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Législatives 2017

Élus qui rempilent, petits nouveaux et recalés : les candidats de Macron aux législatives

La République en marche a présenté jeudi une première liste de 428 candidats - sur 577 - aux législatives. On y retrouve quelques têtes connus, comme le mathématicien Cédric Villani ou Gaspard Gantzer, le communicant de François Hollande à l'Élysée. Plus de la moitié des candidats est issue de la société civile et la parité serait respectée. Seuls vingt-quatre députés sortants, principalement socialistes, ont été investis. Et au moins quatre candidats ont été investis par erreur.
5 min

Reportée à de multiples reprises pendant la campagne présidentielle, la présentation (à 75%) des candidats du mouvement d'Emmanuel Macron aux législatives a enfin eu lieu jeudi. Au total, 428 aspirants députés, une liste qui sera complétée d'ici à la semaine prochaine, le mouvement présidentiel espérant des ralliements de dernière minute d'élus de droite et du centre - encore rares à l'heure actuel.

Richard Ferrand, secrétaire général de La République en marche, a assuré que 52 % des candidats investis sont issus de la société civile et n'ont donc jamais été élus. La moyenne d'âge est de 46 ans et seuls 5% des candidats sont des députés sortants, la plupart socialistes.

Manuel Valls, qui avait sollicité tardivement l'investiture En marche!, n'a pas rempli le critère du renouvellement, car il a déjà effectué "trois mandats de parlementaires", a expliqué Richard Ferrand. Néanmoins, dans un souci de "rassemblement", En Marche! ne présentera pas de candidat macroniste face à lui.

LCP.fr vous propose de découvrir les noms des principaux candidats :

Les élus qui rempilent

Parmi les candidats déjà députés et investis par le mouvement d'Emmanuel Macron, on retrouve presque exclusivement des élus qui siégeait au groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), soit la majorité présidentielle sortante :

Richard Ferrand (6e Finistère), Christophe Castaner (2e Alpes-de-Haute-Provence) François-Michel Lambert (10e des Bouches-du-Rhône), Jean-Jacques Bridey (7e Val-de-Marne) François Dumas (1re Gard), Patrick Vignal (9e Hérault), Olivier Véran (1re Isère), Florent Boudié (10e Gironde) Jean-Yves Caullet (2e Yonne), Yves Daniel (6e Loire-Atlantique), Barbara Pompili (2e Somme), François de Rugy (1re Loire-Atlantique), Monique Iborra (6e Haute Garonne), Sophie Errante (10e Loire-Atlantique), Stéphane Travert (3e Manche), Paul Molac (4e Morbihan), Brigitte Bourguignon (6e Pas-de-Calais), Jean-Louis Touraine (3e Rhône), Yves Blein (14e Rhône) et Frédéric Barbier (4e Doubs).

Selon nos informations, les radicaux de gauche Alain Tourret (6e Calvados) et Jacques Krabal (5e Aisne) vont aussi être investis par le parti macroniste.

Les candidats issus de la droite

Pour l'équipe Macron, les prises à droite et au centre sont pour l'heure très limitées. On distingue les juppéistes Marie Guevenoux (8e Essonne) et Aurore Bergé (10e Yvelines), le chiraquien Hugues Renson (13e Paris) et la conseillère municipale UDI de Vitré Christine Cloarec (5e Ille-et-Vilaine).

L'ouverture à la société civile

Promesse répétée du nouveau président de la République, l'ouverture à la société civile semble être un engagement tenu. Le mathématicien Cédric Villani (5e Essonne) et le sociologue Jean Viard (5e Vaucluse) décrochent l'investiture, comme le compagnon de route de Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin (1ère Maine-et-Loire).

Les anciens juges d'instruction Laurence Vichnievsky (3e Puy-de-Dôme) et Eric Halphen (2e Calvados) sont également retenus. Citons enfin le cofondateur de la société de jeus vidéos Infogrames Bruno Bonnell (6e Rhône), l'ex patron du RAID Jean-Michel Fauvergue (8e Seine-et-Marne) et l'avocat, fondateur des "Jeunes avec Macron", Sacha Houlié (2e Vienne).

La garde rapprochée de Macron

On retrouve également ceux qui ont œuvré au cœur de la campagne d'Emmanuel Macron, comme son porte-parole Benjamin Griveaux (5e Paris) ou Stanislas Guérini (3e Paris), chargé de la coordination des antennes locales d'En marche.

L'entrepreneur et ex président du Conseil national du numérique, Mounir Mahjoubi (16e Paris), fait aussi partie des fidèles investis.

Un fidèle de Hollande

Surprise, Gaspard Gantzer (2e Ille-et-Villaine), 37 ans, portera également les couleurs du nouveau président. Il était chargé de la communication élyséenne depuis 2014 et fut à ce titre un des plus proches collaborateurs de François Hollande. Il est aussi le camarade de promotion à l'ENA d'Emmanuel Macron.

(Correction 13 mai) : Finalement, Gantzer renonce à l'investiture face à l'hostilité qu'a suscitée sa candidature localement.

Les premiers couacs

Le président du rugby club toulonnais, Mourad Boudjellal, qui avait pris fait et cause pour le candidat Macron au point de prendre la parole à son meeting de Bercy, est investi dans le Var... mais dément finalement être candidat. Un couac qu'a reconnu l'équipe d'En marche.

Le radical de gauche Stéphane Saint-André (9e Pas-de-Calais), qui figure également sur la liste, refuse l'investiture : "Je refuse cette investiture car je n’ai pas pour l’instant une parfaite information des engagements que je devrai prendre et je suis inquiet d’une éventuelle nomination au poste de premier ministre d’Edouard Philippe qui est un opposant farouche au canal Seine Nord", écrit-il sur sa page Facebook.

Autre parlementaire sortant, le socialiste François Pupponi (8e Val-d'Oise) dit dans un communiqué n'avoir "jamais sollicité l'investiture" qui lui a pourtant été donnée ce jeudi par le mouvement d'Emmanuel Macron.

Augustin Augier, cofondateur d'une ONG humanitaire, investi dans la 9e circonscription des Français de l'étranger, dément aussi dans un tweet être candidat :

Les recalés

Des élus socialistes n'ont pas reçu l'investiture présidentielle alors qu'ils la visaient : Manuel Valls, le député Malek Boutih ou l'ex secrétaire d'État Jean-Marie Le Guen. Ce dernier n'a cependant par de candidat macroniste en face de lui dans la 9e circonscription de Paris.

Des tenors LR épargnés... pour l'instant

Plusieurs figures du parti Les Républicains et considérées comme "Macron compatibles" n'ont pour le moment aucun candidat La République en Marche face à eux. C'est le cas de Bruno Le Maire (1re Eure), Franck Riester (5e Seine-et-Marne), Gilles Boyer (8e Hauts-de-Seine), Laure de la Raudière (3e Eure-et-Loir), Thierry Solère (9e Hauts-de-Seine), Nathalie Kosciusko-Morizet (2e Paris).

On ne trouve pas non plus de candidats LREM dans les anciennes circonscriptions de Christian Estrosi (5e Alpes-Maritimes), Benoist Apparu (4e Marne) et Arnaud Robinet (1re Marne).

(Correction 12 mai) : contrairement à ce que nous indiquions jeudi 11 mai, François Loncle (PS) n'a pas brigué d'investiture à En Marche.