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Primaire à droite

Education : ce que proposent les candidats à la primaire de la droite

Autonomie des établissements scolaires, développement de l'apprentissage, aide aux élèves en difficulté : si les sept candidats partagent le même diagnostic, les modalités de mise en oeuvre peuvent varier…
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

L'éducation ? C'est la "mère des réformes", estime Alain Juppé. Si le maire de Bordeaux a publié il y a plus d'un an son livre-programme sur l'éducation, les six autres candidats à la primaire de la droite lui ont rapidement embrayé le pas.

À la lecture de leur programme, on distingue de nombreux points de convergence qui dessinent le projet que mettra en place la droite républicaine en cas de victoire, en 2017.

Autonomie des établissements

C'est l'élément qui fait le plus consensus : les sept candidats veulent tous donner davantage d'autonomie aux établissements scolaires. L'objectif est de permettre aux chefs d'établissement de recruter librement et d'évaluer les professeurs (Nathalie Kosciusko-Morizet), d'organiser le temps scolaire et de constituer des classes et des groupes de niveau (Nicolas Sarkozy).

Une proposition qui découle de la volonté, partagée par certains candidats, de mettre fin au collège unique : Bruno Le Maire veut faire de la classe de seconde l'année de l'orientation, tandis que Jean-François Copé préfère mettre en place un "collège commun" dans le but de favoriser "l'insertion professionnelle des jeunes".

Alain Juppé souhaite même permettre aux collèges et lycées qui le souhaitent de fixer eux-mêmes le volume horaire des disciplines. Seule Nathalie Kosciusko-Morizet défend le collège unique, qu'elle qualifie d'"acquis".

Favoriser l'apprentissage

Pour favoriser cette différenciation des parcours, les candidats à la primaire de la droite misent sur le développement de l'apprentissage. Jean-François Copé veut le rétablir dès l'âge de 14 ans et Nicolas Sarkozy souhaite en faire la filière de droit commun pour l'obtention d'un bac professionnel.

François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire entendent réduire le coût de l'apprentissage pour les entreprises, via des suppressions de charges, la simplification du contrat d'apprentissage ou des aides ciblées. Enfin, Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé proposent de laisser la gestion de l'apprentissage aux régions.

Suspension des allocations familiales en cas d'absentéisme

Alain Juppé et François Fillon veulent suspendre les allocations familiales pour les parents dont l'enfant serait trop souvent absent en classe. Nicolas Sarkozy va plus loin : il propose la création d'un service militaire obligatoire pour les "décrocheurs", financé sur le budget de l'Education nationale. Si certaines familles refusaient cette option, alors elles ne pourraient plus "prétendre à aucune aide sociale".

Prenant le contre-pied de l'ancien président de la République, Jean-François Copé propose pour sa part un service national obligatoire de six mois pour l'ensemble des jeunes "au sortir du cycle d'enseignement obligatoire". Celui que prône Jean-Frédéric Poisson serait "d'au moins 10 mois".

Aide aux élèves en difficulté

Alain Juppé évoque la création de petits groupes de 4 à 5 élèves tandis que Jean-François Copé parie sur deux évaluations nationales en CE1 et en CM2 qui serviraient de base à un suivi individuel.

Le député de Seine-et-Marne veut également réhabiliter le RASED (réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté) dont les moyens avaient été réduits lors du quinquennat de... Nicolas Sarkozy.

La maîtrise du français

Les candidats veulent renforcer l'apprentissage du français mais pour y parvenir, les solutions divergent. Nicolas Sarkozy souhaite par exemple interdire le passage en CE1 des enfants qui ne maîtrisent pas la lecture. Jean-François Copé propose au contraire de supprimer le redoublement, sauf cas exceptionnels.

Pour sa part, Jean-Frédéric Poisson veut rendre obligatoire la maîtrise de la langue française, à l'oral comme à l'écrit, dès les premiers niveaux de l'école primaire. Les élèves doivent commencer l'apprentissage de la lecture dès la grande section de maternelle, propose François Fillon, qui veut consacrer 3/4 des enseignements à l'apprentissage de la lecture, du calcul, de l'écriture et de l'histoire-géographie.

Dans la même veine, Nathalie Kosciusko-Morizet veut augmenter l'apprentissage des maths et du français pour les élèves en difficulté alors que Jean-François Copé et Bruno Le Maire veulent augmenter le nombre d'heures de français pour tous les élèves. Bruno Le Maire veut aussi développer des aides personnalisées pour les enfants qui connaissent moins de 500 mots en fin de grande section de maternelle.

Programmes scolaires, chronologie historique

Sur la question - très politique - des programmes scolaires, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire s'opposent à Alain Juppé. Si celui-ci assure que "ce n'est certainement pas aux responsables politiques d'écrire l'histoire", l'ancien président de la République assure au contraire que "les manuels scolaires sont là pour faire connaître et aimer notre pays, jamais pour le culpabiliser".

Bruno Le Maire va plus loin et propose d'associer le Parlement à la construction des programmes scolaires. Cet interventionnisme rejoint celui de Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy, qui souhaitent rétablir la chronologie dans l'apprentissage de l'histoire de France.

Les candidats mettent par ailleurs en cause les réformes mises en place par l'actuelle majorité. Alain Juppé et Bruno Le Maire se prononcent contre l'abandon du latin ; Nicolas Sarkozy veut supprimer la réforme des rythmes scolaires, alors que Bruno Le Maire et Alain Juppé souhaitent laisser les communes décider de le faire ou non.

Hausse du salaire des profs et port de l'uniforme

Comme Jean-François Copé et Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire prônent une augmentation de la rémunération des professeurs, mais ils la conditionnent à une hausse de leur temps de présence dans l'établissement.

Dans un autre domaine, Alain Juppé et François Fillon évoquent la possibilité de rétablir l'uniforme dans certains établissements, tandis que Jean-François Copé veut en faire un "principe". Il propose également d'organiser dans tous les établissements, au moins une fois par mois, une cérémonie de levée du drapeau lors de laquelle les élèves chanteraient la Marseillaise.

Parmi les mesures plus atypiques, on recense la volonté de François Fillon de revenir sur l'interdiction des devoirs à la maison pour les élèves de primaire, celle d'Alain Juppé de défendre l'enseignement des langues régionales ou celle de Jean-Frédéric Poisson de faciliter l'installation des écoles "hors contrat", en particulier dans les zones d'urgence éducative.

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