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Gouvernement Philippe I

La composition du gouvernement d'Edouard Philippe

Le premier gouvernement du quinquennat d'Emmanuel Macron a été annoncé par Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Élysée. Il compte 22 ministres, 11 femmes, 11 hommes, et fait entrer la société civile. Le détail de sa composition sur LCP.fr.
12 min
Les 22 ministres du gouvernement d'Edouard Philippe nommés mercredi 17 mai.Les 22 ministres du gouvernement d'Edouard Philippe nommés mercredi 17 mai.
  • Ministres d'Etats :

Gérard Collomb, 69 ans, ministre de l'Intérieur

Il fut l’un des premiers à encourager Emmanuel Macron à se lancer dans la bataille présidentielle. Une fidélité aujourd’hui récompensée : le sénateur-maire de Lyon décroche la Place Beauvau avec le titre de ministre d’État, un sésame suffisamment attractif pour lui permettre de lâcher la capitale des Gaules qu’il aime tant.

Gérard Collomb devra renouer le lien parfois distendu entre la police et une partie de la population. Le recrutement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires devrait l’y aider.
Une difficulté, peut-être : l’âge du premier flic de France - 69 ans - pourrait constituer un handicap pour ce ministère très exigeant qui vit 24h sur 24, particulièrement en période d’état d’urgence, avec la menace permanente des attentats.

Nicolas Hulot, 62 ans, ministre de la Transition écologique et solidaire

Nicolas Hulot est une prise de choix pour le nouveau gouvernement. Cette figure très médiatique de l’écologie s’empare du poste, créé sur mesure, de ministre de la Transition Ecologique et Solidaire. L’ex vedette de l’émission Ushuaïa tente depuis dix ans de peser en politique, avec plus ou moins de succès, grâce à sa fondation “Nicolas Hulot pour la nature et l’homme”.

En 2007, il propose la signature d’un pacte écologique à tous les candidats, qui pousse Nicolas Sarkozy à organiser le Grenelle de l’environnement. Cinq ans plus tard, Nicolas Hulot se lance sur son nom dans la primaire d’Europe-Écologie-Les Verts mais échoue face à Eva Joly. En 2017, il ne soutient aucun candidat mais se dit plus proche des programmes écologiques de Mélenchon et Hamon que de celui de Macron. Il ne cache pas ses désaccords avec le nouveau président de la République, mais ne l’accable pas non plus, comme il l’expliquait au site Reporterre pendant la campagne : “Emmanuel Macron ne présente pas la même cohérence, la même exigence [écologique que Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon]. Mais je ne peux pas non plus dire qu’il y a rien sur l’écologie dans son programme. Il existe quand même des divergences entre nous, notamment sur la question du nucléaire.” Le voilà désormais aux manettes.

François Bayrou, 65 ans, garde des Sceaux ministre de la Justice

Vingt ans après avoir quitté le ministère de l’Education nationale, François Bayrou revient au gouvernement. Il devient garde des Sceaux.

Maire de Pau depuis 2014, député des Pyrénées-Atlantiques de 1986 à 2012, ancien député européen, François Bayrou avait renoncé à se présenter à l’élection présidentielle au profit d’Emmanuel Macron. Son parti, le Modem, et celui du nouveau président de la République, En marche!, ont scellé un accord en vue des élections législatives, Bayrou et ses amis obtenant environ 80 candidats.


  • Ministres :

Sylvie Goulard, 52 ans, ministre des Armées

Cette Marseillaise d’origine a soutenu Emmanuel Macron dès le 20 décembre 2016 afin de bâtir “une alternative constructive, pro-européenne et ouverte” face aux “extrémistes qui abusent le peuple en feignant de le servir”.

Cette polyglotte (elle parle allemand, anglais, italien) est une spécialiste des questions européennes. Elle commence sa carrière au ministère des Affaires étrangères et au conseil d’État, après Sciences Po et l’ENA. En 2001, elle devient pour trois ans conseillère du président de la Commission européenne Romano Prodi et se spécialise sur les questions communautaires.

Élue en 2009 sous l’étiquette MoDem au parlement européen, réélue en 2014, la nouvelle ministre des Armées aura la lourde tâche de continuer l'oeuvre de Jean-Yves Le Drian. C'est la première femme à occuper ce poste depuis Michèle Alliot-Marie depuis 2007. Elle devra aider aux rapprochements des armées européennes avec la construction d'un Quartier général européen.

Jean-Yves Le Drian, 69 ans, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères

On le disait éreinté par un quinquennat qui l’a vu se propulser au Moyen-Orient, en Asie comme en Afrique, sur les terrains de conflit ou pour des réunions-marathon censées convaincre ses interlocuteurs de la qualité du Made in France en matière militaire… Finalement, « Le Menhir » a accepté la proposition d’Emmanuel Macron de rempiler au gouvernement. Mais pas au ministère de la Défense, poste qu’il a occupé tout au long du quinquennat de François hollande, mais au Quai d’Orsay, en charge de l’Europe et des Affaires étrangères.

Va-t-il pouvoir conserver la tête de la région Bretagne, prouesse déjà réalisée durant le quinquennat de François Hollande en dépit de la règle du non-cumul ? Sans doute, car pour Le Drian, la Bretagne, c’est important. Il la connaît par cœur, collectionnant les mandats depuis près de 40 ans. Son CV est en Breton armé : député du Morbihan, maire de Lorient, secrétaire d’État à la Mer, président de Région, ce fidèle de François Hollande (ils se connaissent depuis 1979) a gagné le respect de ses pairs, à gauche comme à droite, à la Défense, cultivant son étiquette de VRP de l’industrie française de la Défense. Avec un succès certains : plus de 80 de milliards d’euros rapportés à l’État en cinq ans. « Merci, M. Le Drian, merci M. Hollande pour tout ce que vous faites », lui a même lancé Serge Dassault, habituellement très critique contre les gouvernements de gauche…

Richard Ferrand, 54 ans, ministre de la Cohésion des territoires

C’est la consécration pour cet intime d’Emmanuel Macron qui devient ministre pour la première fois de sa carrière, à 54 ans.

Les deux hommes se sont connus en septembre 2014 pour la préparation de la Loi Macron, lorsque le ministre de l’Economie de l’époque missionna Richard Ferrand sur l’avenir des professions réglementées. Au fil de l’eau, les deux hommes sont devenus inséparables, Ferrand devenant le point d’ancrage du ministre à l’Assemblée nationale. Rien d’étonnant à ce qu’il fut même le premier parlementaire à soutenir ouvertement la démarche présidentielle d’Emmanuel Macron, l’an dernier.

Cet aveyronnais d’origine Richard Ferrand - qui a conservé cet accent rocailleux qui affleure lors de ses fréquents agacements, contre la presse notamment -, n’est pas à proprement parler un professionnel de la politique. Il fut patron d’une agence de graphisme de presse avant de diriger en 1993 les Mutuelles de Bretagne jusqu’en juin 2012 pour devenir député socialiste du Finistère. Cinq ans plus tôt, il avait échoué de moins de 300 voix contre son adversaire de droite…

Agnès Buzyn, 54 ans, ministre des Solidarités et de la Santé

Pour remplacer Marisol Touraine, Edouard Philippe est allée chercher une médecin et chercheur qui présidait la Haute autorité de Santé depuis l’an dernier. Les professionnels du secteur la connaisse pour avoir dirigé durant près de 20 ans une unité de soins intensifs et de greffe de moelle à l’hôpital Necker, à Paris.

Françoise Nyssen, 65 ans, ministre de la Culture

Cette figure de l’édition, née à Bruxelles, est la co-directrice d'Actes Sud. C'est sa maison d'édition qui publie les lauréats du prix Goncourt Mathias Enard, Jérôme Ferrari et Laurent Gaudé. Elle a reçu le grade d'officier de la légion d'honneur en 2013.

Bruno Le Maire, 48 ans, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie


Au soir du premier tour de la présidentielle, le 23 avril, il avait été la première personnalité de droite à se dire “prêt à travailler dans une majorité de gouvernement" autour d’Emmanuel Macron. C’est maintenant chose faite. Même s’il n’a recueilli que 2,4% lors de la primaire à droite, le député de l’Eure (qui fut Secrétaire d’État aux affaires européennes puis ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche dans les gouvernements Fillon), constitue l’une des grosses prises du nouveau gouvernement.

Muriel Pénicaud, 62 ans, ministre du Travail

Muriel Pénicaud était la directrice générale de BusinessFrance, un établissement public dont le but est "d'aider les PME et les entreprises de taille intermédiaire à mieux se projeter à l'international". Elle fut conseillère au ministère du Travail lorsque Martine Aubry occupait ce poste, mais aussi DRH de Danone. Elle a également été administratrice de la SNCF et d'Orange.

Jean-Michel Blanquer, 52 ans, ministre de l'Education nationale

Pour succéder à Najat Vallaud-Belkacem, Edouard Philippe et Emmanuel Macron sont allés chercher une personnalité de la société civile.

Classé à droite, Jean-Michel Blanquer dirigeait l’ESSEC (une école de commerce réputée), après avoir été le directeur général de l’enseignement scolaire et piloté la direction de l’académie de Créteil.

Jacques Mézard, 69 ans, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

Le nouveau ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation a été l’un des premiers sénateurs à rejoindre Emmanuel Macron. “Macron incarne le renouveau. Il est capable de faire le pont entre nos valeurs et la modernité”, confiait-il à La Montagne en décembre. Président du groupe radical au Sénat et élu à la Chambre haute depuis 2008, Jacques Mézard est avocat de profession. Il oeuvre depuis plusieurs semaines à la création d’un groupe La République en Marche au Sénat.

Gérald Darmanin, 34 ans, ministre de l'Action et des Comptes publics

Peu connu du grand public, ce jeune loup de 34 ans n’en demeure pas moins une belle prise de guerre pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Il incarne en effet la génération montante au sein du mouvement Les Républicains. Petit-fils d’un juif maltais et d’un harki, fils d’un tenancier de bar devenu bouquiniste et d’une femme de ménage, Gérald Darmanin est surnommé « Darmalin » par ses camarades qui évoque son ambition sans limite.
Son parcours politique commence en 2007 lorsqu’il devient le directeur de campagne du député Christian Vanneste, tout juste condamné pour des propos homophobes. Élu député, Gérald Darmanin est réélu en 2012 mais démissionne début 2016, règle du non-cumul oblige, après avoir été élu vice-président des Hauts-de-France, sous le magistère de l’un de ses mentors en politique, Xavier Bertrand. Lequel a refusé la main tendue d’Emmanuel Macron pour rejoindre le gouvernement.

Frédérique Vidal, 53 ans, ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

Présidente de l'Université Nice Sophia Antipolis, Frédérique Vidal est titulaire d'un doctorat en sciences de la vie. En 1995, elle rejoint l'université de Nice comme maître de conférences et devient professeur des Universités en 2004.

Annick Girardin, 52 ans, ministre des Outre-mer


Ministre sortante de la Fonction publique et conseillère territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 17 ans, Annick Girardin devient ministre des Outre-mer. Députée de Saint-Pierre-et-Miquelon de 2007 à 2014, elle est membre du Parti radical de gauche. Avec Jean-Yves Le Drian, elle est la seule ministre de François Hollande reconduite par Emmanuel Macron.

Laura Flessel, 45 ans, ministre des Sports

C'est une des surprises de la journée : la championne olympique Laura Flessel est nommée ministre des Sports. Cette ancienne athlète, surnommée "La guêpe", est la plus décorée des escrimeuses françaises. Membre du conseil économique social et environnemental de 2010 à 2015, elle s'était récemment impliquée dans la candidature de Paris aux JO 2024.


  • Ministres délégués :

Elisabeth Borne, 56 ans, ministre auprès de Nicolas Hulot chargée des Transports

Cette polytechnicienne de 56 ans était à la tête de la RATP depuis mai 2015, après avoir été directrice de cabinet de Ségolène Royal pendant une année lorsque celle-ci était ministre de l'Ecologie. La nouvelle ministre fut également préfète de la région Poitou-Charentes entre février 2013 et avril 2014.

Marielle de Sarnez, 66 ans, ministre auprès de Jean-Yves Le Drian chargée des Affaires européennes

Députée européenne depuis 1999, vice-présidente du @MoDem, cette proche de François Bayrou intègre pour la première fois un gouvernement. Elle travaillera au côté de Jean-Yves Le Drian au Quai d’Orsay. À noter qu’elle est également candidate En Marche-Modem aux législatives à Paris.


  • Secrétaires d'Etats :

Christophe Castaner, 51 ans, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le parlement et porte-parole du gouvernement

Compagnon de route du candidat Emmanuel Macron, le député des Alpes-de-Hautes-Provence aura la lourde tâche de gérer les relations avec les députés et de créer les majorités d’idées voulues par le nouveau président de la République.
Le nouveau ministre des Relations avec le Parlement est aussi nommé porte-parole du gouvernement Philippe. À 52 ans, le juriste de formation a une longue expérience d’élu local comme maire de la petite ville de Forcalquier. En 2015, il arrive troisième au premier tour des élections régionales pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et retire sa liste au profit de celle de Christian Estrosi, pour faire battre le FN. Après trente ans de militantisme au parti socialiste, il "suspend" son adhésion au PS en mars.

Marlène Schiappa, 34 ans, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes

Consécration pour la fondatrice de l’association Maman travaille, qui a été quelques moi membre du cabinet de Laurence Rossignol, avant de diriger le pôle “égalité femmes-hommes” au sein du mouvement En marche!. “Où sont les violeurs ?”, son dernier livre, est paru en février 2017 aux éditions de L’aube.

Sophie Cluzel, 56 ans, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées

Cette mère de quatre enfants dont une atteinte de trisomie, est notamment présidente de la fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (FNASEPH).

Mounir Mahjoubi, 33 ans, secrétaire d'Etat chargé du Numérique


“Soyez prêts à voir de nouveaux visages”, avait-il prévenu à la télévision, le soir de la victoire d’Emmanuel Macron, le 7 mai. Pari tenu : à 33 ans, ce novice en politique entre ou gouvernement.
Au cours des dernières semaines, le geek Mounir Majhoubi a affiché l’étendue de ses connaissances informatiques, détaillant à l’envie les contours du piratage de milliers d’emails de l’équipe de campagne du candidat d’En Marche !.
Le nouveau ministre est un entrepreneur en herbe, créateur de nombreuses start-ups. Un profil qu’affectionne le nouveau chef de l’État. Alors, Mounir Majhoubi sera-t-il un bon ministre ? Sa feuille de route est en tout cas toute tracée : le développement tous azimuts de l'économie numérique avec la numérisation des services de l'Etat, la transformation digitale des PME/TPE et l'accès à internet des populations les plus fragiles.


Le premier Conseil des ministres se déroulera le jeudi 18 mai à 11 heures.