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Asile et immigration

Projet de loi Asile et immigration : revivez l'audition de Gérard Collomb

Mardi soir, Gérard Collomb est resté ferme sur les grandes lignes de son texte tout en tendant la main à la majorité en reprenant à son compte plusieurs propositions du rapport sur l'intégration du député LREM Aurélien Taché. La soirée a été marquée par un échange tendu avec l'élue LFI Danièle Obono, que le ministre de l'Intérieur a accusée de "dire n'importe quoi". "Sans réaction de l'État, ce sont quelques centaines de milliers de personnes qu'il nous faudrait accueillir chaque année" a prévenu le ministre de l'Intérieur.
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AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

>> Retrouvez l'intégralité de l'audition :


Il ne "renoncera pas". Gérard Collomb a défendu mardi soir son projet de loi "pour une immigration maîtrisée et un droit d'asile effectif", dont la philosophie est contestée par certains membres du groupe La République en Marche.

Devant les députés de la commission des lois, le ministre de l'Intérieur a reconnu que "certaines dispositions" de son texte, comme l'allongement de la durée maximale de rétention administrative de 45 à 90 jours, "peuvent susciter un certain nombre de questionnements".

Ne pas trop amender le texte

Mais, prévient Gérard Collomb, "le renoncement en cette matière n'est pas possible". Il met en garde aux députés de la majorité tentés d'amender trop fortement son texte. L'allongement de la durée maximale de rétention est, selon lui, un simple "alignement sur les autres pays européens".

Le ministre, certes prêt à "étudier" certaines modifications proposées par les députés, ne veut surtout pas "s'éloigner du but poursuivi" : "Permettre qu’un certain nombre de gens puissent effectivement être éloignés."

Travail "au bout de six mois"

Gérard Collomb a toutefois tendu la main à la majorité : le ministre a repris à son compte certaines propositions du rapport du député LREM Aurélien Taché sur l’intégration.

Afin "d’insérer profondément" les migrants en France, le ministre a défendu la possibilité de leur permettre de travailler "au bout de six mois", c'est-à-dire six mois après le dépôt de leur demande d'asile (contre neuf mois aujourd'hui). Il a aussi évoqué la nécessité "d’accroître les cours de français" qui leur seront dispensés.

"Etre digne des enjeux"

Gérard Collomb a demandé aux députés d’être "dignes des enjeux de la période". Mardi soir, la prise de parole la plus dure à l’égard du texte gouvernemental est venue de l’élue La France Insoumise (LFI) Danièle Obono, qui a qualifié le projet de loi d’”inutile, contre-productif et dangereux”.

La réponse du ministre a été virulente : "A force d'aimer les polémiques, on finit par dire n'importe quoi." Gérard Collomb n’a pas hésité par la suite à évoquer le cas de Stéphane Poussier - cet ex-candidat LFI aux élections législatives a été condamné à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme après s'être félicité de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame.

"Une instrumentalisation abjecte de la mémoire d’Arnaud Beltrame", a dénoncé dans la soirée Danièle Obono sur Twitter.

Un texte aux "ambitions modestes" selon LR

Quelques minutes plus tôt, le député Les Républicains Eric Ciotti a critiqué un texte “aux ambitions bien modestes”, affirmant que son groupe souhaitait “poser la question du nombre d’étrangers en situation régulière en France”.

Les députés examineront mercredi matin à partir de 9h30 les quelque 900 amendements déposés sur le texte.

>> Revivez le meilleur des débats en vidéos :

23h40 - "A force d'aimer les polémiques, on finit par dire n'importe quoi"

Gérard Collomb répond avec force à Danièle Obono (LFI), l'accusant notamment de "dire n'importe quoi". Le ministre de l'Intérieur évoque ensuite l'"inconséquence" de Stéphane Poussier, un ex-candidat LFI aux élections législatives, condamné pour apologie du terrorisme.

23h25 - "Eric Ciotti trouve partout que c'est un peu mou"

Gérard Collomb répond à l'interpellation d'Eric Ciotti avec une touche d'humour. Il l'appelle notamment à davantage "d'équilibre" dans ses prises de parole.

23h10 - Gérard Collomb répond aux députés

Le ministre de l'Intérieur réaffirme sa volonté de "lutter contre l'immigration irrégulière" et contre "celles et ceux qui l'aide".

Gérard Collomb reprend également les propositions d'Aurélien Taché (LREM) sur l'intégration des demandeurs d'asile. Il défend la nécessité "d'accroître les cours de français" et la possibilité de permettre aux migrants d'"avoir un travail au bout de six mois".

22h50 - Un texte "inutile et dangereux" pour Danièle Obono

La députée La France Insoumise Danièle Obono critique durement le texte, jugé "inutile, contre-productive et dangereux".

L'élu communiste Stéphane Peu juge lui aussi le texte inutile. Il évoque le risque de favoriser, comme ailleurs en Europe, "la montée de l'extrême droite" en "légiférant à tout prix" sur la question de l'asile et de l'immigration.

22h41 - Le PS dénonce une "course au durcissement"

Marietta Karamanli (Nouvelle Gauche) dénonce les "effets d'apparence" du projet de loi et estime que celui-ci "multiplie les obstacles" pour les demandeurs d'asile.

22h30 - "Ne pas pervertir le droit d'asile"

Jean-Christophe Lagarde s'exprime au nom du groupe UDI, Agir et indépendants.

22h21 - Un texte "aux ambitions bien modestes", selon Eric Ciotti (LR)

Le député Les Républicains Eric Ciotti critique le texte, dont il qualifie les "ambitions" de "bien modestes".

Eric Ciotti assure également que son groupe souhaite "poser la question du nombre d'étrangers en situation régulière dans notre pays", qui serait "beaucoup trop élevé".

22h10 - Un amendement de la rapporteure pour modifier la liste des "pays d'origine sûrs"

La rapporteure LREM du projet de loi Elise Fajgeles souhaite modifier la liste des "pays d'origine sûrs" : elle a déposé un amendement visant à "exclure de cette liste les pays où l’homosexualité peut encore faire l’objet de mauvais traitements ou de sanctions pénales".

22h05 - Marielle de Sarnez prend la parole

La présidente MoDem de la commission des affaires étrangères affirme que l'aide au développement, si elle est efficace, entraînera "dans un premier temps", une "poussée migratoire plus importante".

21h45 - Durée de la rétention administrative : "Le renoncement n'est pas possible"

Gérard Collomb défend sa volonté de faire passer la durée maximale de rétention administrative de 45 jours à 90 jours. Il s'agit selon lui d'un simple "alignement sur les autres pays européens".

"Le renoncement en cette matière n'est pas possible", a prévenu le ministre de l'Intérieur, qui semble prêt à étudier des modifications à la marge du projet de loi sur cette mesure.

La rapporteure du projet de loi Elise Fajgeles (LREM) prend ensuite la parole. Elle évoque elle aussi la durée de la rétention administrative, "sensiblement augmentée". La députée de Paris évoque la "nécessité de construire un compromis acceptable par tous".

21h20 - "Une ville de taille moyenne" par an

Le ministre de l'Intérieur défend son projet de loi : selon lui, "sans réaction" du gouvernement, "ce sont quelques centaines de milliers de personnes qu'il nous faudrait accueillir chaque année" soit "une ville de taille moyenne" par an.

21h06 - Afrique : la "solution" n'est pas "une immigration massive vers les pays européens"

Gérard Collomb évoque la question de l'immigration depuis des pays africains :

21h05 - Début de l'audition de Gérard Collomb

L'audition débute avec la prise de parole de la présidente LREM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, qui explique que les députés devront examiner près de 900 amendements lors des journées de mercredi et de jeudi.

Gérard Collomb prend ensuite la parole, précisant d'emblée que "le droit d'asile est intangible pour tous les réfugiés". Le ministre de l'Intérieur s'adresse aussi aux députés, leur demandant d'être "dignes des enjeux de la période".



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