twitter facebook chevron-right
Elections européennes 2019

Élections européennes et ingérence étrangère : la mise en garde de Richard Ferrand et de ses prédécesseurs

Face à la volonté de Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump, d'influencer les élections européennes, le Président de l’Assemblée nationale et cinq de ses prédécesseurs signent une tribune dans Le Figaro appelant à dire non à ce qu’ils estiment constituer une "ingérence étrangère".
Moins de 2 min

Richard Ferrand, François de Rugy, Claude Bartolone, Patrick Ollier, Jean-Louis Debré et Louis Mermaz, ils sont six, l'actuel président et cinq ex-présidents de l’Assemblée nationale à dénoncer une tentative de double ingérence américaine et russe afin d’influencer les élections européennes. « Pour combattre une Europe rendue responsable de tous les maux, il faudrait suivre les injonctions lancées depuis une suite d’un grand palace parisien par un conseiller de l’ombre de Donald Trump, recyclé en lobbyiste multicarte de l’Internationale populiste ».

Sans citer explicitement le Rassemblement national, le texte n'hésite pas à cibler "le parti de l'étranger". "Le parti de l'étranger c'est ce nationalisme de dominés qui, en sabotant l'Europe, ne tend en réalité qu'à vassaliser les peuples aux États-continents militarisés. Au lieu d'une France forte dans une Europe forte, les populistes préféreraient une France seule, comme si l'isolement et l'autarcie n'avaient pas toujours mené au déclin", écrivent les signataires.

Visant nommément Steve Bannon, qui ne cache pas ses intentions de jouer un rôle dans l’orchestration d’un grand mouvement populiste européen, les auteurs de la tribune mettent en garde contre les risques liés à cet isolement de la France. "Plus jamais notre continent ne sera un champ clos où s’affrontent des géants. Les méga-puissances économiques et militaires d’aujourd’hui ont peut-être envie d’exercer une sorte de protectorat sur de petits États, fragilisés, divisés, balkanisés ; nous ne voulons pas d’une telle fragmentation". Et de conclure : "Non, la Nation assemblée ne peut recevoir d’ordres. Dimanche, les Français voteront, en leur âme et conscience (…) Pour que ni l’Amérique ni la Russie ne nous dicte notre conduite. Pour qu’aucun des alliés et financiers du populisme ne nous conduise dans l’impasse. Pour que les Européens demeurent maîtres de leur destin."