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Contre le mariage pour tous, des députés ont manifesté devant l’Élysée

L'"Entente parlementaire", qui rassemble des députés UMP et UDI, demande à être reçue par François Hollande.
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«C'est une faute politique de François Hollande de ne pas recevoir des parlementaires». Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, est remonté. Partis de l'Assemblée nationale, écharpe tricolore sur l'épaule, quelques dizaines d'élus se sont dirigés vers le palais de l’Élysée.

«J'en ai assez de la façon dont est traité ce mouvement: avec mépris», explique Laurent Wauquiez (UMP, Haute-Loire). «Je trouve que la gauche est d'une arrogance extraordinaire sur un sujet sociétal qui doit laisser un tout petit peu plus de place à l'interrogation personnelle, aux doutes et aux questionnements», lance-t-il aux journalistes sur le pont de la Concorde.

Un peu plus loin, une contre-manifestation attend la délégation. Des militants favorables au mariage pour tous accusent les parlementaires «d'homophobie» et demandent «l'égalité maintenant». Présente dans le cortège, l'égérie des opposants, Frigide Barjot, leurs adresse des exubérants «On vous aime». Dans son blouson rose, elle explique sa présence: «C'est super important de soutenir des députés qui ont le courage de se dé-saisir de leurs fonctions de législateurs pour la redonner au peuple».

"Nous allons combattre ce projet jusqu'au bout"

De nombreux élus venus de province avaient également fait le déplacement jusqu'à Paris. «Je me suis déplacé depuis le sud d'Orléans, ça dénote l'importance que j'accorde à ce texte. J'espère au minimum un référendum», détaille Michel Tatin, maire d'Ardon (Loiret).

Arrivés devant le palais de l’Élysée, Hervé Mariton et Philippe Gosselin (UMP, Manche) ont remis une lettre à la directrice de cabinet de François Hollande. Hervé Mariton s'agace: «C'est tout de même curieux qu'une délégation de parlementaires qui représente un collectif de plus de 200 députés courtois, respectueux, soit reçue simplement à la loge». Tandis qu'une «Marseillaise» est entonnée, il poursuit: «La directrice de cabinet s'est engagée à ce qu'on ait une réponse d'ici demain. C'est bien la moindre des choses. Je n'ose pas imaginer que la réponse puisse être négative».

Jacques Myard (UMP, Yvelines) est lui aussi confiant sur l'éventualité d'un tel rendez-vous: «Le président de la République va se mettre dans une impasse insupportable. Il faillirait à sa charge en refusant de recevoir des parlementaires». «Nous respectons la présidence de la République mais nous demandons à être respectés. Ce projet est une absurdité. Nous allons le combattre jusqu'au bout et même après», promet le député.

Invité de Fernand Tavares, Philippe Gosselin s'est insurgé de l'indifférence de François Hollande à l’égard des députés opposés au projet. «Nous ne pouvons pas croire que le président de la République n'entende pas la demande de 800.000 personnes», a insisté Véronique Louwagie (UMP, Orne) lors des questions au gouvernement.

Frigide Barjot et son collectif seront reçus vendredi à 18h30, a-t-on appris mercredi. L'examen du projet de loi commencera mardi prochain dans l'hémicycle.