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Budget

Droits des femmes : Schiappa nie avoir "connaissance" d'une baisse de 7,5 millions d'euros de son budget

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes assure que son budget "est en cours de construction", mais reconnaît une "demande d'économies" de la part du ministre de l'Action et des Comptes publics.
4 min
LCPLCP

Le secrétariat à l'Egalité entre les femmes et les hommes va-t-il être amputé de 7,5 millions d'euros, soit une baisse de 25 % de son budget ? Marlène Schiappa, auditionnée jeudi par la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, a nié avoir "connaissance" de ces chiffres avancés depuis quelques jours par plusieurs associations féministes.

Elle a toutefois évoqué la possibilité que les fuites soient issues de "documents de travail" qui ne sont "pas actés", reconnaissant également des "demandes d'économies" de la part du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin.

Une action "interministérielle"

La secrétaire d'Etat a ensuite mis en avant le caractère "interministériel" de son action, assurant que plusieurs de ses mesures seront financées par d'autres ministères.

Selon les calculs de Marlène Schiappa, le budget alloué par l'ensemble du gouvernement, de Matignon et de l'Elysée s’élèverait à 400 millions d'euros : "La lecture que nous avions auparavant budget par budget n'est plus opérante..." La secrétaire d'Etat a détaillé les économies que réaliseront ses services, évoquant "l'arrêt total et complet des notes de frais" et la fin du recours aux prestataires extérieurs.

Les subventions du Planning familial conservées

Par ailleurs, Marlène Schiappa a révélé qu'une "dizaine" d'associations ne recevront plus de subventions, sans toutefois en donner les noms. Mais, promet la secrétaire d'Etat, il n'y aura pas "de baisse en direction des associations dont l'objet est la lutte contre les violences sexistes et sexuelles".

Marlène Schiappa l'assure : le Planning familial, le mouvement du Nid et le Centre national d’Information sur les droits des femmes et des familles conserveront l'intégralité de leurs subventions.

Malgré les relances de plusieurs députés - Yves Jégo (UDI-Les Constructifs), Marie-Noëlle Battistel (Nouvelle Gauche), Bénédicte Taurine (France insoumise) ou encore Luc Carvounas (Nouvelle Gauche) - Marlène Schiappa n'a pas été en mesure de préciser dans quelle proportion son budget sera amputé.

Schiappa dénonce les "personnes qui ne représentent qu'elles"

Marlène Schiappa a également tenu à répondre à certaines "personnes qui ne représentent qu'elles" et qui "instrumentalisent" les débats sur le budget de son secrétariat d'État. Une allusion à l'action de la militante Caroline de Haas, que Marlène Schiappa avait déjà accusé de propager sur Twitter des "fake news" (de fausses informations, ndlr).

L'ancienne candidate PCF-EELV aux élections législatives a en effet relayé une campagne sur internet demandant à Emmanuel Macron de "rétablir le budget des droits des femmes". Le texte demande notamment d'"appeler les standards de l’Elysée, Matignon et des Droits des femmes". Une pratique qui constitue une forme de "harcèlement" selon Marlène Schiappa, qui précise qu'elle n'y voit pas "un apport constructif à la défense du budget des droits des femmes".

"Name and shame"

La secrétaire d'Etat a également dévoilé sa feuille de route, défendant notamment la pratique du "name and shame" ("nommer et couvrir de honte") : les 10 entreprises qui respectent le moins leurs obligations vis-à-vis de l'égalité entre les hommes et les femmes se verront proposer une formation. Celle qui refuseront ces formations seront alors dénoncées publiquement.

Marlène Schiappa souhaite également "demander aux collectivités de rendre publics leurs critères d'attribution de place en crèche", mais aussi créer un "congé maternité unifié" ou encore "verbaliser le harcèlement de rue".

Autre proposition : permettre aux jeunes mères d'obtenir, après "un parcours diplômant", une validation des acquis d'expérience, ce qui pourrait leur permettre d'acquérir par exemple un "CAP petite enfance".