twitter facebook chevron-right
Législatives 2017

Après l'élection de Macron, la bataille des législatives commence

Changement de nom pour le FN, Bruno Le Maire menacé d'exclusion, le parti socialiste au bord de l'implosion... Le second tour de l'élection présidentielle précipite les grandes manœuvres pour des élections législatives qui s'annoncent décisives.
5 min
AFP - Montage LCPAFP - Montage LCP

"La République en marche" vise la majorité

Pour mettre en oeuvre son programme, Emmanuel Macron va tenter d'obtenir la majorité des sièges à l'Assemblée nationale. Le secrétaire général d'En marche! Richard Ferrand a reconnu, dimanche sur le plateau de TF1, que seule "la moitié du chemin" avait été parcourue ce dimanche après la victoire de son candidat.

Les soutiens d'Emmanuel Macron se présenteront aux élections législatives sous la bannière "La République en marche". Au-delà des circonscriptions dévolues au Modem, En marche! devra ratisser large, en rassemblant des socialistes et certains membres des Républicains. Une opération qui sera toutefois facilitée par le choix de ne pas demander aux candidats d'autres formations politiques de quitter leur parti.

Cela n'a pas empêché le député PS Stéphane Travert d'annoncer, dimanche soir sur LCP, qu'il allait quitter le PS pour se présenter sous l'étiquette "La République en marche" :

Marine Le Pen mènera la bataille avec un FN rénové

La candidate malheureuse à l'élection présidentielle a annoncé dès dimanche qu'elle sera à la "tête du combat" des législatives. Se posant en "première force d'opposition au projet du nouveau Président", Marine Le Pen évoque une "recomposition politique de grande ampleur" et annonce une "transformation profonde" du Front national.

Le parti devrait même changer de nom, comme l'a annoncé sur TF1 son vice-président Florian Philippot. Marine Le Pen, qui voit l'émergence d'un clivage entre "patriotes et mondialistes", semble vouloir persévérer dans la "stratégie d'alliances" débutée durant l'entre-deux-tours avec le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan et de Debout la France!. Le député de l'Essonne s'est d'ailleurs dit "absolument convaincu qu'il y a une reconstruction politique à faire en France".

Marine Le Pen ne devrait cependant pas échapper aux critiques au sein de son propre camp, y compris venant de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen : la députée du Vaucluse a déclaré dimanche qu'il "faudra réfléchir à ce qu'il y a eu de positif et de négatif dans cette élection".

Les Républicains : le début des divisions

François Baroin, qui mènera la campagne de la droite pour les élections législatives, a assuré dimanche qu'il allait "se battre aux côtés de (ses) candidats (...) pour une majorité absolue", soulignant également qu'il sera "évidemment dans l'opposition".

Une position qui n'est pas celle de Bruno Le Maire, qui a de son côté déclaré qu'il "peut travailler dans une majorité de gouvernement", autour d'Emmanuel Macron. "Je suis un homme de droite et je le revendique. Mais y a-t-il une incompatibilité majeure avec le projet d'Emmanuel Macron? Non", a déclaré le député de l'Eure.

Une prise de position qui a irrité François Baroin, qui a menacé illico de lui retirer son investiture aux élections législatives : "Si Bruno Le Maire rejoint le gouvernement dans une dizaine de jours, de fait il quitte la famille, de fait il appartient à En Marche!", a ajouté le président de l'association des maires de France.

Sur LCP, le député LR de Paris Philippe Goujon a lui aussi menacé Bruno Le Maire d'exclusion, évoquant une "trahison".

Mélenchon veut bâtir une "majorité parlementaire"

Jean-Luc Mélenchon a pris la parole dimanche soir, estimant qu'"une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous". L'ancien candidat à l'élection présidentielle, fort de ses 19,5% des suffrages au premier tour, appelle "tous ceux qui veulent rompre avec le passé à se joindre" à la France insoumise pour les législatives. Toute la question est de savoir si Jean-Luc Mélenchon tendra la main aux communistes, avec qui le ton est monté durant l'entre-deux-tours.

Les communistes, qui débuteront leur campagne pour les élections législatives jeudi soir à Paris, ont lancé dimanche soir via leur secrétaire national Pierre Laurent "un appel solennel aux dirigeants politiques de La France insoumise" afin d'"aboutir à un tel accord national". Pierre Laurent souhaite la mise en oeuvre d'une "bannière commune" rassemblant la France insoumise, le Parti communiste, Ensemble! et les "citoyens du Front de gauche".

Une proposition jusqu'ici repoussée par Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens.

Un PS tiraillé entre entre soutien et opposition

Le Parti socialiste, sèchement battu lors du premier tour de l'élection présidentielle, semble plus divisé que jamais. Dimanche soir, Manuel Valls, qui avait déjà annoncé sa volonté de participer à une majorité présidentielle En marche!, a appelé sur Twitter au "rassemblement des progressistes".

Une position qui se rapproche de celle de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, qui a affirmé que "le temps est venu de travailler ensemble" et appelé à "construire une majorité présidentielle et parlementaire".

De son côté, Benoît Hamon a prôné dimanche soir une opposition radicale au président élu, mettant durement en cause le programme d'Emmanuel Macron, qui a "trouvé seulement une majorité pour dire non à l'extrême droite". Appelant à la mobilisation lors des élections législatives, le député des Yvelines demande la constitution de "candidatures d'union à gauche", "par delà les étiquettes".