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Législatives 2017

De 331 à 33 sièges : le PS et ses alliés décimés

Alors qu'il tenait tous les leviers du pouvoir il y a encore trois ans, le parti socialiste sort extrêmement affaibli des élections législatives. La suite logique de sa débâcle à la présidentielle. Les 33 députés élus pourront tout de même former un groupe à l'Assemblée, qui devra trouver sa stratégie vis-à-vis du gouvernement.
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En juin 2012, iIs étaient 331 à siéger sur le Palais Bourbon. Une large majorité acquise à François Hollande, à la fois socialiste, radicale et écologiste. Cinq ans plus tard, leur nombre a été divisé par dix. Seuls trente-trois députés, dont vingt-neuf socialistes, trois radicaux et un écologiste, ont réussi à se faire élire le 18 juin, après un premier tour fatal pour bien des figures de la gauche gouvernementale : Benoît Hamon, Jean-Christophe Cambadélis, Aurélie Filippetti, Elisabeth Guigou, Jean Glavany, Daniel Vaillant, Christian Eckert...

Une semaine plus tard, d'autres personnalités, notamment d'anciens ministres, les ont rejoints dans la déroute. Comme Marisol Touraine en Indre-et-Loire, ou Myriam El Khomri à Paris, battues par leur adversaire LR et UDI. Toutes les deux avaient pourtant été épargnées par la République en marche qui n'avait pas investis de candidat contre elles.

Les présidents des commissions clés de l'Assemblée ont aussi été remerciés sans ménagement par les électeurs, comme Dominique Raimbourg (Lois), Patricia Adam (Défense), Patrick Bloche (Culture et Éducation), Jean-Paul Chanteguet (Développement durable)... Seule Valérie Rabault, rapporteure générale du Budget, échappe au vote sanction en battant son adversaire REM dans le Tarn-et-Garonne.

L'allié EELV, qui a quitté la majorité socialiste en 2014 lors de l'arrivée à Matignon de Manuel Valls avant de renouer avec le PS grâce à la candidature de Benoît Hamon à la présidentielle, a un bilan encore pire : un seul élu, Éric Alauzet, dans le Doubs. Et encore, le député a annoncé pendant sa campagne qu'il siégerait au sein de la majorité présidentielle...

Les rescapés du second tour

Dans cet océan de mauvaises nouvelles pour le parti au poing et à la rose surnage quelques rescapés : Olivier Faure, le patron des députés socialistes à l'Assemblée, sort largement vainqueur en Seine-et-Marne, tout comme Delphine Batho dans les Deux-Sèvres. L'ex ministre de l'Écologie avait pourtant subi la trahison de Ségolène Royal, sa marraine en politique, qui avait apporté son soutien à la candidate REM Christine Heintz.

Stéphane Le Foll reprend lui aussi pour cinq ans de mandat après un quinquennat entièrement passé au ministère de l'Agriculture, en se maintenant facilement dans ses terres sarthoises. Le sénateur Luc Carvounas réussit sa reconversion en député, après sa victoire dans son fief du Val-de-Marne. L'élu souhaite d'ailleurs créer un "intergroupe" de gauche dans la nouvelle Assemblée, pour essayer de rassembler socialistes, insoumis et communistes. Pas sûr que Jean-Luc Mélenchon et ses collègues, qui veulent tout simplement remplacer le PS, acceptent la proposition...

Manuel Valls a lui été réélu dans un mouchoir de poche à Évry - une victoire contestée par la France insoumise, mais il avait perdu l'investiture PS après son soutien à Emmanuel Macron. Il siégera pour l'instant chez les non-inscrits, à moins que groupe REM ne lui ouvre sa porte...

Où reconstruire ?

Les survivants à gauche font désormais face au même dilemme que le groupe LR-UDI : quelle attitude adopter face à l'exécutif ? Deux lignes semblent se dessiner, entre ceux qui souhaitent être "constructifs et vigilants" et ceux qui veulent créer une opposition résolument de gauche à la majorité présidentielle. Au-delà du groupe parlementaire, la question sera peut-être tranchée par la nouvelle direction du PS, puisque Jean-Christophe Cambadélis a annoncé sa démission de premier secrétaire du parti.

Benoît Hamon compte également reprendre la main en créant son propre mouvement le 1er juillet, dans la perspective d'une opposition frontale avec le parti présidentiel. Reste aussi à voir quels seront les choix des personnalités de gauche épargnées par la bagarre électorale, comme Anne Hidalgo ou Christiane Taubira, qui préparent déjà le coup d'après.