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EUROPE

Députés français et allemands tiennent leur première assemblée commune

Pendant du conseil des ministres franco-allemand, l'assemblée parlementaire rassemblant cent députés français et allemands s'est réunie lundi à l'Assemblée nationale. Un moment "historique" selon la plupart des participants, mais aussi l'occasion d'échanges à fleurets mouchetés avec les ministres des Affaires européennes français et allemand.
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Le président du Bundestag Wolfgang Schäuble et son homologue Richard Ferrand signent l'accord parlementaire franco-allemand (25 mars 2019/AFP)Le président du Bundestag Wolfgang Schäuble et son homologue Richard Ferrand signent l'accord parlementaire franco-allemand (25 mars 2019/AFP)

Énième comité Théodule ou vrai embryon de démocratie binational ? Il faudra attendre encore un peu pour le savoir. Deux semaines après le vote d'une résolution à l'Assemblée nationale, la première Assemblée parlementaire franco-allemande s'est tenue lundi à Paris, mais s'est bornée à des échanges courtois entre parlementaires français et allemands et leurs ministres des affaires européennes respectifs.

Fruit d'un accord préparé par des députés des deux côtés du Rhin, cette instance binationale est composée de 50 élus français et 50 élus allemands. Sa mission : organiser la "convergence des droits français et allemand dans le but de favoriser la cohésion européenne", en se réunissant au moins deux fois par an. Le prochain rendez-vous est déjà pris à Berlin pour cet automne.

Un moment "historique"...

La journée a commencé par la signature formelle de l'accord entérinant la création de cette instance binationale par Richard Ferrand et Wolgang Schäuble. Les présidents de l'Assemblée nationale et du Bundestag, comme de nombreux parlementaires, ont souligné le caractère "historique" du moment.

L'occasion de rallumer le feu du couple franco-allemand, moteur historique de la construction européenne ? Pour le député MoDem Jean-Louis Bourlanges, longtemps élu à Strasbourg, "ce que Français et Allemands ne feront pas pour l'Europe, personne ne le fera à leur place".

Même son de cloche de la part de la ministre Nathalie Loiseau, qui se place dans la lignée des "pères fondateurs" de l'Union européenne et qui appelle les parlementaires à "ne pas les décevoir".

... ou "nostalgique" ?

Mais ce concert de voix appelant à plus d'Europe a été un peu perturbé par les déclarations des députés allemands de l'AFD, parti eurosceptique d'extrême droite. Une assemblée parlementaire franco-allemande ? "Un projet emprunt de nostalgie", a jugé par exemple Norbert Kleinwächter.

Son collègue Martin Hebner s'est même permis une petite pique contre l'exécutif français en mettant sur la table le sujet des Gilets jaunes. Un thème quelque peu éloigné du sujet du jour, qui a suscité une réponse ferme de la ministre des Affaires européennes française :

Aucun vote n'a eu lieu sur le fond, l'Assemblée franco-allemande devant encore déterminer les modalités de son fonctionnement en se dotant d'un règlement intérieur.

Nathalie Loiseau prend son "envol"

Alors que le ministre adjoint aux affaires européennes allemand ne s'est pas privé de rappeler que les changements de postes chez ses homologues étaient plutôt fréquents (quatre ministres français en quatre ans), la rotation devrait se poursuivre avec le remplacement programmé de Nathalie Loiseau.

Elle devrait prendre la tête de la liste LaREM lors des élections européennes ; un secret de polichinelle auquel elle a elle-même fait référence :