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​Droit d’asile : Ferrand met en garde les députés LREM : "Nous risquons de mettre en grave difficulté le gouvernement…"

Le président du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale a demandé à ses troupes, mardi, de ne pas défendre des amendements sur la proposition de loi facilitant le placement en rétention des demandeurs d'asile. Trente-et-un députés de la majorité sont pourtant fermement décidés à braver l’interdiction...
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Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale (Photo AFP)Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale (Photo AFP)

"Faites comme moi, ne lisez plus la presse et vous verrez que l’on n’est pas moins bien informé !" Contre vents et marées, Richard Ferrand ne s’est pas départi de son ironie devant les députés LREM, mardi, alors que plusieurs dizaines d’entre eux ont décidé d’amender un texte sur le droit d’asile – une information révélée la semaine dernière par LCP -, bravant ainsi la demande de Gérard Collomb.

"Nous avons acté le fait d’adopter le texte du Sénat sans le toiletter car Gérard Collomb s’est engagé à ce que son nouveau projet de loi corrige cela", explique Richard Ferrand, soucieux de convaincre ses troupes. Évoquant la demande "un peu baroque" du ministre de l’Intérieur consistant à faire adopter un texte par les députés avant de le corriger quelques semaines plus tard, Richard Ferrand a fait appel à la loyauté des députés de la majorité vis-à-vis de l’exécutif : "Il faut se demander quel est l’intérêt du pays, de notre groupe et du président de la République !" Avec cet avertissement : "Nous risquons de mettre en grave difficulté le gouvernement…"

Wonner : "Il est légitime de débattre à nouveau..."

Richard Ferrand regrette que 31 députés de la majorité, emmenés par l’élu du Bas-Rhin Martine Wonner, aient choisi d’amender, jeudi dans l’hémicycle, la proposition de loi du député d’opposition Jean-Luc Warsmann (UDI-Agir), sur le placement en rétention des demandeurs d'asile. L’Assemblée nationale a voté le texte en première lecture, mais, fin janvier, il a été durci par le Sénat qui a réduit les délais de recours (de 15 à 7 jours) des étrangers et élargi les possibilités de placement en rétention.

Inacceptable de voter le texte du Sénat, tranchent Martine Wonner et ses trente camarades LREM. En dépit de l’appel de Richard Ferrand, la députée persiste et signe : "Je n’ai pas porté allégeance à Richard (Ferrand)…" dit-elle dans un sourire. Elle défendra bien les amendements visant à revenir au texte plus doux adopté par l’Assemblée en première lecture : "Le gouvernement s’était à l’époque félicité de l’équilibre trouvé. J’entends la remarque sur le vide juridique à combler mais il me semble qu’il est légitime de débattre à nouveau." Elle ajoute que "vraisemblablement", une fois le débat terminé dans l'hémicycle, elle retirera ses amendents sans les mettre au vote, pour ne pas apparaître comme une frondeuse.

Castaner : "Quand on ne sait pas, il ne faut pas commenter !"

Présent lors de la réunion de groupe, Christophe Castaner, patron de La République en Marche et secrétaire d’État aux relations avec le Parlement, dit "comprendre les débats" provoqués par les 31 députés. "Mais, dit-il aussitôt, il faut veiller aux lieux où l’on peut faire part de ses états d’âmes… Quand on ne sait pas, il ne faut pas commenter !"

La proposition de loi sur "une bonne application du régime d’asile européen" sera discuté jeudi dans l’hémicycle.