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Règlement

Aurélien Taché sanctionné pour ses absences répétées

Le député La République en marche du Val-d'Oise, absent lors de quasiment toutes les réunions de la commission des affaires sociales en mars, a fait l'objet d'une sanction financière de la part de la présidence de l'Assemblée nationale.
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Aurélien Taché © LCPAurélien Taché © LCP

Il y a des absences qui se remarquent plus que d'autres. En mars, Aurélien Taché a quasiment déserté la commission des affaires sociales. Le député LaREM n'a assisté à aucune des quatre réunions du mercredi matin (6, 13, 20 et 27 mars), pourtant obligatoires. En effet, au-delà de deux absences par mois, les députés doivent justifier leurs absences auprès du président de leur commission. Autrement, les élus s'exposent à une sanction financière, comme le prévoit le règlement de l'Assemblée nationale.

En général, un mot d'excuse auprès du président de commission - en l’occurrence Brigitte Bourguignon - ou de son équipe suffit. Et l'indulgence est plutôt la règle au Palais-Bourbon : "On ne demande pas le pourquoi du comment, on ne fait pas la police", précise un collaborateur parlementaire qui recueille les motifs divers des élus absents.

Il faut croire qu'Aurélien Taché, qui n'a produit aucune justification pour ses absences, a dépassé cette fois les bornes. Outre l'esquive des quatre réunions obligatoires du mois de mars, il n'a été présent sur la même période qu'à trois réunions facultatives sur neuf selon notre décompte*. "C’est vrai que j’ai été très occupé le mois dernier, explique l'élu du Val-d'Oise au Parisien. Mais entre membres de la majorité, j’aurais trouvé normal d’être informé au préalable de cette sanction."

Sans lui annoncer la couleur, la présidence de l'Assemblée nationale, autrement dit Richard Ferrand, garant du respect du règlement de l'institution, a donc décidé de réduire d'un quart l'indemnité de fonction du parlementaire en avril, soit environ 362 euros. Une sanction implacable... qui recadre de manière commode un des trublions de la majorité.

Décision "politico-administrative"

Aurélien Taché, ex-dirigeant de l'UNEF et membre de l'aile gauche de La République en marche, s'est en effet fait remarquer à plusieurs reprises pour ses positions marginales, voire contraires à la ligne de l'exécutif. Sur la loi asile-immigration, il a par exemple défendu un amendement en faveur d'un crédit d'impôt pour l'accueil des réfugiés, contre l'avis du rapporteur et du ministre. Responsable du "débat d'idées" au sein de La République en marche (avec Marlène Schiappa), il a aussi pris la liberté de lancer un "laboratoire" pour "fédérer à gauche" du parti, alors que le groupe parlementaire essaie tant bien que mal de ne pas exacerber les tensions entre ex-LR et ex-PS.

Cette sanction réglementaire cacherait-elle un règlement de compte ? "C'est une décision politico-administrative", résume subtilement un ancien collaborateur de la présidence de l'Assemblée nationale. Difficile de dire si Aurélien Taché est le seul à avoir fait l'objet d'une telle punition depuis le début de la législature : l’Assemblée nationale ne rend pas publiques les sanctions financières pour absences répétées.

* Les parlementaires présents aux réunions de leur commission sont cités au Journal Officiel, comme ceux qui ont pris la peine de s'excuser pour leur absence. Les absents sans justification n'y figurent pas.