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Brexit

Le Brexit vu par les députés français

Les membre de la mission d’information sur le Brexit ont dévoilé mercredi leurs propositions pour faire face à un "événement qui n'avait jamais été vraiment envisagé". Au programme : des négociations rapides, qui ne pourront se solder par "un jeu à somme nulle".
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© AFP© AFP

En votant à 51,9% pour une sortie de l'Union Européenne, les Britanniques avaient-ils conscience qu'ils entamaient une partie d'échecs grandeur nature avec le reste de l'Europe ? Pion après pion, Bruxelles et les États-membres essayent de sonder les intentions de Londres, sans totalement les mettre à jour.

Ce fut le cas également pour la mission d'information sur les suites du Brexit : "Lors de notre déplacement Outre-Manche, nous n'avons pas eu que des éclaircissements...", euphémise Claude Bartolone, le président-rapporteur de cette mission parlementaire.

Claude Bartolone, qui a auditionné une trentaine de personnes pendant six mois avec 22 députés de "toutes les sensibilités", a dévoilé les conclusions de sa mission d'information. Laquelle appelle à privilégier l'intérêt de l'Union européenne dans les discussions sur le Brexit, et ce sur trois points majeurs : mener une approche globale des négociations, refuser d'octroyer une situation similaire ou plus avantageuse à Londres une fois sortie de l'UE, et négocier dans un temps limité.

Refuser la division

"Autant que possible, les négociations devront éviter de se dérouler secteur par secteur", estiment les députés. En jeu : la possibilité, par l'"excellente diplomatie anglaise", de tirer son épingle du jeu en entamant des négociations unilatérales avec certains pays, lesquels pourraient y trouver individuellement leur compte...

Un énorme travail de coordination s'annonce donc dans une Europe divisée sur de nombreux sujets (immigration, énergie, agriculture, fédéralisme...). Résister à de telles tentations relèvera de l'exploit, le Royaume-Uni restant, hors ou dans l'UE, un partenaire économique de poids pour le marché unique.

"Il y aura des perdants..."

Cette négociation "en bloc" est la condition pour que les compromis qui s'annoncent n'aboutissent pas à "une situation qui octroierait le même avantage au Royaume-Uni et, a fortiori, un avantage supérieur à celui qu'il avait en étant membre de l'Union européenne". "Le Brexit ne peut être un jeu à somme nulle, reconnaissent les parlementaires. Il y a aura des perdants."

Même si Claude Bartolone refuse de parler d'un "Brexit punitif", on lit entre les lignes que le poids de cette sortie doit reposer autant que possible sur les épaules de Londres...

Deux ans maximum

Les auteurs du rapport préconisent enfin des négociations courtes - deux ans maximum - une prorogation n'étant pas "souhaitable". Il faut rapidement "clarifier la situation", tant pour les "citoyens européens" que pour les "agents économiques". De plus, des négociations qui traîneraient en longueur pourraient perturber les élections européennes de 2019. On imagine mal une nouvelle vague d'élus britanniques, d'ores et déjà désoeuvrés à Strasbourg, repartir pour cinq ans de mandat...

David Davis, ministre britannique en charge du Brexit, a indiqué que son pays déclenchera une fois pour toute le processus de sortie entre le 11 et le 31 mars.