail : revivez la 2e journée de débats dans l'hémicycle

Les députés ont terminé mercredi la discussion générale sur l'article 1 du projet de loi "visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs-ve-s". Ils n'ont toujours pas examiné un seul des 5.000 amendements déposés sur le texte.
7 min
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>> A revoir : VIDEOS - Le meilleur de la 1ère journée des débats dans l'hémicycle

Les députés continuaient mercredi l'examen du projet de loi travail. Ils ont achevé la discussion générale sur l'article 1 du texte.

LCP.fr vous propose une sélection des meilleurs échanges de la journée :

Chassaigne obtient une suspension de séance dès la reprise

Le président du groupe GDR attaque très fort. Il s'en prend à Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement, et demande une suspension de séance. "M. le ministre s'est permis de mettre en cause le travail parlementaire (et) de dire que les amendements déposés n'avaient aucun lien avec le texte et avaient pour seul objectif l'obstruction de nos débats...", déclare André Chassaigne.

"Chacun sait qu'en tenant ces propos (son) seul objectif est de justifier la semaine prochaine l'utilisation du 49.3 et de faire supporter aux députés la responsabilité de cette forfaiture !", s'emporte le député communiste.

Il obtient une suspension de séance d'une durée de 10 minutes.

Les députés unis... pour dénoncer les propos de Le Guen

Les propos du secrétaire d'Etat en charge des Relations avec le Parlement braquent les députés. L'élu LR Gérard Cherpion estime "intolérable" l'attitude de Jean-Marie Le Guen tandis que Catherine Lemorton, la présidente PS de la commission des affaires sociales, regrette la mise en cause de "son appréciation sur les amendements qui sont présentés".

Le député Damien Abad soupçonne le gouvernement de "gagner du temps" afin de pouvoir utiliser l'article 49.3 de la Constitution, et ce pour faire adopter le texte sans vote.

L'élu UDI Francis Vercamer, pour sa part, "aimerait savoir comment vont se dérouler les travaux" : "5.000 amendements, je me demande comment on va faire."

Le frondeur PS Christian Paul ne fera "pas d'obstruction"

Le député socialiste de la Nièvre expose sa position générale sur le texte, "facteur de divisions en France et de désordre dans les esprits". "Il faut (le) réécrire en profondeur", assure-t-il.

Le député frondeur critique l'inversion de la hiérarchie des normes et les dispositions sur le licenciement économique. "Je ne suis pas fermé au dialogue", continue Christian Paul, qui ne fera pas "d'obstruction".

Il évoque aussi - indirectement - l'hypothèse du recours à l'article 49.3 de la Constitution : "Si ce débat est interrompu, dans quelques jours, cela sera un échec politique majeur, d'abord pour le gouvernement."

"C'est le dialogue du renard libre dans le poulailler libre"

Le député socialiste frondeur Pascal Cherki critique, lui aussi, l'inversion de la hiérarchie des normes : "Ce n'est pas le dialogue social, c'est le dialogue du renard libre dans le poulailler libre", estime l'élu de Paris.

Benoît Hamon : "Ce texte va conduire à un allongement de la durée du temps de travail"

L'ancien ministre de l'Education souhaite "débattre jusqu'au bout", "débattre au fond". Benoît Hamon ne se "livrera pas à une obstruction" parlementaire. Il s'opposera cependant à l'inversion de la hiérarchie des normes, qui "encouragera des accords 'moins disant' sur le terrain".

Woerth : "Votre texte est au travail ce que la loi Macron est à l'économie"

Le député LR estime que c'est un projet de loi qui "complique les choses" : "A la fin, le code du travail est augmenté."

Lassalle : "Ce texte donne le sentiment de s'attaquer au code du travail"

Dans son style singulier, Jean Lassalle prend la parole. Il souhaite à Myriam El Khomri d'"avoir un jour un texte à la hauteur de (son) courage". Avant de lancer une critique acerbe : "Mais pour cela il faudra certainement que vous l'écriviez vous même et que vous ne vous le fassiez pas imposer."

"Nous sommes totalement enserrés dans cette politique mondiale du capitalisme spéculatif triomphant", continue le député des Pyrénées-Atlantiques. Jean Lassalle se félicite par ailleurs du "renouveau de la jeunesse française" mais aussi de "Nuit debout" et de "ce merveilleux film Merci Patron !".

Chassaigne : "C'est une erreur historique gravissime"

André Chassaigne critique l'"argumentation fallacieuse" de Myriam El Khomri et un projet de loi qui est un "recul qui fera sauter des digues qui ont été construites pendant des décennies de lutte sociale".

Issindou (PS) : "Défendre ce texte, c'est courageux et je l'assume"

"La lutte contre le chômage passera par un rétablissement de la confiance et par le dialogue social." Le député PS Michel Issindou défend le projet de loi : "Cette loi met au c?ur la négociation collective." "Qui peut refuser la démocratie sociale ?", demande l'élu de l'Isère.

Filippetti : "Tout déplacement de ligne n'est pas forcément synonyme de progrès"

L'ancienne ministre socialiste estime que le projet de loi permet de "réaliser quasi des coups d'état sociaux au sein même des entreprises". Elle fustige aussi "l'inversion de la hiérarchie des normes", qui est "une erreur majeure".

Le plaidoyer de Christophe Borgel en faveur du texte

"Oui, nous préférons un chemin qui est celui d'un compromis raisonné." Christophe Borgel (PS) explique la "double volonté" de la majorité : "construire les protections qui permettent aux salariés d'être protégés" et "construire une visibilité pour les entreprises".

Caresche (PS) s'en prend aux "syndicats", Buffet (GDR) en colère lui répond

Le ton monte. Christophe Caresche, le député PS de Paris, critique les organisations syndicales qui s'opposent au texte : "Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que ces syndicats ne sont plus dans les entreprises".

"Quand je pense qu'un député de gauche peut s'en prendre aux syndicats comme je viens de l'entendre... Combien de lutte des syndicats ont permis de sauver des entreprises ?!", lui répond Marie-George Buffet, énervée.

El Khomri prend la défense des syndicats "réformistes"

"Je ne supporte pas que l'on puisse dire de certains syndicats que ce sont des syndicats aux ordres", s'agace la ministre du Travail.

El Khomri : "Vous n'avez pas le monopole de la défense des salariés"

La ministre du Travail s'adresse aux députés qui s'opposent au texte : "Je n'accepte pas le procès que vous me faites quant à nos objectifs fondamentaux."

Le gouvernement déposera un amendement sur la taxation des CDD

"Cette modulation aujourd'hui elle est possible (...) nous proposerons que les partenaires sociaux doivent moduler les cotisations (et donc rendre la modulation obligatoire)", explique Myriam El Khomri.


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