twitter facebook chevron-right
Syrie

Edouard Philippe : "Nous ne sommes pas entrés en guerre contre la Syrie"

Devant les députés, le Premier ministre a justifié lundi les frappes menées le week-end dernier en affirmant que le régime de Bachar Al-Assad a "franchi la ligne rouge"... tout en précisant que "l'ennemi" de la France demeurait Daech.
2 min

"En Syrie, l'utilisation de l'arme chimique n'est pas prétendue : elle est avérée, répétée, démontrée !" Lundi soir, Edouard Philippe a justifié devant les députés la décision française de frapper plusieurs installations syriennes dans la nuit de vendredi à samedi.

"Le 7 avril dernier, la ligne rouge a été franchie", a expliqué le Premier ministre, évoquant "la responsabilité des forces armées syriennes" dans l'utilisation d'armes chimiques.

"Pas un prélude à une guerre"

Edouard Philippe, qui a dénoncé la "stratégie de terreur" du régime de Bachar Al-Assad, a toutefois assuré que "cette intervention n'est pas un prélude à une guerre".

"Nous ne sommes pas entrés en guerre contre la Syrie, ou contre le régime de Bachar Al-Assad : notre ennemi, c'est Daech", a martelé le Premier ministre, dont l'action a reçu le soutien de Richard Ferrand (LREM) et Marc Fesneau (MoDem).



"Singularité de la France"

Pour sa part, le président du groupe Les Républicains Christian Jacob a mis en cause la décision du chef de l'Etat d'agir en dehors du cadre des Nations Unies : "En nous alignant sur les positions américaines, nous renonçons à une forme de singularité de la France."

Même critique de la part de Jean-Luc Mélenchon, qui a jugé que cette action "sans mandat de l'ONU" est "sans doute le coup le plus important porté à la diplomatie" française.



Le président du groupe La France Insoumise a estimé par ailleurs que les frappes menées en Syrie pouvaient être assimilées à une déclaration de guerre :



Devons-nous considérer que bombarder trois usines ce n'est pas une déclaration de guerre et que par conséquent à Pearl Harbor, ce n'est pas la guerre qui a commencé ?Jean-Luc Mélenchon

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle a affirmé qu'il aurait été préférable d'établir dès le mois de mai "un protocole", discuté à l'Assemblée nationale, visant à "châtier ceux qui viendraient à utiliser les armes chimiques".