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Assemblée nationale

Black blocs : les députés repoussent la création d'une commission d'enquête

La proposition des députés Les Républicains, jugée "politicienne" par la majorité, a été rejetée par la commission des lois de l'Assemblée nationale. Lors des débats, Ugo Bernalicis (LFI) a accusé le ministre l'Intérieur Gérard Collomb d'avoir profité politiquement des violences du 1er mai.
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LCPLCP

La commission des lois a rejeté mercredi la proposition des députés Les Républicains qui souhaitaient créer une commission d'enquête parlementaire "relative à la lutte contre les groupuscules prônant la violence". Objectif : "proposer des mécanismes permettant de les éradiquer".

Les élus Les Républicains souhaitaient ainsi réagir aux violences survenues le 1er mai dernier en marge du défilé parisien :

1.200 black blocs ont infiltré le cortège et se sont livrés à des violences inadmissibles.Brigitte Kuster

Ne pas "juger l'action" de Gérard Collomb

Mais l'exposé des motifs - très politique - de la proposition de résolution a entraîné son rejet par les députés La République en Marche. Le texte s'interroge en effet sur la responsabilité de l'exécutif dans les heurts du 1er mai :

À en croire le gouvernement, le maximum a été fait pour prévenir ces débordements (...) Il n’y aurait donc pas lieu de s’interroger ni sur la présence en tête de cortège (...) d’activistes, entièrement vêtus de noir, cagoulés et munis de marteaux et d’engins incendiaires, ni sur les modalités et les délais d’intervention des forces de l’ordre.Proposition de résolution

Malgré les précautions de langage de la rapporteure Brigitte Kuster, qui assurE qu'il ne s'agit pas de "juger l'action du ministre de l'Intérieur", l'orateur du groupe LREM, Thomas Rudigoz, dénonce une proposition "peut-être dictée par des volontés politiciennes".

L'élu du Rhône assure également que l'article L. 212 alinéa 1 du code de la sécurité publique permet déjà "la dissolution d'associations dangereuses pour la sécurité de notre territoire".

"Autruche"

La députée MoDem Laurence Vichnievsky reconnaît qu'il faut "s'interroger sur les moyens de mieux lutter contre les groupuscules violents", mais évoque "(les) priorités (des parlementaires) en termes d'agenda". "Une attitude plutôt proche de l’attitude de l'autruche que d'une attitude en responsabilité", lui répond le député LR Philippe Gosselin :

Il ne s'agit pas d'avoir des propos incantatoires en disant qu'il faut absolument dissoudre ces organisations puisque la plupart du temps (elles) n'ont pas d'organisation, d'association... Les black blocs ne vont pas en préfecture pour prendre un formulaire Cerfa...Philippe Gosselin

Collomb "champion du n'importe quoi"

La fin des débats tourne à l'affrontement entre le député Ugo Bernalicis (La France Insoumise) et les députés LREM. L'élu du Nord met directement en cause le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, accusé de profiter politiquement des heurts du 1er mai et d'être le "champion du n'importe quoi" :

On a voulu faire de belles images à la télé pour pourrir les revendications de ceux qui manifestent tranquillement.Ugo Bernalicis

Des propos "totalement déplacés" riposte Rémy Rebeyrotte (LREM), qui dénonce la proposition de résolution des députés Les Républicains comme étant un texte "d'émotion" qui "se base sur un événement auquel on réagit immédiatement" : "Ça rappelle un peu l'ère Sarkozy...", dit-il.

"Je ne comprends pas cette crainte que la majorité a systématiquement", lui a répondu Brigitte Kuster :

Je ne comprends pas votre focus sur le fait que l'on serait là pour attaquer le ministre de l'Intérieur... Cela veut donc dire que quelque part il y a une gêne chez vous...Brigitte Kuster

La proposition de résolution a été rejetée par la commission : elle sera toutefois étudiée en séance publique le 21 juin.