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Terrorisme

La violente charge de François Hollande contre les "surenchères" de la droite

Le chef de l'Etat s'est exprimé jeudi matin devant le think thank Terra Nova et la Fondation Jean-Jaurès, salle Wagram, à Paris. Un discours avec, en permanence, en toile de fond, l'élection présidentielle de 2017. Retrouvez ici les meilleurs moments de l'allocution.
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Violente charge contre la droite : "Je les entends, ils battent les estrades (...) Leur imagination est sans limites et prends des tours inquiétants..."

François Hollande dénonce "l'état d'exception" que voudrait mettre en place, selon lui, l'opposition. "Au XXe siècle, dit-il, c'est quand la République a tenu bon qu'elle s'est élevée, et c'est quand elle a cédé qu'elle s'est perdue".

"La liberté n'est pas un handicap, elle est notre premier atout", assure le chef de l'Etat, qui dénonce les "surenchères" de la droite dans la campagne de la primaire. "La liberté, ce principe simple, essentiel, certains ne l'ont pas compris. Je les entends, ils battent les estrades, ont recours à des surenchères pour mieux se distinguer à l'intérieur de leur camp. Leur imagination est sans limites et prends des tours inquiétants. Pour défendre le droit, voilà qu'il faudrait commencer à l'abaisser ? Recourir à des internements dans des camps ? Enfermer les suspects sans discernement et sans jugement ?"

Le chef de l'État met en garde face aux "reniements qui seraient autant de renoncements" et qui, au final, n'assureraient "nullement la protection des Français".

"Les principes constitutionnels ne sont pas des arguties juridiques", assure le président de la République qui file l'anaphore : "Argutie juridique, la liberté d'aller et venir ? Argutie juridique, la liberté d'expression ? Argutie juridique, la liberté de culte ? Argutie juridique, la présomption d'innocence, bien commode à brandir quand il s'agit de plaider pour son propre compte ?" Une allusion à Nicolas Sarkozy qui avait qualifier d'"arguties juridiques" certaines dispositions de notre État de droit (la Constitution, la Convention européenne des droits de l'homme...).



"Que notre cohésion soit notre protection !"

Dans un deuxième temps, François Hollande défend son bilan contre le terrorisme. Pour lui, "La seule voie qui vaille" contre l'Etat islamique ? L'Etat de droit, la loi et la cohésion nationale contre la tentation "de la revanche, cette volonté d'éradiquer". "Qui peut dire que nous n'avons pas tout fait pour soutenir l'action de nos policiers, de nos gendarmes et de nos soldats ?!"

Le chef de l'État a égrené son bilan : la création de 9 000 postes dans les forces de sécurité, le vote de trois lois antiterroristes, la fin de la baisse des moyens budgétaires pour l'armée - en opposition aux baisses votées sous les gouvernements de droite. Et de mettre en garde contre "la fin de notre cohésion". "Si les démocraties se tournent le dos, emportées par le sauve-qui-peut, le chacun-pour-soi, voire même la passion nationaliste, alors l'issue de la bataille contre le terrorisme s'éloignera? Toute la puissance de l'Etat sera engagée pour vaincre l'ennemi. Nous vaincrons. A une seule condition : que notre cohésion soit notre seule protection !"


"Voilà pourquoi j'agis..."

"Il est toujours plus commode d'opposer les uns les autres en prétendant qu'il y aurait ?eux et nous' au sein même de la communauté nationale." François Hollande explique "pourquoi (il) se bat" : le chef de l'Etat affirme vouloir "préserver et renforcer notre cohésion", qui n'est pas, ajoute-t-il, "l'uniformité".

Evoquant d'éventuelles ambitions électorales en vue de 2017, le président de la République assure que « l'essentiel est en cause » et promet que s'il s'exprime sur le sujet de la démocratie et du terrorisme, « ce n'est pas simplement parce que nous sommes proches des échéances ».

Face à « la provocation qui attise » et « la stigmatisation qui blesse », François Hollande se pose également en défenseur de la « mesure ».



Hollande fixe les 5 enjeux de la prochaine campagne

Le président de la République évoque les prochaines échéances électorales, lors desquelles les Français "jugeront des résultats, des personnalités (et) des projets". Il en profite pour fixer ce qu'il estime être les "enjeux" de la future campagne : "La protection des Français, la cohésion nationale, le modèle social, la conception de la démocratie, la place de la France en Europe et dans le monde".



Burkini : "Pas de législation de circonstance"

François Hollande souligne "l'attachement" des musulmans de France "aux valeurs de la République". "L'islam peut-il s'accommoder de la laïcité ? (?) Ma réponse est oui, clairement oui. L'immense majorité de nos compatriotes musulmans nous en donne chaque jour la preuve."

Puis il renverse également son questionnement : "La question se pose donc aussi à la République : est-elle réellement prête à accueillir en son sein une religion qu'elle n'avait pas prévue avec cette ampleur, il y a plus d'un siècle ? Là aussi je réponds oui, clairement oui. Rien dans la laïcité ne s'oppose à la pratique de l'Islam en France pourvu qu'il se conforme à la loi."

François Hollande revient également sur la polémique relative au port du burkini, sans pour autant prononcer une seule fois ce mot : "Tant que je serai président de la République, il n'y aura pas de législation de circonstance, aussi inapplicable qu'inconstitutionnelle." Le chef de l'Etat affirme que "nos lois suffisent (et qu')il faut les appliquer."


"Réduire le cumul des mandats dans le temps"

Répondant à la volonté de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite et du centre, de revenir sur le non-cumul d'un mandat de député avec un exécutif local, François Hollande s'est dit "fier" de cette mesure. "Il y en a qui veulent revenir là-dessus. Bel exemple de compréhension de l'évolution de la société !", a taclé le président de la République.
François Hollande souhaite aller "plus loin encore en réduisant le cumul des mandats dans le temps". Et le président de mettre en garde contre la "politique faible" qui serait le "reflet de toutes les turpitudes."