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Présidentielle 2017

Du général de Gaulle à Macron, chacun sa façon d'annoncer sa candidature à la présidentielle

Allocution télévisuelle, fax, interview à la presse régionale, billet de blog... Par leur mode d'entrée en campagne, certains candidats ont parfois bien mal engagé le combat de leur vie. Retour sur les exemples les plus illustres... ou les plus piteux.
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C'est fait. Après deux mois de (faux) suspens, Emmanuel Macron est enfin devenu candidat. L'ancien ministre de l'Économie l'a annoncé mercredi matin à Bobigny, entouré de ses partisans et (surtout) de près de 200 journalistes, dans un centre d'apprentissage.


Une déclaration sur le terrain, pour tenter d'imprimer la marque d'un homme "en marche". Une évidence à l'heure où les politiques craignent plus que tout de paraître "coupés" du peuple ? Il n'en a pas toujours ainsi.

De 1965 à 2016, les déclarations de candidatures sont (presque) aussi variées que les candidats.

Quand de Gaulle cultivait son lien avec les Français

Une déclaration à l'image du personnage, en lien direct avec le peuple. En 1965, année de la première élection présidentielle au suffrage universel direct, le général de Gaulle dévoile ses intentions dans une allocution sur les ondes de l'ORTF, le 4 novembre 1965. Un mois à peine avant la date du premier tour !

De quoi laisser songeur, alors que les campagnes électorales s'étalent de plus en plus dans le temps, particulièrement depuis l'avènement du quinquennat et l'adoption des primaires par les grands partis.


Chaban-Delmas candidat à peine Pompidou enterré

Existe-t-il une prime au premier qui se déclare ? Peut-être, mais en l'espèce, Jacques Chaban-Delmas aurait mieux fait d'attendre encore un jour ou deux. Le 4 avril 1974, il présente sa candidature à l'Agence France Presse (AFP)... le même jour que les obsèques de Georges Pompidou. Une maladresse, quand son principal adversaire, un certain Valéry Giscard d'Estaing, attendra le 8 avril pour se déclarer "à domicile", depuis la mairie de Chamalières (Puy-de-Dôme).

Le simple "oui" de Mitterrand

"- Monsieur le président bonsoir, ma première question est simple : êtes-vous à nouveau candidat à la présidence de la République ?
- Oui
- Vous avez mûrement réfléchi ?
- Je le crois."

Dans le style tout en sobriété - pour ne pas dire austère -, la déclaration de candidature de François Mitterrand pour un second mandat est un modèle du genre. Après deux ans de cohabitation avec la droite, il jouera d'emblée la carte du rassemblement et sera réélu haut la main, le 2 mai 1988.

Balladur sous les ors de Matignon

Distante, très (trop ?) solennelle, la déclaration de candidature d'Edouard Balladur le 18 janvier 1995 est un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. Sûr de son destin présidentiel, Balladur se heurtera finalement à la candidature de Jacques Chirac, qui a su notamment jouer d'une image beaucoup plus sympathique.

Le fax de Jospin

Neuf mots : "Lionel Jospin candidat à la présidence de la République". C'est par un simple message, adressé par fax à l'AFP, que le Premier ministre Lionel Jospin fait acte de candidature, quelques heures après la dernière séance des Questions au gouvernement.

Une déclaration là encore à l'image du candidat : sans fioriture et dépouillée. Trop, diront certains a posteriori, puisque Lionel Jospin ne se qualifiera pas pour le second tour, le 21 avril 2002.

Chirac, ou l'art de la mise en scène

Le 11 février 2002 en Avignon, la maire de la ville, Marie-Josée Roig, demande à Jacques Chirac si, oui ou non, il se représentera à l'élection présidentielle. Une déclaration "spontanée". Vraiment ? En tout cas, l'effet de surprise est là et les médias ont une bonne séquence à reprendre pour leur journal, prête à diffuser.

Le choix de la province pour Sarkozy et Hollande

Surtout, ne pas paraître parisianiste. Un axiome en écho à la jurisprudence Balladur, qu'ont mis en pratique et Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Le premier, en 2007, fait le choix de diffuser à 61 journaux de la presse régionale sa déclaration de candidature. Bien vu, sauf que le site du journal Libération fait fuiter l'information la veille. Dommage pour l'effet de surprise...

Le second, en 2012, en revient à ses fondamentaux. Son premier discours de campagne a lieu à Tulles, son fief de toujours, entouré par ses partisans. C'est toujours en Corrèze que le candidat François Hollande attendra sereinement le résultat de sa victoire, le 6 mai 2012.


Le billet de blog de Juppé

Au petit matin du 20 août 2014, les fidèles lecteurs du blog d'Alain Juppé ont droit à un joli scoop :

On aura compris que j'ai envie de participer à cette belle construction [des primaires]. C'est pourquoi j'ai décidé d'être candidat.Alain Juppé sur son blog

L'ancien premier ministre se déclare plus de deux ans avant la primaire de la droite et du centre. Pour le meilleur ? Comme le dit lui-même le candidat Juppé, "Nous devons gagner [la présidentielle] pour sortir la France du marasme où elle stagne aujourd'hui. Ce n'est pas acquis !"