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Couverture : Attaque à la préfecture de police de Paris : la commission d’enquête fait le point sur ses travaux

Attaque à la préfecture de police de Paris : la commission d’enquête fait le point sur ses travaux

Actualité
le Jeudi 30 avril 2020 à 09:48

Après trois mois et demi de travail, la commission d’enquête parlementaire sur "les dysfonctionnements ayant conduit aux attaques commises à la préfecture de police de Paris" le 3 octobre dernier a présenté ses premières conclusions mercredi matin lors d’une conférence de presse. Le président de la commission, Éric Ciotti (LR), considère que plusieurs signes de radicalisation aurait dû alerter la hiérarchie de Mickaël Harpon.

"C’est un sentiment de sidération" Après avoir auditionné de nombreux responsables ou anciens responsables de la sphère de la sécurité et du renseignement, le président de la commission d’enquête, Éric Ciotti (LR), a fait le point sur les travaux de cette commission, en compagnie du rapporteur de celle-ci, Florent Boudié (LaREM). Le député Les Républicains pointe "l’accumulation de dysfonctionnements" qui ont rendu possible l’attaque de la préfecture de Paris du 3 octobre 2019. L’assaillant, Mickael Harpon, qui était informaticien au sein de la préfecture de police depuis 2003, a tué ce jour-là quatre fonctionnaires avant d’être abattu.

Le constat est sans appel : "Il n’aurait jamais dû rester à la préfecture de police, il n’y avait plus sa place" déplore Eric Ciotti, tout en ajoutant : "Des signaux existaient en matière de radicalisation (…) ils n’ont pas été pris en compte" Ces signaux, le président de la commission d’enquête les a listés :

Il ne faisait plus la bise à ses collègues féminines, notamment à la secrétaire de service de la section informatique. Enfin il y a eu un incident très grave, au lendemain de Charlie Hebdo, il a émis un commentaire regardant une revue de presse sur un ordinateur, il a dit : "Ils n’auraient jamais dû faire ça, ni parler de lui comme ça, en parlant du prophète" en regardant la caricature de Charlie : "c’est bien fait !" Eric Ciotti - député LR des Alpes-Maritimes

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"C’est une faillite collective"

"C’est une faillite collective dans les procédures de sécurité" affirme Éric Ciotti.
"La Direction du renseignement et de la préfecture de police n’est pas au standard de sécurité des autres services de renseignements (…) Il y a un manque de professionnalisme de ce côté-là qui est évident (…) Nos préconisations devront remédier à ces faiblesses", souligne le rapporteur Florent Boudié :

Au fond quelle est la question que nous devons nous poser face à cet attentat. Au sein de la DRPP existe-t-il vraiment une culture de la vigilance sur les risques de vulnérabilité de leurs propres agents, avec cette question de la radicalisation potentielle de ces agents. De ce point de vu, très clairement cette culture n’existait pas, elle ne faisait pas partie de la formation des usagers ni même du climat professionnel qui aurait dû être celui d’un service de renseignement. Florent Boudié - député LaREM de Gironde

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Depuis l’attaque, il y a eu 46 signalements à la préfecture de police Paris : "Neuf agents ont été désarmés" a précisé Éric Ciotti mercredi matin sur RTL. La commission poursuit ses travaux et va notamment se pencher sur la problématique de la radicalisation dans les emplois sensibles. Une problématique qui a été abordée, l’an dernier, par la mission d’information "sur les "services publics" face à la "radicalisation", dont le député Eric Diard (LR) et le député Eric Poulliat (LaREM) était les co-rapporteurs. La commission d’enquête rendra ses travaux début avril.